À Londres, le Footsie a cédé 0,89 % à la clôture, le CAC 40 a perdu 0,73 % à Paris et le Dax a fini en baisse de 1,03 % à Francfort.
Le plongeon des places financières européennes a suivi celui de Wall Street lundi soir, où la perspective d'aides massives des États aux banques n'a pas calmé la nervosité des investisseurs : Dow Jones avait ainsi fini lundi, la première séance de la semaine, par une chute de 3,41 %, terminant à son plus bas niveau de clôture depuis près de douze ans.
Le gouvernement américain a détaillé lundi les modalités de recapitalisation des banques par l'État, qui ouvrent la porte à une éventuelle nationalisation, puisque le Trésor pourra convertir sa participation en actions communes, avec droit de vote, si le privé ne peut pas répondre aux besoins en capital. Ces modalités seront applicables dès mercredi. Les rumeurs de nationalisation se sont multipliées tout au long de la semaine dernière à propos de Citigroup et de Bank of America, recapitalisées à hauteur de 45 milliards de dollars chacune ces derniers mois.
Les marchés ont également été plombés par une information de la chaîne de télévision CNBC selon laquelle l'assureur américain AIG, déjà renfloué à hauteur de 150 milliards de dollars par l'État, dont il est désormais la propriété à 80 %, serait en discussions avec Washington pour obtenir des fonds supplémentaires.
Malgré ces nouvelles, le président de la Réserve fédérale a affirmé devant le Sénat qu'il entrevoyait la « perspective raisonnable » d'une fin de la récession de l'économie des États-Unis cette année, si les interventions publiques fonctionnent. « Si les mesures prises par l'administration, le Congrès et la Réserve fédérale réussissent à faire revenir une certaine forme de stabilité financière - et dans ce seul cas, à mon avis -, il y a une perspective raisonnable que la récession d'achève en 2009 et que 2010 soit une année de reprise », a-t-il estimé.
Parallèlement, la confiance des consommateurs américains a touché en février un nouveau plus bas historique, à 25,0 points, très en dessous des attentes des analystes, selon l'institut de conjoncture privé Conference Board.
Les gouvernements européens annonçaient eux aussi mardi des mesures d'aides pour soutenir leur économie.
En Suède, le gouvernement s'est déclaré disposé à garantir le prêt de 5 milliards de couronnes suédoises demandé par le constructeur automobile Volvo, propriété de Ford, à la Banque européenne d'investissement (BEI).
Le gouvernement danois a proposé, quant à lui, d'alléger les impôts de 26 milliards de couronnes danoises (3,5 milliards d'euros) en 2010 afin de stimuler à court terme l'économie.
En Allemagne, selon la presse, le gouvernement est prêt à accorder un crédit au constructeur automobile en difficultés Opel, filiale de l'américain General Motors (GM).
Par contre, ce sont les caisses d'épargne allemandes qui envisageraient désormais de créer une « bad bank » pour décharger les banques publiques régionales, dont elles sont actionnaires, de leurs actifs à risque, selon le Financial Times Deutschland.
Côté indicateurs, le climat des affaires en Allemagne, mesuré par le baromètre Ifo, a reculé à 82,6 points en février à son plus bas niveau historique, alimentant les craintes d'une longue traversée du désert.
L'Alliance des industriels américains (MAPI) a pour sa part revu ses prévisions en forte baisse pour cette année, en assurant que la production industrielle aux États-Unis devrait chuter de 9 % en 2009, et ne remonter que de 3 % en 2010.
L'immobilier est également largement touché. Ainsi, aux États-Unis, les prix des logements ont enregistré une baisse record, chutant de 18,5 % sur un an en décembre, selon l'indice S&P/Case-Shiller.
Enfin, autre mauvaise nouvelle en France : le moral des ménages s'est encore dégradé en février, l'indicateur qui le mesure, reculant d'un point à -43 en données corrigées des variations saisonnières. Seule embellie, les dépenses de consommation des ménages français en produits manufacturés ont rebondi de 1,8 % en janvier.

