Comme s’il ne suffisait pas de se farcir les vieux kroumirs de la politique, faudrait aussi se coltiner les états d’âme et les périodes de chaleur de leurs conseillers, assistants, gardes du corps et toute la guirlande d’esclaves et autres rase-moquette, dont l’unique activité se ramène à faire des ronds de jambe devant leur dieu-roi.
En fait, ceux qui ont la chance d’entretenir un larbin ne connaissent pas leur bonheur ! Avoir à portée de babouche un bipède subalterne, adoptant toute la panoplie du mimétisme flagorneur : lunettes noires, cellulaire noir, montre noire, gros camion noir aux vitres teintées en noir… Et s’il pouvait aussi badigeonner en noir femme et enfants, pour faire encore plus chic et complaire à son patron, c’est pas du petit lait à la petite cuillère tout ça ?
Premier à ouvrir le bal, Mario Aoun, dont les sous-fifres ont subi un tabassage en règle de la part des policiers du Signoret, tous hariro-compatibles. Un gag typiquement libanais : les seconds rôles du ministre arrivent au Sérail, les sbires de Rictus oblicus, sous prétexte de les fouiller, les tripotent d’un peu trop près. On se toise, on s’engueule, et comme on est entre gens de bonne compagnie, les coups pleuvent dru. Résultat : les resquilleurs sont éjectés et leur patron, qui n’est pas Aoun pour rien, entre dans une bronca hystérique. Sitôt son pouls revenu à la normale, le ministre consent toutefois à attendre l’enquête des Sherlock Holmes du cru. Match complètement nul.
Deuxième opus, Batroun. Jusque-là connu pour sa citronnade, le village découvre la pantalonnade : ce n’est pas Boutros Harb, ce n’est pas son frangin, mais le chauffeur, et accessoirement porte-flingue, de ce dernier qui a failli se faire écharper. Pour le député du bled, le voiturier de son frérot à Batroun, c’est un peu l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo. Y a casus belli. Là encore, Pierrot fait grimper la mayonnaise, menace de rameuter les laboureurs du landernau, puis se dégonfle vite fait en attendant – on ne rit pas ! – les résultats de l’enquête.
Des enquêtes, y en a tellement qui ronronnent dans les tiroirs vermoulus de la PJ que Aoun et Harb peuvent se brosser avant que leurs affaires ne soient enfin traitées. Mais, visiblement, les dents des poules qui verront ce jour heureux n’ont pas encore percé ¦
Gaby Nasr
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Comme s’il ne suffisait pas de se farcir les vieux kroumirs de la politique, faudrait aussi se coltiner les états d’âme et les périodes de chaleur de leurs conseillers, assistants, gardes du corps et toute la guirlande d’esclaves et autres rase-moquette, dont l’unique activité se ramène à faire des ronds de jambe devant leur dieu-roi.
En fait, ceux qui ont la chance d’entretenir un larbin ne connaissent pas leur bonheur ! Avoir à portée de babouche un bipède subalterne, adoptant toute la panoplie du mimétisme flagorneur : lunettes noires, cellulaire noir, montre noire, gros camion noir aux vitres teintées en noir… Et s’il pouvait aussi badigeonner en noir femme et enfants, pour faire encore plus chic et complaire à son patron, c’est pas du petit lait à la petite cuillère tout ça ?
Premier à ouvrir le...