Le nouveau locataire de la Maison-Blanche déterminé à rompre avec les politiques de Bush.
Le président Barack Obama a ordonné hier la fermeture d’ici à un an du camp de Guantanamo. Au cours de la même cérémonie dans le bureau Ovale de la Maison-Blanche, M. Obama a aussi signé un autre décret stipulant que les États-Unis se conformeront dans le traitement des prisonniers aux conventions de Genève, conventions dont l’administration Bush contestait qu’elles s’appliquaient aux suspects de terrorisme et au manuel de l’armée de terre.
Cette décision est une remise en cause spectaculaire des pratiques de la « guerre mondiale contre le terrorisme » menée par l’administration Bush et un désaveu des techniques d’interrogatoire employées par la CIA, dénoncées par beaucoup comme des actes de torture. Les Américains savent « que nous ne perpétuerons pas le mauvais choix entre notre sécurité et nos idéaux », a dit M. Obama. « Ce que je fais ici, ce n’est pas seulement tenir l’engagement que j’ai pris pendant la campagne électorale, c’est, je crois, une conception qui remonte aux pères fondateurs (des États-Unis) selon laquelle nous entendons respecter les normes fondamentales de comportement, pas seulement quand cela est facile, mais aussi quand c’est dur », a-t-il dit, lors de la cérémonie de signature en présence de militaires à la retraite dans le bureau Ovale.
Pour beaucoup, dont le président Obama, Guantanamo est en outre l’une des causes de la détérioration de l’image des États-Unis à l’étranger. En signant le décret, M. Obama a ainsi non seulement tenu l’une de ses grandes promesses, mais aussi répondu aux instances pressantes d’alliés aussi sûrs dans la lutte antiterroriste que la Grande-Bretagne. En se laissant un an, M. Obama se donne par ailleurs le temps de répondre à l’épineuse question : que faire de prisonniers qui peuvent encore être dangereux et dont pas grand-monde ne voudra ?
M. Obama a également ordonné la fermeture le plus vite possible des centres de détention dont la CIA dispose actuellement à l’étranger pour les suspects de terrorisme, a indiqué un haut responsable de son administration. Avec ces décrets, « le message que nous envoyons au monde, c’est que les États-Unis ont l’intention de poursuivre le combat engagé contre la violence et le terrorisme, que nous le ferons avec vigilance, que nous le ferons avec efficacité et que nous le ferons dans le respect de nos valeurs et de nos idéaux », a-t-il dit.
Sur la même longueur d’onde, l’amiral à la retraite Dennis Blair, désigné par Barack Obama pour diriger le renseignement américain (DNI), a rejeté l’usage de la torture ainsi que les écoutes extrajudiciaires, deux pratiques reprochées au renseignement sous l’ère Bush. « La torture est illégale, immorale et inefficace », a-t-il déclaré lors de son audition devant la commission sénatoriale du renseignement, qui devait valider sa nomination.
Guantanamo, ouvert après les attentats du 11 septembre 2001 pour détenir des hommes classés comme des « combattants illégaux », est devenu l’un des symboles les plus parlants des pratiques controversées employées par l’administration Bush dans la lutte contre le terrorisme. Les organisations de défense des droits de l’homme ont dénoncé Guantanamo comme une zone de non-droit, où des prisonniers sont détenus pendant des années sans mise en cause formelle. Elles se sont émues de leurs conditions de détention et des tortures dont certains auraient été victimes, selon elles.
Un défenseur aussi ardent de Guantanamo que l’ancien vice-président conservateur Dick Cheney affirmait que Guantanamo était une installation « de première classe » nécessaire pour détenir des individus qui ne relevaient pas du droit américain. M. Bush assurait, pour sa part, que les États-Unis ne pratiquaient pas la torture.
Obama prête serment…
pour la deuxième fois
Barack Obama a pris la décision rarissime de prêter le serment de président une deuxième fois mercredi, après un cafouillage la veille lors de la première cérémonie d’investiture en public, a indiqué la Maison-Blanche. M. Obama a prononcé les mots solennels dans la salle des cartes de la Maison-Blanche en tout petit comité. Mardi, l’événement historique ne s’était pas déroulé totalement comme prévu puisque M. Obama avait été induit en erreur par le président de la Cour suprême John Roberts qui avait récité dans le désordre le texte solennel prévu par la Constitution.
La Maison-Blanche pense néanmoins que la prestation de serment de mardi était valable, a indiqué le responsable de la Maison-Blanche pour les affaires juridiques, Greg Craig. « Nous avons décidé de recommencer parce que c’était tellement amusant », a plaisanté M. Obama.
Caroline Kennedy jette l’éponge
Caroline Kennedy, la fille du président américain assassiné John F. Kennedy, qui a annoncé mercredi qu’elle n’était plus candidate au poste de sénatrice de New York, pourrait avoir pris sa décision à cause de la santé de son oncle Ted Kennedy, selon le New York Times. Mme Kennedy, 51 ans, était susceptible d’être nommée au Sénat par le gouverneur Paterson en remplacement d’Hillary Clinton.
Ted Kennedy, 76 ans, a fait un malaise mardi lors du déjeuner qui a suivi l’investiture du président Barack Obama. Dernier représentant de la famille Kennedy au Sénat, il est sorti de l’hôpital mercredi. En juin dernier, Ted Kennedy avait subi une opération pour une tumeur au cerveau. En cas de vacance d’un siège au Sénat, c’est au gouverneur de l’État concerné de nommer un remplaçant dans l’attente de la prochaine élection sénatoriale, organisée tous les deux ans.
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Le président Barack Obama a ordonné hier la fermeture d’ici à un an du camp de Guantanamo. Au cours de la même cérémonie dans le bureau Ovale de la Maison-Blanche, M. Obama a aussi signé un autre décret stipulant que les États-Unis se conformeront dans le traitement des prisonniers aux conventions de Genève, conventions dont l’administration Bush contestait qu’elles s’appliquaient aux suspects de terrorisme et au manuel de l’armée de terre.
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