Les slogans scandés contre le président Michel Sleiman et en faveur de son prédécesseur, Émile Lahoud, par des manifestants, jeudi à Awkar, ont suscité une série de réactions indignées dans les milieux politiques.
Les ministres Ibrahim Chamseddine et Jean Oghassabian s’en sont particulièrement révoltés. « Les slogans de Awkar n’ont rien de sage politiquement. Un chef de l’État ne peut pas être attaqué de cette manière et à cet endroit », a indiqué M. Chamseddine, soulignant que la position du Liban à l’égard du sommet arabe est on ne peut plus claire et que le chef de l’État n’a pas commis d’erreur.
Il a rappelé que le Liban a été un des premiers pays à avoir approuvé la tenue d’un sommet arabe, et c’est sur cette base que le président participe à la réunion de Doha, du moment que le quorum nécessaire à la tenue du sommet n’a pas été atteint.
De son côté, M. Oghassabian a jugé que la visite du président à Doha « ne peut pas être considérée comme une victoire politique enregistrée par une partie libanaise au détriment d’une autre, surtout que cette dernière a pratiqué toutes sortes de pressions politiques et médiatiques afin d’influencer la position du chef de l’État ». Il a insisté sur le fait qu’il ne faut pas voir dans la démarche de M. Sleiman un alignement du Liban sur un axe arabe déterminé contre un autre. Le ministre a aussi mis en garde contre les conséquences de la guerre de Gaza sur la situation politique interne, estimant que le pays « a le plus besoin, aujourd’hui, de préserver son unité sur des bases solides et non pas de marquer un point par ci, un point par là, aux dépens de l’intérêt des Libanais, fatigués des surenchères et des menaces de nouveaux recours à la rue ».
Tout aussi virulent, le député Misbah el-Ahdab a estimé qu’en s’en prenant au chef de l’État, les manifestants ont dépassé toutes les lignes rouges. Quant aux slogans favorables au général Émile Lahoud, ils ont pour but, selon lui, d’« encourager un retour à l’ère de la tutelle (syrienne) et des crimes, dont certains sont encore nostalgiques ». Estimant que les slogans hostiles au chef de l’État sont « une insulte à tous les Libanais réunis autour du président », M. Ahdab a jugé regrettable que ce soit le commandement du Hamas, à Damas, qui refuse un cessez-le-feu.
Pour l’ancien ministre, Talal Arslane, « les positions hostiles à la participation du Liban au sommet arabe reflètent une tentative flagrante de leurrer les Libanais et de retourner à un discours politique qu’on croyait abandonné par ses tenants, depuis l’échec du projet israélo-américain dans la région ».
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Les ministres Ibrahim Chamseddine et Jean Oghassabian s’en sont particulièrement révoltés. « Les slogans de Awkar n’ont rien de sage politiquement. Un chef de l’État ne peut pas être attaqué de cette manière et à cet endroit », a indiqué M. Chamseddine, soulignant que la position du Liban à l’égard du sommet arabe est on ne peut plus claire et que le chef de l’État n’a pas commis d’erreur.
Il a rappelé que le Liban a été un des premiers pays à avoir approuvé la tenue d’un sommet arabe, et c’est sur cette base que le président participe à la réunion de Doha, du moment que le...