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Défense Sarkozy se pose en médiateur entre Moscou et Washington

Lors du sommet UE-Russie à Nice, la question du bouclier antimissile s’est imposée. Lors d’un sommet UE-Russie à Nice (sud de la France), le président français Nicolas Sarkozy a demandé à son homologue russe Dmitri Medvedev de ne pas concrétiser sa menace de déployer des missiles à Kaliningrad. « J’ai indiqué au président Medvedev combien nous étions préoccupés de ces déclarations et combien il fallait qu’il n’y ait pas de déploiement dans aucune enclave, tant que nous n’aurions pas discuté d’une sécurité paneuropéenne », a déclaré M. Sarkozy, dont le pays préside l’UE jusqu’à fin décembre. Le président russe avait déclaré le 5 novembre que son pays déploierait des missiles Iskander à Kaliningrad, enclave russe frontalière de l’UE, si les Américains installaient comme prévu des éléments du bouclier antimissile américain en Pologne et en République tchèque. Mais M. Sarkozy a aussi appelé les États-Unis à calmer le jeu sur leur projet de bouclier antimissile, qui a contribué à accroître les tensions entre l’Occident et la Russie. Moscou voit dans ce projet de l’administration du président sortant George W. Bush une menace directe à sa sécurité. « On peut continuer entre la Russie et l’Europe à se menacer de boucliers, de missiles, de marine et cetera, ça n’amènera rien à la Russie, ça n’amènera rien à la Géorgie, et ça n’amènera rien à l’Europe », a-t-il déclaré. Signe d’ouverture envers Moscou, M. Sarkozy a repris l’idée de « pacte de sécurité » paneuropéen, lancée par M. Medvedev en juin à Berlin. Il a confirmé qu’il était prêt à en discuter lors d’un sommet peut-être « mi-2009 », « dans le cadre de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) ». À ce sommet, « on pourrait poser les bases de ce qui pourrait être un accord entre nous, et d’ici là, qu’on ne parle pas de déploiement de bouclier, de missiles, qui n’amène rien à la sécurité et qui complique les choses », a plaidé M. Sarkozy. Il s’offre ainsi en médiateur potentiel d’un dossier jusqu’ici resté surtout du domaine des relations russo-américaines. M. Medvedev n’a pris lui aucun engagement, rejetant la responsabilité sur les États-Unis. Il a certes estimé qu’« avant la signature d’un accord global sur la sécurité européenne, nous devons renoncer à des mesures unilatérales ». Mais il a assuré que la Russie n’avait « jamais pris de telles mesures » et que « tous nos actes étaient une réaction au comportement d’autres États qui, sans discuter avec personne, ont accepté de déployer sur leur territoire de nouveaux moyens ». Alors qu’Européens et Russes semblent désormais vouloir dépasser les problèmes nés de l’intervention militaire russe en Géorgie en août – ils ont décidé de reprendre le 2 décembre leurs pourparlers sur un accord de partenariat renforcé –, M. Sarkozy a rappelé qu’il avait joué un rôle central dans la médiation de ce conflit. Et que les États-Unis avaient au contraire attisé les tensions. M. Sarkozy a certes demandé aux Russes de « faire des progrès » dans le retrait de leurs troupes de Géorgie – notamment en retirant leurs soldats du district contesté d’Akhalgori et du village de Perevi, situé entre l’Ossétie du Sud et le reste de la Géorgie. Mais il a néanmoins estimé qu’ils avaient rempli « l’essentiel » de leurs engagements. M. Medvedev s’est lui aussi montré conciliant envers les Européens, en soutenant les propositions de l’UE de réponse à la crise financière, qu’il a jugées « presque identiques » aux siennes, à la veille du sommet des grands pays industrialisés et émergents aujourd’hui à Washington. Par ailleurs, la Russie se retirera du traité FCE sur les forces conventionnelles en Europe si l’OTAN s’élargit à l’Ukraine et la Géorgie, a déclaré hier un haut responsable gouvernemental à Moscou, cité par l’agence Interfax. « Si le plan d’action commence à être mis en œuvre pour l’Ukraine et la Géorgie, la Russie prolongera non seulement le moratoire qu’elle a imposé sur le FCE, mais finira par en sortir », a-t-il ajouté. Moscou a suspendu, en décembre 2007, son adhésion au traité FCE signé en 1990 qui limite le nombre de chars, de pièces d’artillerie lourde, d’avions de combat et d’hélicoptères d’attaque stationnés de l’Atlantique à l’Oural.
Lors du sommet UE-Russie à Nice, la question du bouclier antimissile s’est imposée.
Lors d’un sommet UE-Russie à Nice (sud de la France), le président français Nicolas Sarkozy a demandé à son homologue russe Dmitri Medvedev de ne pas concrétiser sa menace de déployer des missiles à Kaliningrad. « J’ai indiqué au président Medvedev combien nous étions préoccupés de ces déclarations et combien il fallait qu’il n’y ait pas de déploiement dans aucune enclave, tant que nous n’aurions pas discuté d’une sécurité paneuropéenne », a déclaré M. Sarkozy, dont le pays préside l’UE jusqu’à fin décembre. Le président russe avait déclaré le 5 novembre que son pays déploierait des missiles Iskander à Kaliningrad, enclave russe frontalière de l’UE, si les Américains installaient comme prévu des...