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Actualités - Interview

Interview Cécilia Attias, une femme libre

Carla HENOUD Cécilia Attias est au Liban, invitée d’honneur du 4e MENA Crystal Award, auprès de Osman Sultan et de Gabriel Yared. C’est en sa qualité de présidente du Cécilia Attias Foundation for Women qu’elle donnera une conférence sur le rôle des femmes pour la paix dans le monde et recevra le « Best Social Responsability Project Award ». On aura tout dit, « tout, n’importe quoi et surtout beaucoup de bêtises », comme elle l’a souvent affirmé, sur les choix de la Première dame de France qu’elle fut brièvement, avant de tirer sa révérence, sa mission accomplie. Femme de caractère, femme de cœur qui a su allier ces deux qualités et contribuer en 2007 à la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien condamnés à mort en Libye, Cécilia Attias en femme libre s’est fait un nouveau nom et une nouvelle vie entre New York et Dubaï où elle s’est installée avec son époux Richard depuis quelques mois. Cette jeune grand-mère, qui peut tout aussi bien poser avec grâce en jean et chemise blanche pour des magazines de mode et tenir auprès de Cherie Blair un débat sur la voix des femmes dans le monde, impose une distance faite de respect et de fascination. Aujourd’hui, deux ans après son départ, elle reste une personnalité chère au cœur des Français, qui apprécient en elle sa modernité, sa beauté, sa détermination, son énergie et son courage. « J’ai beaucoup d’amis libanais en France. Je suis très heureuse d’être là, confie-t-elle en démarrant l’entretien, je connais ce pays qui m’émeut, qui souffre. Je connais son histoire, sa culture, ce qui lui est arrivé. Je rêvais de le découvrir, mais l’occasion ne s’était pas prêtée. » Invitée par le MENA Crystal Award qui se tient cette semaine, elle vient, en hôte de marque, parler de cette association chère à son cœur, la Cécilia Attias Foundation for Women, qu’elle a lancée à Los Angeles en octobre 2008, dans le cadre de la Women’s Conference organisée par Maria Shriver, l’épouse de Arnold Schwarzenegger. « La publicité et les médias sont des vecteurs d’opinion qui peuvent aider des associations comme la mienne, précise-t-elle. Car sans médiatisation et sans argent, nous ne pouvons pas faire avancer les choses. » Des vies Cécilia Attias, née Ciganer-Albéniz, est la fille d’André Ciganer, fourreur d’origine moldave, ami de l’écrivain Joseph Kessel. Sa mère Diane Albéniz, d’origine espagnole, était elle-même fille d’ambassadeur et petite-fille du célèbre compositeur Isaac Manuel Francisco Albéniz. « Des épreuves difficiles, confie-t-elle, j’en ai eu beaucoup, comme tout le monde. La première fut mon opération à cœur ouvert, alors que j’avais treize ans, la perte de ma mère beaucoup trop jeune. La vie s’est chargée du reste... » Sa vie, faite d’unions, de désunions plus ou moins heureuses, d’amitiés et de trahison, faite surtout de décisions courageuses, pour certains « politiquement incorrectes », aura été largement couverte par une presse avide de scoops. « J’ai été confiante en parlant, j’ai eu tort, on m’a “peopolisée”... » Un premier mariage avec l’animateur Jacques Martin, un deuxième avec Nicolas Sarkozy, cinq mois dans la peau d’une Première dame discrète et efficace, et enfin une nouvelle page qui s’ouvre à Dubaï avec Richard Attias, devenu PDG de la Dubai Event Management Corporation, une société d’État qui s’occupe de la politique événementielle de la ville. « L’adaptation s’est très bien passée. Se réveiller tous les matins avec le soleil, c’est un vrai bonheur. Dubaï est un lieu qui bouge, et j’apprécie ça. » Dans la vie, poursuit-elle, on est soit acteur, soit spectateur. Où que je sois, je serai toujours actrice. » Aujourd’hui, son action se concentre autour de son association. « L’idée avait démarré alors que mon ex-mari, Nicolas Sarkozy, était ministre de l’Intérieur. Durant cinq ans, j’ai côtoyé de grands malheurs, des femmes battues, des victimes de cybercriminalité. Ce ministère, qui est en fait celui de la douleur, a été pour moi une sorte de déclencheur. J’irais là où l’on a besoin de moi. La Cécilia Attias Foundation for Women, qui n’a pas de frontières, a deux objectifs : le premier est d’être une plate-forme accessible à toutes les associations et ONG de par le monde qui ont besoin qu’on les aide en trouvant des moyens, des financements et des conseils stratégiques. Le second, plus personnel, se fixe une mission annuelle, une cause à défendre. Cette année, j’aimerais créer des centres aux États-Unis, en périphérie des villes, qui soient ouverts de nuit et de jour, avec une école, des avocats et des médecins à proximité, pour aider les victimes de violences domestiques à se reconstruire. Je souhaiterais surtout que ces centres puissent durer dans le temps pour ne pas mettre ces femmes dehors avec leur désespoir. Plus tard, et en fonction des moyens de bord, nous nous intéresserons au Brésil et au Moyen-Orient. Tendre la main n’a pas de frontière. » L’entretien est sur le point de finir, Cécilia Attias a réussi en douceur à briser cette image un peu froide de papier glacé. « J’ai toujours été libre dans ma tête, déterminée, surtout. Si l’on me trouve courageuse, c’est une belle qualité… Je souhaite, conclut-elle enfin, réussir à redonner tout ce que j’ai reçu dans ma vie. Rendre les autres heureux… Finalement, nous ne sommes que le produit de notre vécu. »
Carla HENOUD

Cécilia Attias est au Liban, invitée d’honneur du 4e MENA Crystal Award, auprès de Osman Sultan et de Gabriel Yared. C’est en sa qualité de présidente du Cécilia Attias Foundation for Women qu’elle donnera une conférence sur le rôle des femmes pour la paix dans le monde et recevra le « Best Social Responsability Project Award ».
On aura tout dit, « tout, n’importe quoi et surtout beaucoup de bêtises », comme elle l’a souvent affirmé, sur les choix de la Première dame de France qu’elle fut brièvement, avant de tirer sa révérence, sa mission accomplie. Femme de caractère, femme de cœur qui a su allier ces deux qualités et contribuer en 2007 à la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien condamnés à mort en Libye, Cécilia Attias en femme libre s’est fait un...