Rechercher
Rechercher

Actualités - Analyse

Éclairage Après l’émotion, l’action

par Émilie Sueur « Aucun président n’a commencé son mandat avec une confiance si élevée – 78 % d’opinion positive dans le sondage le plus récent de Gallup », rappelait le Washington Post, la veille de l’investiture de Barack Obama. Peu de présidents ont également suscité une telle vague d’espoir et surtout d’émotion. L’on se souvient, au soir de sa victoire, des larmes sur les joues de tant de partisans d’Obama. Mardi, l’émotion a fait un retour en force. Une émotion gravée sur les visages des millions d’Américains rassemblés dans le froid entre le Lincoln Memorial et le Capitole pour l’investiture d’Obama. Face à cette marée humaine gorgée d’espoir, Barack Obama a, dans son discours d’investiture, misé sur la sobriété. L’Amérique planant bien haut, Barack Obama a clairement voulu, dès la première minute de son mandat, la ramener sur terre, à coup de piqûres de rappel. « Nul n’ignore que nous sommes au beau milieu d’une crise. Notre nation est en guerre contre un vaste réseau de violence et de haine. Notre économie est gravement affaiblie, conséquence de la cupidité et de l’irresponsabilité de certains, mais aussi de notre échec collectif à faire des choix difficiles et à préparer la nation à une nouvelle ère. » « Je vous dis aujourd’hui que les défis auxquels nous faisons face sont réels. Ils sont importants et nombreux. Nous ne pourrons les relever facilement ni rapidement. Mais, sache-le, Amérique, nous le relèverons. » « Nous réaffirmons la grandeur de notre nation en sachant que la grandeur n’est jamais donnée, mais se mérite. » Il y a eu bien sûr quelques moments lyriques dans le discours d’Obama, avec notamment ces images tirées de l’Amérique des pères fondateurs. Mais le ton général fut réaliste, pragmatique. Il fallait tout de même oser prononcer une expression aussi « utilitaire » que « produit national brut ». Mardi, le message était clair : l’heure n’est plus à l’autocongratulation émue sur le mode « We did it ». L’heure est au travail, à l’action, au « we still have to do it ». L’heure n’est plus aux larmes, fussent-elles de bonheur, mais à la réflexion, et plus important encore, à l’engagement de chacun. Obama a promis qu’il assumerait ses responsabilités, et a appelé les Américains à en faire autant. « Le temps est venu de se défaire des enfantillages », a déclaré Obama à la tribune du Capitole. Le nouveau président, l’un des plus jeunes à accéder au pouvoir suprême, veut faire entrer la nation américaine dans l’âge adulte, celui des responsabilités et de la volonté. Là se trouve notamment son plus grand défi.
par Émilie Sueur

« Aucun président n’a commencé son mandat avec une confiance si élevée – 78 % d’opinion positive dans le sondage le plus récent de Gallup », rappelait le Washington Post, la veille de l’investiture de Barack Obama. Peu de présidents ont également suscité une telle vague d’espoir et surtout d’émotion. L’on se souvient, au soir de sa victoire, des larmes sur les joues de tant de partisans d’Obama. Mardi, l’émotion a fait un retour en force. Une émotion gravée sur les visages des millions d’Américains rassemblés dans le froid entre le Lincoln Memorial et le Capitole pour l’investiture d’Obama.
Face à cette marée humaine gorgée d’espoir, Barack Obama a, dans son discours d’investiture, misé sur la sobriété. L’Amérique planant bien haut, Barack Obama a clairement...