Submergées par le flot ininterrompu de réfugiés chrétiens d’Irak depuis quelques mois, les ONG au Liban réclament une aide urgente pour secourir des
centaines de familles ayant fui les violences dans leur pays, raconte Jocelyne Zablit dans un reportage de l’AFP.
« Le nombre de chrétiens irakiens qui nous demandent de l’aide a augmenté de manière spectaculaire au cours des derniers mois », affirme Isabelle Saadé Féghali, de l’organisation Caritas.
« Depuis juin, cinq familles par semaine arrivent ici en quête d’aide », indique la responsable. « Le problème est très grave et il n’y a jamais assez d’aides », plaide-t-elle.
Le nombre de réfugiés irakiens au Liban est monté en flèche depuis octobre, lorsque plus de 2 000 familles chrétiennes ont fui la ville de Mossoul dans le nord de l’Irak, après une vague d’assassinats visant leur communauté.
« J’aide au moins 20 nouvelles familles chaque semaine depuis le début d’octobre », assure de son côté Rania Chéhab, en distribuant couvertures, médicaments et autre matériel de première nécessité dans une église chaldéenne des environs de Beyrouth. Caritas y a installé l’un de ses six centres d’aides aux réfugiés irakiens du Liban.
« Beaucoup de familles arrivent aujourd’hui sans hommes. Ils ont été soit tués, soit kidnappés », indique Mme Chéhab.
« Certains n’ont presque rien à mettre sur le dos. Chacun porte en lui une histoire triste. Ils ont beaucoup perdu, ça se voit », dit-elle.
Entre 40 000 et 50 000 réfugiés irakiens chrétiens et musulmans, selon les ONG, sont actuellement au Liban, considéré comme un pays de transit pour la plupart en attendant de s’installer ailleurs, notamment aux États-Unis.
« Les autorités libanaises considèrent leur présence illégale, même munis des certificats réfugiés que nous leur fournissons », explique Laure Chedrawi, une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) à Beyrouth.
« L’année dernière, près de 470 personnes ont voyagé vers d’autres pays à partir du Liban, mais cette année nous en prévoyons plus de 2 500 qui se dirigeront pour la plupart vers les États-Unis », indique Mme Chedrawi. Selon elle, les formalités prennent entre sept mois et un an.
Le « rêve » australien
Amal Georgis Boutros, 48 ans, est parmi celles qui souhaitent se trouver un nouveau « chez-soi » aux États-Unis ou en Australie. « Mon mari a été abattu en mars par des hommes armés alors qu’il travaillait dans son échoppe », dit cette mère de trois enfants, arrivée au Liban début novembre en provenance de Mossoul. « Aujourd’hui, je dors sur un matelas par terre dans un deux-pièces près de Beyrouth, que je partage avec les membres de sept autres familles », dit-elle, d’une voix chevrotante. « Je suis dans un tel état que mes mains tremblent tout le temps », poursuit-elle.
Dans un petit café de la banlieue est de Beyrouth, une vingtaine d’hommes, des chrétiens d’Irak, jouent aux cartes, discutent de l’actualité et boivent du thé. « Je suis arrivé il y a quatre jours avec ma femme et mes deux enfants, et je suis prêt à m’installer dans n’importe quel pays qui voudra bien m’accueillir », affirme Saad Youssef Aziz, 45 ans, un chapelet à la main. « Je voudrais juste m’installer dans un endroit sûr où je pourrais recommencer ma vie », insiste-t-il. Comme beaucoup d’autres, il n’arrive pas à trouver un appartement décent au Liban, où certains propriétaires profitent de l’aubaine pour faire monter les prix.
« Personne ne m’embauchera ici, je passe donc mes journées à attendre », dit Kamal Hammou, 50 ans, arrivé au Liban il y a huit mois dans l’espoir de rejoindre ses quatre frères aux États-Unis. « Personne d’entre nous ne veut rentrer en Irak, ajoute-t-il. Nous préférons nous retrouver dans la rue plutôt que de revenir dans un endroit où le sang nous attend. »
Les pays de l’Union européenne se sont dit jeudi prêts à accueillir 10 000 réfugiés.
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centaines de familles ayant fui les violences dans leur pays, raconte Jocelyne Zablit dans un reportage de l’AFP.
« Le nombre de chrétiens irakiens qui nous demandent de l’aide a augmenté de manière spectaculaire au cours des derniers mois », affirme Isabelle Saadé Féghali, de l’organisation Caritas.
« Depuis juin, cinq familles par semaine arrivent ici en quête d’aide », indique la responsable. « Le problème est très grave et il n’y a jamais assez d’aides », plaide-t-elle.
Le nombre de réfugiés irakiens au Liban est monté en flèche depuis octobre, lorsque plus de 2 000 familles chrétiennes ont fui la ville de Mossoul dans le nord de...