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Exposition Au centre du centre… de la galerie Sfeir-Semler Zéna Zalzal

De l’art contemporain encore et toujours à la galerie Sfeir-Semler avec 12 artistes expérimentaux interdisciplinaires, tous du Moyen-Orient. Sélectionnés par Catherine David et réunis sous l’intitulé « In the Middle of the Middle ». Ils ne se prennent pas pour le centre du monde les 12 artistes plasticiens que présente à la galerie Sfeir-Semler, à Beyrouth*, la commissaire d’exposition en chef à la Direction des musées de France, Catherine David (également directrice artistique de la prochaine biennale de Lyon de 2009). Ils sont tout simplement issus du Moyen-Orient, géographiquement situé au centre de la mappemonde. Et ils exposent leurs travaux à Beyrouth, qui reste, contre vents et marées, le centre névralgique de ce centre. Mais aussi, ils sont, artistiquement, l’un des principaux centres… d’intérêt de la commissaire française. Laquelle soutient leur mise en réseau dans le monde, à travers le projet « Représentations arabes contemporaines » qu’elle dirige depuis 1998, et la revue Tamass qui l’accompagne. C’est dans le cadre de ce projet – qu’elle mène sous forme d’expositions, de séminaires, d’échanges et de publications qui traitent tous de sujets liés à l’actualité des pays arabes – que s’inscrit donc l’exposition « In the Middle of the Middle » qu’elle organise à Beyrouth. Dans cette exposition, Catherine David a choisi de présenter des œuvres d’artistes moyen-orientaux qui, au moyen de différents médiums, langages et techniques, transcrivent, se confrontent ou re-présentent la réalité de leur environnement. À travers leur art qui observe donc la société dans laquelle ils vivent, il se profile subtilement une dimension sociopolitique qui donne à réfléchir. Les camps en 2047 C’est le cas, en particulier, de Qalandia 2047 du Palestinien Wafa Hourani qui, au moyen d’un ensemble de maquettes, d’objets miniature, de collages et autres mixed-medias, représente la vie quotidienne – en 2047, soit 100 ans après la constitution des premiers camps en 1947 ! – dans un camp palestinien adjacent à l’un des plus importants barrages militaires israéliens contrôlant l’accès à Ramallah. Une œuvre où humour et amertume se rejoignent pour exprimer l’éternel (dés)espoir de changement du peuple palestinien. Émouvante et qui interpelle l’esprit de solidarité du spectateur, bien plus que les sempiternelles images d’intifada, une pièce qui emprunte autant à l’art qu’à l’architecture, l’anticipation ou l’histoire contemporaine. Plus ou moins même thème pour le vidéaste palestinien Jawad al-Malhi, qui à travers des projections d’images, fixes et animées, plante le décor d’un autre camp de réfugiés palestiniens près de Jérusalem et fait entrer le visiteur dans l’intimité des maisons, le rapprochant ainsi, avec sensibilité, à travers les faits et gestes du quotidien, de ses habitants. Impact de l’image Impact de l’image également chez Yasser Alwan qui, à travers des séries de portraits de rue, en noir et blanc, raconte, à la manière d’un documentaire, la diversité bigarrée du peuple égyptien, ainsi que certaines facettes de son mode de vie. Dans le même registre du travail documentaire, trois films proposent des regards d’artistes sur la réalité sociale de leurs pays. C’est le cas des Syriens Rami Farah et Joude Gorani, qui tentent de démontrer la distance qui existe entre idéologie et réalité sur les rives du Barada. Tandis que le Libanais Waël Noureddine poursuit dans A Film Far Beyond a God son exploration filmée des cicatrices physiques et mentales de la guerre, qu’il avait entamée en 2002 avec Chez nous, continuant en 2005 avec Ça sera beau, et en 2006 avec July Trip. Mémoire postguerre chez Akram Zaatari, qui présente ici aussi une installation vidéo dans la continuité de son travail d’archive sur le studio Madani de Saïda. Ambiances de rues Artiste égyptien autodidacte, Hani Rashed archive, lui aussi, mais à sa manière, la vie de ses contemporains, à travers une série de collages traitant des figures iconiques du Caire ainsi que de dessins en monotypes à l’ironie et la satire sous-jacentes. Autre vision du Caire et autre approche, plus poétique, nimbée d’onirisme, chez sa compatriote Anna Boghiguian, qui dépeint à la gouache, l’encre et le crayon sur papier l’ambiance de la rue égyptienne. Ambiance de rue toujours, mais atmosphère plutôt sombre, dans les grandes peintures du jeune Syrien Simon Kabboush qui représente, d’une touche très contemporaine, l’agitation de Bab Touma ou encore des personnages qui se retrouvent face à face avec leur désespérant reflet dans la glace ! Alors que dans Ya Abati, sorte d’immense icône juxtaposant des figures de guerriers en keffieh ou en masque à gaz, le talentueux Ayman Baalbacki évoque l’iconographie de la guerre libanaise et de ses différents visages. Sacralisés ? C’est ce que semble induire l’omniprésence, dans ces peintures à l’acrylique, de la feuille d’or… Tandis que son compatriote Walid Sadek fait dans l’art minimal en présentant des sortes de bouchons de lunette astronomique plantés en duo au centre du mur d’une pièce blanche. Intitulé Death and the Sun (What My Father Sees, Most Probably), cette œuvre – s’il y a œuvre ! – qui désarçonne à coup sûr le visiteur, a ceci de particulier qu’elle lui laisse néanmoins un vaste choix d’interprétations ! Jusqu’au 24 mars 2009. Immeuble Tannous, 4e étage, la Quarantaine, Beyrouth. Horaires d’ouverture : du mardi au samedi, de 11h à 18h. Tél.: 01/566550.
De l’art contemporain encore et toujours à la galerie Sfeir-Semler avec 12 artistes expérimentaux interdisciplinaires, tous du Moyen-Orient. Sélectionnés par Catherine David et réunis sous l’intitulé « In the Middle of the Middle ».
Ils ne se prennent pas pour le centre du monde les 12 artistes plasticiens que présente à la galerie Sfeir-Semler, à Beyrouth*, la commissaire d’exposition en chef à la Direction des musées de France, Catherine David (également directrice artistique de la prochaine biennale de Lyon de 2009). Ils sont tout simplement issus du Moyen-Orient, géographiquement situé au centre de la mappemonde. Et ils exposent leurs travaux à Beyrouth, qui reste, contre vents et marées, le centre névralgique de ce centre. Mais aussi, ils sont, artistiquement, l’un des principaux centres… d’intérêt...