Les Israéliens se rendaient hier aux urnes pour choisir un nouveau Premier ministre, trois semaines après l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, qui semble avoir provoqué une poussée à droite. Chez les Palestiniens de Gaza, qui se remettent d'une guerre de 22 jours qui a fait 1 330 morts et provoqué la dévastation, un sentiment prévaut : les candidats israéliens font de la surenchère dont Gaza est la grande victime. « De manière générale, ce scrutin se déroule sur le sang des Palestiniens et avec pour seul intérêt la sécurité d'Israël », a affirmé le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, dans une intervention sur une des radios locales de Gaza qui diffusaient toutes des programmes spéciaux consacrés aux élections israéliennes. « Quel que soit le vainqueur des élections, il ne fera rien ni de près ni de loin, pour résoudre le conflit », estime Abou Ibrahim, 47 ans, un vendeur d'épices dans le marché couvert de Firas, où les premiers clients de la journée passent au milieu des étals de fruits et légumes. « Les juifs ne veulent pas la paix. Cela fait 60 ans qu'ils nous le prouvent », poursuit l'homme. « La solution se trouve ici entre nous, entre le gouvernement du Hamas et celui de Ramallah » (Cisjordanie), ajoute-t-il en allusion aux divisions entre le Hamas et l'Autorité palestinienne. Un de ses voisins, Khaled al-Ghoul, acquièsce avant de lancer : « Les juifs n'ont qu'un seul objectif : combattre l'islam. » Abou Ibrahim reprend : « Notre seule solution est un gouvernement d'union nationale qui permettra d'ouvrir les points de passage et lèvera le siège », insiste l'épicier. « Tous les candidats, c'est du pareil au même. Et ceux qui veulent apporter la paix se font tuer : regardez Yitzhak Rabin », l'ancien Premier ministre israélien assassiné en 1995 par un extrémiste juif, poursuit Achraf Komi, 40 ans.
Dans un commentaire politique sur les élections publié sur son site d'informations, le Hamas affirme que « tous le partis sionistes se sont lancés dans une course effrénée, chacun voulant montrer qu'il est le plus sanguinaire, le plus extrémiste et le plus répressif envers les Palestiniens » pour remporter le scrutin.
Mehdi LEBOUACHERA (AFP)


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