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Culture

Le Salon d’automne, une 29e édition dynamique et intense

De belles œuvres, un bon jury et une muséographie adaptée. Voici, en résumé, les trois composantes majeures de cette 29e édition du Salon d’automne. Couronnée de prix !
Un Salon d'automne qui, en raison des travaux d'extension du musée Sursock (voir le cadre ci-joint), se tient pour la deuxième année consécutive dans les salles - lumineuses - de la Planète de la
découverte*.
Mais un déplacement, hors saison et hors les murs, qui n'entame en rien la qualité de cette 29e édition présentant une sélection de 97 pièces de 79 artistes d'une tenue
indéniable.
Un ensemble d'œuvres «parcouru d'un dynamisme intense», comme le signale Sylvia Agémian, conservateur-adjoint du musée Sursock et organisatrice de cet événement qui offre aux visiteurs un panorama quasi complet de la créativité libanaise actuelle.
Mais aussi un Salon qui prend, en quelque sorte, le pouls de la situation globale d'un pays, d'un peuple, à travers les travaux de ses artistes. Ces artistes, témoins de leur temps et fils (ou filles) de leur environnement qui, volontairement ou inconsciemment, transposent dans leurs œuvres les préoccupations et les aspirations de leurs concitoyens.

Sérénité et tensions
Il y a deux ans, en décembre 2006, le Salon d'automne partait «en guerre contre la guerre», en présentant des œuvres homogènes et rigoureuses qui dénonçaient avec virulence l'enchaînement d'événements meurtriers par lequel passait le pays. Dans le Salon de l'année dernière, une sorte de résistance en couleurs s'était exprimée, à travers les œuvres exposées, qui n'occultait cependant pas un certain malaise, les angoisses et les larmes d'un peuple éreinté.
Dans cette édition 2009, les tendances sont multiples. De prime abord, il se dégage une plus grande luminosité, des plages de sérénité et de tendresse, un jaillissement à la fois plus étincelant et plus apaisé, et peut-être moins audacieux. Mais les tensions et les drames sont là, dissimulés parfois derrière l'ironie et l'humour, très présents dans ce Salon.
Il y a là, comme chaque année, «de nouveaux noms qui s'inscrivent aux côtés de ceux des participants réguliers, les artistes renommés et, comme de coutume, se mêle ici une variété de concepts, de techniques et de registres», indique Sylvia Agémian.

Prix du musée ex aequo
En fait, ce sont surtout la peinture, la sculpture et la photo qui dominent cette 29e édition du Salon d'automne. La photo, qui s'impose de plus en plus au sein de cette manifestation où, paradoxalement, aucune vidéo n'est présentée, malgré la montée en puissance - mais pas encore en qualité, semble-t-il - de ce médium dans la sphère artistique libanaise. La photographie, image fixe donc, qui explore autant les registres de l'esthétisme et de la poésie, que ceux du documentaire, des effets techniques et des jeux de textures...
Mais c'est la céramique qui, bien que limitée en nombre, règne incontestablement sur cette édition 2009 puisque le prix du musée Sursock a été décerné, ex aequo, à deux céramistes de talent: May Catherina Abboud, pour son installation en forme d'un groupe de barques intitulée La guerre de juillet 2006, évocation tridimensionnelle d'une image d'évacuation par la mer, tristement gravée dans les mémoires, et Samir Muller, pour un ensemble de trois pièces en terre cuite émaillée mettant en évidence l'éclat de la matière et la couleur du feu.
Il a fallu quatre tournées de sélection au jury - présidé par Assem Salam et composé des critiques d'art Joseph Tarrab et Samir Sayegh, de Gregory Buchakjian, professeur d'histoire de l'art à l'ALBA, et de Adel Koudaih, de l'Association des peintres et sculpteurs libanais - pour retenir, sur les 307 œuvres envoyées initialement par 141 artistes, une centaine de pièces suffisamment singulières et denses pour présenter, chacune, un pôle d'attraction dans le riche parcours visuel qui s'offre au visiteur.
Un jury qui, au vu de la qualité des œuvres, ne s'est pas privé de multiplier les prix cette année, accordant outre le prix principal du musée Sursock, quatre mentions spéciales, un prix du jury et un prix des jeunes talents.
 
