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Liban - Conseil Du Sud

La guerre Berry-Siniora à son paroxysme

Après l'échange de communiqués virulents samedi, le ping-pong médiatique a repris de plus belle après la visite du Premier ministre à Saïda.
La polémique entre Aïn el-Tiné et le Grand Sérail autour du budget 2009 a dramatiquement enflé ce week-end, suite à l'échec du Conseil des ministres jeudi à parvenir à un compromis sur les sommes à allouer au Conseil du Sud. En visite hier à Saïda, le Premier ministre Fouad Siniora a affirmé qu'il « ne cédera jamais au chantage », s'attirant des ripostes immédiates de la part de 2 députés d'Amal. Ce ping-pong médiatique succède à un échange de communiqués d'une rare virulence samedi, suite aux déclarations dans al-Akhbar du président de la Chambre, Nabih Berry, qui avait qualifié Fouad Siniora et le ministre des Finances, Mohammad Chatah, de « menteurs ».
La ministre de l'Éducation nationale, Bahia Hariri, a organisé hier, à Saïda, une cérémonie en l'hommage de Fouad Siniora. S'exprimant devant un parterre de personnalités, le Premier ministre a affirmé que « les Libanais ont prouvé qu'ils peuvent gérer eux-mêmes leurs propres affaires ». « Nous continuerons à refuser que nos villes soient les arènes des conflits étrangers et des différends internes, a-t-il ajouté. Grâce au démarrage prochain du tribunal international, notre pays ne sera plus la scène de crimes impunis où les assassins échappent à toute sanction ».
« Nos constantes sont la coexistence, la paix civile, Taëf et la Constitution, a-t-il poursuivi. Nous poursuivons aujourd'hui la lutte pour l'indépendance, la souveraineté et l'action politique pacifique et institutionnelle, loin de la violence et du langage des armes. L'État doit pouvoir monopoliser l'armement et les décisions de guerre et de paix, en imposant sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire ».
« Nous n'avons aucune réserve quant à l'établissement de relations fraternelles avec la Syrie, a en outre souligné le chef du gouvernement. Bien au contraire, c'est ce que nous voulons. Et nous souhaitons renforcer ces relations sur base du respect mutuel pour que nous puissions discuter des fermes de Chebaa, de l'armement palestinien à l'extérieur des camps, du dossier des disparus et de la révision des accords bilatéraux ».
« Nous ne céderons jamais au chantage, à la menace et à la terreur. Nous nous élèverons toujours au-dessus des polémiques et des invectives », a-t-il enfin souligné.

Bazzi et Khreiss
Réagissant à ces propos, le député du mouvement Amal Ali Bazzi a de son côté estimé que « le Premier ministre aurait dû visiter le Sud au lendemain de la guerre de juillet 2006 ». « N'est-il pas le chef du gouvernement de tout le Liban ? s'est-il interrogé. Mais malheureusement, ce responsable est loin des habitants du Sud. Ces derniers distinguent très bien ceux qui les assiègent de ceux qui se sont toujours rangés à leurs côtés. Nous n'accepterons aucun compromis sur leurs droits et notamment en ce qui concerne le Conseil du Sud. D'autant plus que certains déversent leurs rancunes sur le Sud. »
Son colistier Ali Khreiss a, lui, estimé que « Fouad Siniora n'a rien appris du martyr Rafic Hariri ». « Ce dernier s'est toujours tenu aux côtés de la Résistance et a activement soutenu le développement du Sud. Le budget que nous réclamons pour le Conseil du Sud lui sera attribué, n'en déplaise à qui que ce soit ».
« Le Conseil du Sud n'est-il pas une institution libanaise ? s'est-il interrogé. Le Premier ministre a-t-il le droit de le priver de budget tout en accaparant tous les fonds par le biais du « Haut Conseil du vol » (Haut Conseil du Secours) ? »

« Menteur »
Auparavant, Nabih Berry, cité par l'édition de samedi du quotidien al-Akhbar, avait affirmé qu'il aurait souhaité que les ministres aient recours au vote pour résoudre le différend autour du budget du Conseil du Sud.
Rappelons que le chef de l'État Michel Sleiman avait prévenu les ministres réunis jeudi que ce dossier pourrait être soumis au vote du Conseil, si les deux camps continuaient à camper sur leurs positions, comme l'a confirmé le ministre d'État, Ibrahim Chamseddine. Le ministre Ghazi Aridi a toutefois proposé d'ajourner la décision en la matière pour plus de concertations et le vote n'a pas eu lieu.
« Nous aurions gagné car deux ministres de la majorité étaient absents et que les ministres du Rassemblement démocratique et Élias Murr sont favorables à nos revendications », a déclaré le chef d'Amal à notre confrère al-Akhbar. « Si le vote avait eu lieu, j'aurais su qui est avec moi et qui est contre moi. Mais Ghazi Aridi a sauvé Fouad Siniora d'un grand embarras qui aurait pu le pousser à démissionner s'il échouait à imposer un budget réduit pour le Conseil du Sud », a-t-il poursuivi.
Le président de la Chambre a en outre riposté aux propos du ministre des Finances Mohammad Chatah qui avait démenti les informations selon lesquelles Nabih Berry et Fouad Siniora se seraient entendus sur l'attribution de 60 milliards de livres au Conseil du Sud. « Chatah est un menteur, comme son maître », a-t-il ainsi lancé.

« Des propos injurieux »
Le bureau de presse du Grand Sérail a aussitôt riposté aux déclarations du président de la Chambre au quotidien al-Akhbar. « Nous ne nous laisserons pas entraîner à utiliser le même type de propos injurieux que le pays n'avait jamais connu auparavant, a ajouté le communiqué. Cette dégradation du discours politique est inacceptable. »
« Exercer des pressions sur le gouvernement pour l'astreindre à accepter certaines exigences pourrait avoir des retombées néfastes sur l'intérêt général, a poursuivi le communiqué. Il est désolant de voir que les intérêts des habitants du Sud soient l'objet d'une surenchère qui entrave l'action gouvernementale. »
Pour sa part, le ministre des Finances a affirmé qu'il « n'entrera pas dans le jeu des invectives que maîtrisent certains ». « Il est injuste pour les habitants du Sud que certains continuent à exploiter leurs droits d'une manière mercantile, pour des raisons politiques, électorales, ou autre », a-t-il ajouté.
Réagissant de son côté à la réponse du Grand Sérail et de Mohammad Chatah, Nabih Berry a publié un communiqué dans lequel il indique avoir «voulu envoyer une mise au point au quotidien al-Akhbar ». « Mais après avoir lu la réponse du roi Débchélim (roi indien qui, selon la légende, aurait commandé au sage Baydaba le fameux recueil de fables animalières, Kalilah wa Dimnah), alias le Premier ministre Siniora et de son ministre le philosophe Baydaba, j'ai décidé de ne plus envoyer de mise au point », a lancé le chef du Parlement.
La polémique entre Aïn el-Tiné et le Grand Sérail autour du budget 2009 a dramatiquement enflé ce week-end, suite à l'échec du Conseil des ministres jeudi à parvenir à un compromis sur les sommes à allouer au Conseil du Sud. En visite hier à Saïda, le Premier ministre Fouad Siniora a affirmé qu'il « ne cédera jamais au chantage », s'attirant des ripostes immédiates de la part de 2 députés d'Amal. Ce ping-pong médiatique succède à un échange de communiqués d'une rare virulence samedi, suite aux déclarations dans al-Akhbar du président de la Chambre, Nabih Berry, qui avait qualifié Fouad Siniora et le ministre des Finances, Mohammad Chatah, de...
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