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Exécutif Majorité et 8 Mars s’affrontent à l’hémicycle

Les députés se sont étendus sur tous les sujets de discorde. Ils devraient écouter aujourd’hui la réponse de Fouad Siniora. Le second jour du débat parlementaire de politique générale a marqué une exacerbation des tensions entre les députés du 14 Mars d’un côté et ceux du 8 Mars et du CPL de l’autre. Alors que les enjeux électoraux restaient omniprésents dans le débat, les quelque 27 orateurs des deux camps qui se sont succédé à la tribune ont échangé des attaques verbales frontales, sous l’œil vigilant de Nabih Berry, qui est systématiquement intervenu pour amoindrir l’impact de certaines allocutions enflammées. Les ténors du 14 Mars se sont ainsi longuement étendus sur les incidents du 7 mai et l’armement du Hezbollah sans toutefois violer le climat de calme instauré par l’accord de Doha, s’en prenant par la même occasion à « l’ingérence syrienne au Liban ». De leur côté, les élus du 8 Mars et du CPL ont tiré à boulets rouges sur la politique socio-économique du Premier ministre Fouad Siniora et sur les projets menés par le Haut-Comité de secours.  Il convient de noter que la retransmission en direct de la séance s’est limitée aux écrans de Télé-Liban, NBN et Future TV. Ce qui n’a pas empêché les députés, toutes appartenances politiques confondues, d’insister tout au long des deux séances de la journée sur les sujets qui passionnent, dans l’espoir d’attirer l’électeur. Signalons en outre que 6 députés de la majorité ont déposé auprès de Nabih Berry une proposition portant sur la création d’une commission d’enquête parlementaire sur « les crimes et délits imputés à des responsables officiels au cours des 20 dernières années ». Les députés du CPL Au cours de leurs interventions, les députés du Bloc du changement et de la réforme s’en sont pris avec virulence au Haut-Comité de secours (HCS) et à la politique économique du gouvernement. Ainsi, Abbas Hachem a estimé que le HCS « est devenu un État dans l’État, servant à l’entretien de la clientèle politique de ceux qui le contrôlent ». Son confrère, Chamel Mouzaya, a quant à lui accusé le Premier ministre Siniora et le ministre des Finances, Mohammad Chatah, de « dilapider les fonds publics au service des campagnes électorales de leur camp, sans se soucier de la souffrance de la population ». Le député Ibrahim Kanaan a abondé dans le même sens, en affirmant que « le Haut-Comité de secours fonctionne en violation de la loi depuis les années 1990, vu qu’il échappe au contrôle et à la surveillance des institutions constitutionnelles et joue un rôle de corruption électorale ». Sélim Aoun a, de son côté, martelé que « le HCS et le Conseil du développement et de la reconstruction forment une sorte de gouvernement dont les prérogatives sont illimitées ». Le député Assem Aaraji a, quant à lui, averti que « la privatisation du secteur de la téléphonie mobile équivaut à un suicide en bonne et due forme ». Et Ghassan Moukheiber a appelé à « établir les relations syro-libanaises sur une base d’équité ». Les Forces libanaises De leur côté, les députés des Forces libanaises ont abondé sur les constantes du discours de la majorité, s’en prenant implicitement au CPL. Ainsi, le député Georges Adwan, qui s’est lancé dans une polémique directe avec son collègue Abbas Hachem, a déploré le fait que « certains ministres se comportent comme des opposants au sein du gouvernement et brandissent la menace du tiers de blocage ». Nabih Berry a aussitôt réagi à ces propos en soulignant qu’« en vertu de l’accord de Doha, il est interdit aux ministres de s’absenter aux réunions du Conseil pour torpiller le quorum ». Georges Adwan a en outre appelé à l’application des décisions du précédent dialogue national, l’abrogation du Haut Conseil syro-libanais et la nomination de fonctionnaires de première catégorie pour pourvoir aux postes vacants à ce niveau. Son colistier Élie Keyrouz a appelé le gouvernement à autoriser au préalable toute visite à Damas, déplorant en outre le fait que « certaines régions soient sous la domination d’un arsenal qui échappe au contrôle de l’État ». Il a également exhorté les chrétiens à « rejeter toute alliance avec ceux qui servent les projets étrangers », avant d’appeler à