Le duo Laure Ghoraieb et Mazen Kerbage
Le prix du jury est revenu à Laure Ghoraieb et Mazen Kerbage pour cette magnifique fusion artistique qu'ils expriment dans Toi et moi. Double autoportait, une encre de Chine sur carton réalisée, en duo, par ce couple mère-fils à la complicité indéniable.

Quatre mentions spéciales
Les mentions spéciales ont été attribuées, respectivement: à Zeina Assi, pour son tableau en collage, acrylique et encre, représentant un enchevêtrement serré-collé de constructions et de fils électriques, ironiquement intitulé Vert Liban; à Oussama Baalbaki, pour son Autoportrait sur mesure, une huile sur toile à l'autodérision saillante; mais aussi à Ziad Tarabah, pour son humoristique et créative sculpture mobile, une sorte de dinosaure réalisé en matériaux de récupération (fer et bois) et actionné par manivelle, baptisé, à juste titre, Dynamic ; et, enfin, Jasenka Tucan-Vaillant, pour son Jeu de lumière, une tapisserie, Haute-Lice, en diptyque, mais aussi pour son Papier artistique et sa sculpture en bronze intitulée L'espoir.
Un parcours diversifié donc, qui alterne entre œuvres majeures, œuvres significatives et œuvres en gestation. «Ces dernières marquent le début d'un travail intéressant, dont on attend encore le développement », explique Sylvia Agémian. Un registre dans lequel s'est illustré Abdel Rahman Katanani, dont la technique mixte sur panneau - une composition particulière et angoissante de linge, de vêtements d'enfants, de tissus froissés, évoquant un écrasement sous les grabats! - intitulée Bébé ou oreiller a remporté le prix des jeunes talents offert, désormais, par Hind Sinno. «Ce prix prend le relais du prix Dorothy Kazemi (qui avait été instauré par Laurice Salhab en souvenir de sa fille disparue) et qui, de 1991 à 2001, récompensait chaque année un jeune artiste au sein du Salon d'automne», précise l'organisatrice de cet événement, qui rappelle, à cette occasion, que l'un des objectifs majeurs de ce Salon annuel est d'encourager les jeunes talents. Lesquels, dans «cette tribune libre sans discrimination de tendances», s'expriment avec toute l'ardeur de leur jeunesse. Une fraîcheur nouvelle que les habitués du Salon retrouveront aussi dans les œuvres de certains artistes confirmés qui ont pris de nouveaux tournants.
Une édition riche, dynamique et intense, qui propose, au moyen d'une muséographie soignée, la découverte du meilleur de l'art, au Liban. Aujourd'hui.

* Jusqu'au 12 mars, à la Planète de la découverte, rue Omar Daouk, près Starco. Horaires d'ouverture : de 10h00 à 17h00, tous les jours sauf les dimanches. 
Un Salon d'automne qui, en raison des travaux d'extension du musée Sursock (voir le cadre ci-joint), se tient pour la deuxième année consécutive dans les salles - lumineuses - de la Planète de la découverte*. Mais un déplacement, hors saison et hors les murs, qui n'entame en rien la qualité de cette 29e édition présentant une sélection de 97 pièces de 79 artistes d'une tenue indéniable. Un ensemble d'œuvres «parcouru d'un dynamisme intense», comme le signale Sylvia Agémian, conservateur-adjoint du musée Sursock et organisatrice de cet événement qui offre aux visiteurs un panorama quasi complet de la créativité libanaise actuelle. Mais aussi un Salon qui prend, en quelque sorte, le pouls de...
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