Les dirigeants d’Afrique australe, réunis en sommet extraordinaire à Pretoria, ont commencé hier à discuter de la crise politique au Zimbabwe alors que le régime du président Robert Mugabe a menacé de former un gouvernement quelle que soit l’issue de cette réunion.
Sept chefs d’État et les représentants des autres pays membres de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) tentaient, à huis clos, de sauver un accord de partage du pouvoir signé mi-septembre et resté depuis lettre morte. Quelques heures avant le début du sommet, l’Union européenne a renforcé ses sanctions contre le cercle au pouvoir au Zimbabwe, adoptées en 2002 après la réélection déjà contestée du chef de l’État, tandis que le vice-ministre zimbabwéen de l’Information menaçait de former un gouvernement avec ou sans l’opposition. « Ce sommet est le dernier qui va évoquer la question d’un gouvernement d’union », a déclaré Bright Matonga. « Si cela ne marche pas aujourd’hui, quand le président rentrera (à Harare), il devra absolument former un nouveau gouvernement avec ou sans Morgan Tsvangirai », le chef de l’opposition, a ajouté le responsable zimbabwéen.
Cet énième ultimatum intervient plus de quatre mois après la signature d’un accord de partage du pouvoir, qui achoppe sur la répartition de portefeuilles-clés, dont le puissant ministère de l’Intérieur, et sur le maintien en détention d’opposants. Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de M. Tsvangirai, qui a remporté les élections générales de mars 2008, accuse le régime de vouloir conserver tous les postes à responsabilité et refuse d’entrer dans un gouvernement qui ne lui laisserait qu’un rôle subalterne. « Il doit y avoir un gouvernement, avec ou sans le MDC », a tonné M. Matonga. « Pour nous, ces propos n’ont aucun sens », a simplement rétorqué à l’AFP le porte-parole de M. Tsvangirai, George Sibotshiwe.
Les 15 membres de la SADC ont été invités à Pretoria pour la septième réunion régionale consacrée au Zimbabwe depuis les élections. Trois sommets (avril, août, novembre) et trois mini-sommets de l’organe de sécurité de la SADC (juin, 20 et 27 octobre) n’avaient pas fait avancer le dossier. Le chef de l’État sud-africain Kgalema Motlanthe, qui préside actuellement la SADC, a accueilli ses homologues zimbabwéen, botswanais, mozambicain, zambien, namibien et tanzanien à la résidence présidentielle à Pretoria, tandis que la police dispersait une manifestation à proximité. Quelque 600 manifestants réclamaient plus de fermeté de la part de l’Afrique australe envers le Zimbabwe, selon un des participants interrogé par l’AFP.
Parmi les membres de la SADC présents et divisés sur la question zimbabwéenne, le président du Botswana, Ian Khama, est l’un des critiques les plus féroces de M. Mugabe, qui aura 85 ans en février et qui dirige le pays d’une main de fer depuis l’indépendance en 1980. Il avait ainsi boycotté un sommet en août pour ne pas « donner de légitimité » au président zimbabwéen, dont il conteste la réélection lors d’un scrutin entaché de violences en juin. La dernière rencontre entre les protagonistes, il y a une semaine à Harare, sous la supervision de M. Motlanthe et le médiateur et ancien président sud-africain Thabo Mbeki, a de nouveau échoué.
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Sept chefs d’État et les représentants des autres pays membres de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) tentaient, à huis clos, de sauver un accord de partage du pouvoir signé mi-septembre et resté depuis lettre morte. Quelques heures avant le début du sommet, l’Union européenne a renforcé ses sanctions contre le cercle au pouvoir au Zimbabwe, adoptées en 2002 après la réélection déjà contestée du chef de l’État, tandis que le vice-ministre zimbabwéen de l’Information menaçait de former un gouvernement avec ou sans...