l’abolition de la peine de mort, de toute forme de discrimination contre les femmes, à mettre un terme à la torture dans les centres de détention et à l’intégration des personnes handicapées dans la société. Dernier député FL à prendre la parole, Antoine Zahra a appelé l’État à confisquer « les armes illégales disséminées dans le Koura et à Batroun ». Le Courant du futur Du côté des députés haririens, Mohammad Hajjar s’est interrogé sur le fait de savoir « comment assurer un déroulement équitable des législatives à l’ombre des armes ? ». Serge Ter Sarkissian a pour sa part mis l’accent sur le fait que l’accord de Doha « n’a apporté qu’une solution provisoire aux problèmes du Liban ». De son côté, Riad Rahal a qualifié de « folklorique » la visite du chef du CPL Michel Aoun à Damas, alors que Ghenwa Jalloul a estimé que « les incidents du 7 mai sont une mascarade et un coup porté à chaque Beyrouthin ». Mohammad Kabbara a appelé à la suppression du Haut Conseil syro-libanais. Harb, Moawad et Pharaon Le député Élie Aoun s’est pour sa part penché sur diverses questions d’ordre économique, déplorant « l’incurie de l’EDL », alors que Jawad Boulos a estimé que « les questions stratégiques relèvent de l’unique ressort de l’État ». Boutros Harb a quant à lui estimé que « Taëf n’est pas un texte sacré qu’il est interdit d’amender », soulignant que « les prochains gouvernements ne sauraient être formés de la même manière que l’actuel cabinet » et que le tiers de blocage « ne doit pas être érigé en coutume ». Même son de cloche du côté de Nayla Moawad, qui a déploré « la formation du gouvernement dans le sillage des émeutes, du blocage des institutions et des incidents du 7 mai ». « Les convois d’armes continuent d’être acheminés par la Syrie vers le Liban, de collusion avec certaines parties représentées au gouvernement et qui devraient respecter la 1701. Mais elles continuent de violer cette résolution et s’obstinent à vouloir ériger des États miniatures », a-t-elle lancé. Par ailleurs, Nicolas Fattouche a appelé le gouvernement à alimenter la Chambre en informations « pour lui permettre de jouer son rôle en matière de surveillance ». Dernier député à s’exprimer avant la levée de la séance, Michel Pharaon, qui a rendu hommage à Achrafieh et à ses habitants « qui ont été visés par de nombreux attentats et assassinats au cours des dernières années ». Le 8 Mars Du côté du tandem Hezbollah-Amal et de leurs alliés, le député Ali Hassan Khalil a repris les appels de Nabih Berry au calme et au dialogue, tout en s’en prenant à Fouad Siniora et en qualifiant le Haut-Comité de secours d’« anticonstitutionnel et illégal ». « L’obstruction politique dont vous parlez, Monsieur le Premier ministre, est due à votre incapacité à prendre des décisions audacieuses qui n’ont besoin que d’une volonté sincère », a-t-il ainsi lancé à l’adresse du chef du gouvernement. Le député Oussama Saad a, quant à lui, évoqué la catastrophe écologique de la décharge sauvage de Saïda, alors que Marwan Farès a insisté sur le fait qu’« Israël demeure l’éternel ennemi du Liban et du monde arabe ». Anouar el-Khalil, qui s’est attiré de vives répliques de la part de Fouad Siniora, a de son côté déploré « le laxisme du gouvernement face à la crise financière mondiale ». Il convient de souligner enfin que tous les députés qui ont demandé la parole se sont exprimés et que le Parlement devrait se réunir ce matin à 10 heures 30 pour écouter la réponse du gouvernement, prononcée par Fouad Siniora.
Les députés se sont étendus sur tous les sujets de discorde. Ils devraient écouter aujourd’hui la réponse de Fouad Siniora.
Le second jour du débat parlementaire de politique générale a marqué une exacerbation des tensions entre les députés du 14 Mars d’un côté et ceux du 8 Mars et du CPL de l’autre.
Alors que les enjeux électoraux restaient omniprésents dans le débat, les quelque 27 orateurs des deux camps qui se sont succédé à la tribune ont échangé des attaques verbales frontales, sous l’œil vigilant de Nabih Berry, qui est systématiquement intervenu pour amoindrir l’impact de certaines allocutions enflammées.
Les ténors du 14 Mars se sont ainsi longuement étendus sur les incidents du 7 mai et l’armement du Hezbollah sans toutefois violer le climat de calme instauré par l’accord de Doha,...