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2008, encore une année de dégradation écologique au Liban

L’écologiste Mazen Abboud, conseiller du plan méditerranéen au sein du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), a annoncé récemment la parution de son rapport sur l’état de l’environnement et les politiques environnementales au Liban pour 2008, lors d’une conférence de presse au siège du Club de la presse. M. Abboud a considéré que l’année 2008 a été riche en événements et catastrophes écologiques. D’un point de vue politique, l’écologiste a relevé certains points positifs, comme le fait que l’environnement ait été évoqué dans la déclaration ministérielle (même s’il n’a pas abouti à la nomination d’un ministre technocrate, constate-t-il), la réduction de moitié des surfaces incendiées, le souci écologique désormais présent au ministère de l’Intérieur, la décision de ne pas changer l’utilisation des terrains brûlés… M. Abboud a abondamment abordé le sujet de la justice, rappelant que le projet de cour spécialisée dans les affaires de l’environnement n’a pas encore vu le jour et déplorant les cas de décisions non respectueuses de l’environnement prises par des juges en raison de pressions politiques. Il s’est attardé sur l’augmentation spectaculaire de surfaces sujettes à l’abattage massif d’arbres en raison de la hausse, en été, des prix du mazout, mais aussi de la non-pénalisation des contrevenants, ce qui nous a fait perdre, selon lui, plus de deux mille hectares. Il dénonce aussi le fait que les gardes forestiers et les membres de la Défense civile ne sont pas assez formés, et fait remarquer que la pollution des différents cours d’eau du pays ne fait que s’aggraver. Le rapport fait également un constat amer : si les agressions sur le domaine public maritime se poursuivent au même rythme, le pays aura perdu son entière façade maritime d’ici à 2025. Pour cela, M. Abboud estime qu’il est urgent que le gouvernement prenne une série de mesures pour protéger les nappes phréatiques, mettre un terme à la pratique des fosses septiques illégales et, sur un autre plan, protéger le reste du littoral. D’un autre côté, le rapport insiste sur la nécessité de rechercher des sources d’énergie alternatives, dans la perspective d’une hausse des prix du pétrole à mesure que les réserves mondiales s’amenuiseront. M. Abboud a demandé aux autorités de concevoir une nouvelle politique d’encouragement des transports publics pour limiter le nombre de voitures sur les routes. Sur le plan économique, M. Abboud s’attend à une augmentation de la facture payée par le contribuable pour l’achat de pétrole, donc d’une hausse du coût de production d’électricité qui dépassera la capacité du Trésor. Pour cela, il suggère au ministre des Finances d’imposer de nouvelles taxes sur les produits qui génèrent une grande quantité de déchets solides (plastique, verre…) en vue de soutenir les prix des produits pétroliers utilisés pour le chauffage et éviter l’abattage d’arbres en forêt. Enfin, le rapport souligne les risques d’une baisse des revenus touristiques au Liban à mesure que s’aggravera la dégradation écologique. S. B.
L’écologiste Mazen Abboud, conseiller du plan méditerranéen au sein du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), a annoncé récemment la parution de son rapport sur l’état de l’environnement et les politiques environnementales au Liban pour 2008, lors d’une conférence de presse au siège du Club de la presse. M. Abboud a considéré que l’année 2008 a été riche en événements et catastrophes écologiques.
D’un point de vue politique, l’écologiste a relevé certains points positifs, comme le fait que l’environnement ait été évoqué dans la déclaration ministérielle (même s’il n’a pas abouti à la nomination d’un ministre technocrate, constate-t-il), la réduction de moitié des surfaces incendiées, le souci écologique désormais présent au ministère de l’Intérieur, la...