L’agence souligne la solidité du système bancaire, mais fait déjà état d’une baisse des transferts de la diaspora du Golfe.
L’agence de notation Moody’s Investors Service a relevé hier de « stable » à « positive » la perspective de notation sur la dette souveraine du Liban.
Ce changement est motivé « par la résilience des finances publiques face aux chocs, qui ont été sévères ces dernières années. L’amélioration de l’environnement politique et économique du Liban depuis la signature de l’accord de Doha en mai est également rassurante », a expliqué l’analyste de l’agence Tristan Cooper, cité par le Lebanon this Week du groupe Byblos Bank.
« Moody’s reconnaît que l’amélioration de l’environnement politique a permis à l’économie du pays de reprendre son élan, mais les finances publiques devraient résister, même si cette accalmie venait à vaciller, comme l’ont montré les épisodes précédents de tensions politiques », a ajouté M. Cooper. L’agence souligne que cet été, l’afflux de touristes au Liban a été le plus important depuis 2004 et que le FMI prévoit une croissance de 6 % cette année ainsi qu’une poursuite de l’allègement du poids de la dette publique.
Moody’s relève également que le Liban est l’un des rares pays à avoir profité, jusqu’ici, de la tourmente financière internationale, des membres de la diaspora ayant transféré des fonds dans les banques libanaises, considérées comme relativement sûres. En raison des régulations strictes, les banques locales n’ont pas été exposées aux actifs toxiques (« subprimes »), ni ne détiennent d’actifs significatifs auprès des banques occidentales touchées. De plus, grâce à l’afflux de dépôts, les réserves en devises de la Banque centrale ont bondi de 57 % sur les neuf premiers mois pour atteindre 15,3 milliards de dollars fin septembre, soit 60 % du PIB de 2007. Les banques commerciales bénéficient aussi d’un niveau élevé de liquidité en devises. Le système bancaire reste ainsi disposé et capable de financer l’État en livres et en devises, selon l’agence.
Malgré ces améliorations, Moody’s souligne toutefois que les risques de crédit au Liban restent substantiels. « La situation politique est fragile et les tensions pourraient resurgir avant les élections parlementaires prévues en mai prochain. La menace d’un nouveau conflit entre le Hezbollah et Israël existe également, ajoute-t-elle. De nouvelles tensions politiques sérieuses freineraient rapidement l’économie et pourraient entraîner un retrait de dépôts bancaires, bien que ces derniers aient été très résistants aux chocs politiques dans le passé, tout comme les finances publiques. » L’économie libanaise devrait également être négativement affectée par le ralentissement économique mondial, la demande externe, les transferts de fonds et les investissements pouvant potentiellement reculer, poursuit-elle. Selon l’agence, une baisse des transferts des travailleurs libanais dans le Golfe a déjà été signalée. Toutefois, Moody’s considère que ces risques sont déjà pris en compte dans la faible notation actuelle du Liban.
Ces notations seraient revues à la hausse si l’accalmie politique actuelle venait à se confirmer tout au long du cycle électoral, si les réformes nécessaires étaient menées et si le poids de la dette publique continuait à s’alléger, conclut l’agence.
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L’agence de notation Moody’s Investors Service a relevé hier de « stable » à « positive » la perspective de notation sur la dette souveraine du Liban.
Ce changement est motivé « par la résilience des finances publiques face aux chocs, qui ont été sévères ces dernières années. L’amélioration de l’environnement politique et économique du Liban depuis la signature de l’accord de Doha en mai est également rassurante », a expliqué l’analyste de l’agence Tristan Cooper, cité par le Lebanon this Week du groupe Byblos Bank.
« Moody’s reconnaît que l’amélioration de l’environnement politique a permis à l’économie du pays de reprendre son élan, mais les...