M. Obama est attendu aujourd'hui à Denver, dans le Colorado (Ouest), où il doit promulguer le plan de sauvetage de l'économie, fait notamment de réductions d'impôts, pour relancer la consommation, et de financements de projets de construction et de rénovation d'infrastructures pour créer des emplois.
Signé symboliquement quatre semaines jour pour jour après la prise de fonction du premier président noir à entrer à la Maison-Blanche, ce plan de 787 milliards de dollars n'est qu'un début, ont répété plusieurs fois M. Obama et ses conseillers.
« Les États recevront l'argent de la relance relativement vite », a déclaré dimanche sur CNN Robert Gibbs, porte-parole du président américain, « de façon à ne pas avoir à licencier des policiers, des pompiers ou des enseignants ».
Demain, le président développera à Phoenix (Arizona, Sud-Ouest) ses projets pour contrer la crise immobilière, selon ses conseillers.
Dès vendredi dernier, M. Obama avait prévenu : le plan de relance « est une étape décisive mais, aussi importante soit-elle, ce n'est que le début de ce qui (...) va être un long et difficile processus pour remettre notre économie sur pied ».
Quelques jours auparavant, son secrétaire au Trésor Timothy Geithner avait annoncé la création d'une structure à capitaux mixtes public-privé, dotée dans un premier temps de 500 milliards de dollars, pour reprendre les actifs douteux qui plombent les bilans des banques.
Les banques américaines Citigroup et JPMorgan Chase, et les organismes refinancement hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, faisaient de leur côté amende honorable en proposant des moratoires sur les saisies immobilières.
Mais il y aurait à l'heure actuelle près de 10 000 familles américaines qui sombreraient dans la pauvreté par jour et le plan Geithner ne prévoit que 50 milliards contre les saisies immobilières. Aussi de nombreux observateurs estiment-ils que M. Obama n'évitera pas un retour devant le Congrès pour obtenir de nouveaux fonds.
« Je ne pense pas que ce sera suffisant », mais M. Obama dispose « d'une bonne série de mesures pour avancer et commencer à réduire les banqueroutes », a déclaré dimanche sur CBS le représentant démocrate Barney Frank.
Jeudi, M. Obama effectuera au Canada son premier déplacement à l'étranger pour un court séjour résolument tourné vers l'économie. La survie des trois grands constructeurs automobiles de Detroit (Michigan, Nord), General Motors, Ford et Chrysler, est vitale pour le Canada puisque ceux-ci ont aussi de grandes usines dans l'Ontario.
En outre, le président américain va charger son secrétaire au Trésor Timothy Geithner de piloter directement la restructuration de l'industrie automobile, toujours au bord de l'abîme malgré l'aide de l'État, a-t-on appris hier. La Maison-Blanche a décidé de ne pas nommer d'administrateur fédéral unique pour superviser le redressement des constructeurs renfloués par l'État comme envisagé jusqu'ici, a indiqué à l'AFP une source ayant requis l'anonymat. « Il n'y aura pas de "tsar de l'automobile" », a assuré cette source à la veille de la présentation par General Motors (GM) et Chrysler de leurs plans de restructuration, qui nécessitent l'aval de Washington. À la place, le président Obama va confier cette tâche à son grand argentier, Timothy Geithner, flanqué du conseiller économique à la Maison-Blanche Lawrence Summers.
Parallèlement à ces déplacements et même si le Congrès américain est en vacances, M. Obama va enfin devoir digérer la bataille politique des dernières semaines à Washington. Les républicains ont en effet mis toute leur énergie pour contrer son plan de relance, au Sénat comme à la Chambre des représentants, en forme de rebuffade à sa volonté de gouverner au-dessus des partis. « Il va continuer à leur tendre la main et il reste optimiste sur le fait que les républicains vont commencer à la saisir », a assuré M. Gibbs.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine