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Actualités - Opinion

Roquéquettes

Au fil des péripéties qui ont jalonné l’histoire du Liban-Sud et de ce que la population locale a pu endurer, il serait intéressant d’examiner un geste moteur récurrent qui, depuis des décennies maintenant, fait partie intégrante du cursus des académies militaires arabes. Depuis les agités du keffieh des années 70 jusqu’aux excités de la barbe du troisième millénaire, la gesticulation est quasiment la même et se répète inlassablement au gré des circonstances : on fixe une rampe de quelques tuyaux, on y enfourne les projectiles adéquats, on déclenche le mécanisme de tir, puis l’on décampe courageusement vers des lieux plus bucoliques, pendant que les villageois du coin se prennent une méchante dégustation de poudre et de fer venue des enragés de la kippa qui campent en face. Avec les années et le développement des nouvelles technologies, l’animation en question a quelque peu évolué. Au départ, la posture ne mobilisait que le biceps et le triceps, qui tiraient sur un bout de ficelle pour envoyer la roquéquette. Inconvénient : le héros manutentionnaire était obligé de décamper au milieu des hurlements de la population aussitôt matraquée par les avions hébreux. Aujourd’hui, un téléphone portable dernier cri, si l’on peut dire, lui permet de se planquer pépère et de libérer à distance la Palestine par connexion Wi-Fi tout en tétant son narguilé. Donc si depuis près de 40 ans la gestuelle est la même, ce qui change en revanche c’est le procédé qui, selon l’air du temps, est tantôt louable, tantôt condamnable. En fait, tout dépend du rapport de force existant entre le gougnafier tireur et le pouvoir en place. Comme les Palestiniens du Liban ont depuis belle lurette baissé leur pantalon, toute réactivation de leur quincaillerie face à Israël n’est que pure trahison. Par contre, que le dernier des sous-fifres barbus décide un jour de lâcher une bordée de ferraille par delà la frontière, la classe politique lui tressera des lauriers tout en faisant dans son froc. Refrain connu : plus on a la trouille, plus on est poli ¦ Gaby Nasr
Au fil des péripéties qui ont jalonné l’histoire du Liban-Sud et de ce que la population locale a pu endurer, il serait intéressant d’examiner un geste moteur récurrent qui, depuis des décennies maintenant, fait partie intégrante du cursus des académies militaires arabes. Depuis les agités du keffieh des années 70 jusqu’aux excités de la barbe du troisième millénaire, la gesticulation est quasiment la même et se répète inlassablement au gré des circonstances : on fixe une rampe de quelques tuyaux, on y enfourne les projectiles adéquats, on déclenche le mécanisme de tir, puis l’on décampe courageusement vers des lieux plus bucoliques, pendant que les villageois du coin se prennent une méchante dégustation de poudre et de fer venue des enragés de la kippa qui campent en face.
Avec les années et le...