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Actualités - Chronologie

Défense Obama prend parti pour la suprématie militaire américaine

Le message ferme du président élu est destiné à rassurer en temps de guerre, mais pourrait faire grincer les dents de son propre camp. Malgré son opposition au conflit en Irak, et au risque d’irriter les antiguerre ayant soutenu sa candidature, le futur occupant de la Maison-Blanche s’est montré déterminé à maintenir la suprématie militaire américaine, au cours d’une conférence de presse durant laquelle il a annoncé la reconduction de l’actuel secrétaire à la Défense, Robert Gates. « Nous partageons tous la conviction qu’il faut que nous continuions à détenir les forces armées les plus fortes de la planète », et « nous continuerons à réaliser les investissements nécessaires pour renforcer nos forces armées et augmenter nos forces terrestres », a-t-il martelé, en ajoutant que son administration s’assurerait d’« avoir les moyens et la stratégie nécessaires pour vaincre el-Qaëda et les talibans » en Afghanistan. M. Obama compte ainsi poursuivre le projet de l’administration Bush d’augmenter les effectifs militaires américains de 100 000 hommes lors de la prochaine décennie, face à l’épuisement des forces armées – 1,4 million de militaires d’active – qui, mobilisées depuis sept ans en Afghanistan et en Irak, sont près d’atteindre les limites de leurs capacités. Tout en réaffirmant sa volonté de retirer toutes les troupes de combat américaines d’Irak en 16 mois, le président élu semble avoir cherché à contrecarrer la réputation de « mous » des démocrates en matière de défense, selon les experts. « Certains craignaient qu’Obama n’agisse en idéologue de gauche, c’est le portrait que tentait d’en dresser l’équipe de campagne de John McCain », son rival républicain lors de la présidentielle, a expliqué à l’AFP Steve Biddle, du Conseil en affaires étrangères, un centre de réflexion indépendant. Or, « en ces temps de guerre en Irak et en Afghanistan et de crise financière, la future administration cherche à montrer qu’elle va être pragmatique et s’appuyer sur l’expertise au détriment de l’idéologie » face aux innombrables défis sur la scène internationale, a-t-il commenté. « Je crois que c’est le ton juste. Il doit gérer le fait que, comme l’évoquait le vice-président élu Joe Biden, certains pourraient vouloir le tester » dès le début de son mandat, « comme la Russie, la Corée du Nord ou les Iraniens », estime Michael O’Hanlon, expert en défense à la Brookings Institution. Mais la hausse prévue des effectifs de l’armée américaine, couplée à la modernisation des équipements, « va coûter cher, au moins 50 milliards de dollars », prévient Lawrence Korb, expert militaire au Centre pour le progrès américain, un groupe de réflexion proche de l’équipe Obama. En pleine crise économique, la prochaine administration va devoir procéder à des arbitrages, pronostique cet ancien sous-secrétaire à la Défense de l’ère Reagan, alors que la hausse du budget de Défense, continue depuis sept ans – avec plus de 10 milliards de dollars dépensés chaque mois en Irak – est inéluctablement appelée à ralentir. Dans ces conditions, juge-t-il, des projets onéreux pourraient en faire les frais, comme le bouclier antimissile américain, regardé avec scepticisme par l’équipe Obama, ou encore l’avion de combat F-22, conçu pendant les dernières années de guerre froide et qui a perdu de sa pertinence alors que le Pentagone fait face à des insurrections, et pas des conflits conventionnels, en Afghanistan et en Irak.
Le message ferme du président élu est destiné à rassurer en temps de guerre, mais pourrait
faire grincer les dents de son propre camp.
Malgré son opposition au conflit en Irak, et au risque d’irriter les antiguerre ayant soutenu sa candidature, le futur occupant de la Maison-Blanche s’est montré déterminé à maintenir la suprématie militaire américaine, au cours d’une conférence de presse durant laquelle il a annoncé la reconduction de l’actuel secrétaire à la Défense, Robert Gates. « Nous partageons tous la conviction qu’il faut que nous continuions à détenir les forces armées les plus fortes de la planète », et « nous continuerons à réaliser les investissements nécessaires pour renforcer nos forces armées et augmenter nos forces terrestres », a-t-il martelé, en ajoutant que son...