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Moyen Orient et Monde - Pakistan

Les talibans proclament un cessez-le-feu illimité à Swat

Les combattants islamistes ont annoncé qu'ils relâchaient tous les prisonniers de façon inconditionnelle.
Les talibans ont annoncé hier un cessez-le-feu illimité dans la vallée de Swat, consécutif à un accord sur la charia conclu il y a huit jours avec les autorités provinciales de cette région du nord-ouest du Pakistan. Cet accord, qui prévoit l'application de la loi islamique comme seul système judiciaire dans cette région himalayenne, avait suscité les inquiétudes des alliés occidentaux du Pakistan, les États-Unis et l'OTAN en particulier craignant qu'il ne laisse le champ libre aux fondamentalistes. Le gouvernement du Pakistan, sous pression des États-Unis pour lutter plus activement contre les islamistes, a prévenu que l'accord ne serait appliqué que si les talibans cessaient durablement les combats.
La vallée de Swat, à seulement 120 kilomètres au nord-ouest d'Islamabad, était l'une des régions les plus touristiques du pays avant de tomber à l'automne 2007 aux mains d'un groupe de talibans pakistanais dirigé par le maulana Fazlullah, qui depuis menait campagne pour y imposer la charia. L'armée y a lancé plusieurs offensives, mais sans réussir à occuper durablement le terrain.
La trêve illimitée a été annoncée à l'issue d'un conseil consultatif réuni par le maulana Fazlullah, a indiqué à l'AFP Muslim Khan, porte-parole du groupe de Fazlullah. « La choura s'est réunie aujourd'hui sous l'autorité du maulana Fazlullah et a décidé d'un cessez-le-feu pour une période illimitée », a-t-il déclaré. Les combattants islamistes ont également annoncé qu'ils relâchaient « tous les prisonniers de façon inconditionnelle. Aujourd'hui, nous avons libéré quatre paramilitaires et nous relâcherons tous les membres des services de sécurité entre nos mains dans un geste de bonne volonté », a ajouté Muslim Khan.
Le porte-parole de l'armée, le général Athar Abbas, a déclaré à l'AFP que l'armée avait déjà interrompue ses opérations dans la vallée de Swat et observerait elle aussi un cessez-le-feu. « L'armée ne mènera aucune offensive », a-t-il souligné. « Nous accueillons du fond du cœur l'annonce du cessez-le-feu par les talibans, qui ouvre la voie à une paix durable », a réagi Syed Mohammad Javed, un haut responsable du gouvernement local. Ces dernières années, les États-Unis, principal bailleur de fonds d'Islamabad, et l'OTAN ont dénoncé constamment des accords similaires dans les zones tribales situées à la frontière afghane, non loin de la vallée de Swat, qui ont tous été rompus. Un accord similaire conclu il y a un an à Swat n'avait jamais été appliqué.
Le gouvernement provincial dirigé par des laïcs avait annoncé le 16 février avoir conclu un accord avec un leader religieux local, Soofi Muhammad, réputé plus modéré que les talibans du maulana Fazlullah, prévoyant que la justice serait désormais rendue dans la région par les seuls tribunaux islamiques. Un cessez-le-feu de dix jours était observé depuis l'annonce de cet accord. Dimanche, le porte-parole des talibans avait indiqué que le cessez-le-feu pourrait devenir permanent si les leaders des insurgés en acceptaient les termes.
Enfin, « les forces de sécurité pakistanaises ont décidé d'observer un cessez-le feu de quatre jours au Bajaur », a annoncé à la presse Shafirullah Khan, un des responsables de ce district semi-autonome situé près de la frontière afghane. Il s'agit d'un « geste de bonne volonté » à la demande de chefs tribaux, a précisé un responsable de la sécurité pakistanaise, parlant sous couvert de l'anonymat. Lundi soir, un responsable taliban avait déclaré un cessez-le feu unilatéral au Bajaur.
Les talibans ont annoncé hier un cessez-le-feu illimité dans la vallée de Swat, consécutif à un accord sur la charia conclu il y a huit jours avec les autorités provinciales de cette région du nord-ouest du Pakistan. Cet accord, qui prévoit l'application de la loi islamique comme seul système judiciaire dans cette région himalayenne, avait suscité les inquiétudes des alliés occidentaux du Pakistan, les États-Unis et l'OTAN en particulier craignant qu'il ne laisse le champ libre aux fondamentalistes. Le gouvernement du Pakistan, sous pression des États-Unis pour lutter plus activement contre les islamistes, a prévenu que l'accord ne serait appliqué que si les talibans cessaient durablement les combats.La vallée de...
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