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Actualités - Opinion

Le point Entre rêve et réalité

de Christian Merville Quoi de neuf en ce milieu de semaine où tous les regards continuent d’être braqués sur Washington, dans l’attente de l’Ante-Bush ? L’Irak encore, avec son cortège de violences et de misères, cinq ans et demi après une invasion qui n’en finit pas de faire couler le sang. Hier, l’explosion d’une voiture piégée dans un parking de la capitale a fait des morts et des blessés, et à Mossoul, deux jeunes chrétiennes ont été abattues à leur domicile, dans une zone considérée comme le dernier bastion urbain d’el-Qaëda, quadrillé par 35 000 policiers et soldats. Lundi, deux explosions ont secoué la proche banlieue de Bagdad, suivies par un attentat à la bombe humaine. Bilan : 28 morts, 68 blessés dont plusieurs devaient décéder à l’hôpital de Bab el-Mouazzam. Et, comble de l’horreur, ceci encore : Riad Wahab Hassan Falih a été arrêté par la police dans la province de Diyala. Profession de ce sinistre personnage : coupeur de têtes et, à ses moments perdus, étrange « moniteur » de spécialistes dans ce genre d’opérations, qui exigent beaucoup de doigté, nous dit-on. Mais le plus atroce, c’est cette révélation du Programme alimentaire mondial : dans un pays qui fut le plus riche du Proche-Orient, 930 000 personnes n’ont toujours pas accès à une alimentation appropriée. Néanmoins, ce chiffre représente une nette amélioration par rapport à l’an 2 005, quand quatre millions d’individus souffraient de malnutrition, un risque que courent 6,4 millions d’Irakiens si des mesures urgentes ne sont pas prises, indique l’agence, qui avoue son impuissance à l’heure où grandes puissances et petites nations sont uniquement préoccupées par l’avenir de leur trésorerie. À des milliers de kilomètres des rives du Tigre et de l’Euphrate, George W. Bush vient de reconnaître – involontaire humour mais combien révélateur – un faux pas commis le 1er mai 2003. Interviewé par la journaliste Heidi Collins de la chaîne CNN, il a admis qu’il n’aurait pas dû se laisser photographier à bord du USS Abraham Lincoln sous une banderole affichant en grosses lettres un triomphal et combien malvenu « Mission Accomplished », Ces deux mots, six semaines après le début d’une guerre qui se poursuit cinq ans plus tard, étaient destinés aux marins du porte-avions, a-t-il avancé en guise d’excuse. Un couac que l’on devrait ajouter à une liste fort longue, comprenant notamment un certain appel à capturer Oussama Ben Laden « mort ou vif » et un autre ordonnant d’« enfumer » les auteurs du 11-Septembre. Aujourd’hui, les Irakiens préfèrent se pas se rappeler des propos prononcés dans le feu de l’action. Une échéance autrement plus urgente se présente, dont est appelé à dépendre leur avenir. Il s’agit de l’expiration, fin décembre, du mandat onusien autorisant la présence de troupes américaines, auquel devrait théoriquement se substituer un accord entre Washington et Bagdad sur un retrait des troupes américaines qui a reçu – une fois n’est pas coutume – l’aval des deux parties. Le hic, c’est que rien dans la pratique n’a été fait en prévision d’un tel événement puisque, des années durant, l’administration US n’a cessé de claironner qu’elle n’avait nulle intention de plier bagage. Le président sortant a quand même fini par promettre, en vertu d’un accord baptisé SOFA (Status of Forces Agreement), un repli des zones urbaines d’ici au mois de juin et un retrait total en 2011. De son côté, le gouvernement Maliki, après avoir longtemps renâclé, a fini par s’engager à examiner ce texte à la fin de la semaine en cours, ainsi que l’a annoncé hier le ministre des Finances, Baqer Jabr Soulagh. Le retard mis à donner ce coup d’accélérateur est dû au fait qu’à l’approche des élections provinciales prévues en janvier prochain, nul à Bagdad ne tient à faire figure de protégé de l’Oncle Sam. D’autre part, la soudaine dynamique constatée ces jours-ci a pour cause – certes pas unique ni même suffisante – l’élection de Barack Obama, un président qui se dit disposé à prendre langue avec Téhéran, partenaire incontournable dans toute opération de normalisation dans l’antique Mésopotamie. Le message de félicitations de Mahmoud Ahmadinejad au futur locataire de la Maison-Blanche n’est pas passé inaperçu dans la capitale fédérale, où l’on entrevoit déjà un possible arrêt des « encouragements » iraniens aux rebelles, une coopération plus efficace de la Syrie pour empêcher les infiltrations à travers sa frontière, enfin un début de retour des quelque deux millions d’Irakiens qui ont fui le pays. On n’en est pas là, pas encore. À tout le moins est-on loin de l’époque où John McCain s’engageait à maintenir sur place, et « pour 100 ans s’il le faut », les 153 000 « boys » venus renverser la dictature, instaurer la démocratie et établir une stabilité qui serait un exemple pour toute la région. Pour cela, il faudra attendre.
de Christian Merville

Quoi de neuf en ce milieu de semaine où tous les regards continuent d’être braqués sur Washington, dans l’attente de l’Ante-Bush ? L’Irak encore, avec son cortège de violences et de misères, cinq ans et demi après une invasion qui n’en finit pas de faire couler le sang. Hier, l’explosion d’une voiture piégée dans un parking de la capitale a fait des morts et des blessés, et à Mossoul, deux jeunes chrétiennes ont été abattues à leur domicile, dans une zone considérée comme le dernier bastion urbain d’el-Qaëda, quadrillé par 35 000 policiers et soldats. Lundi, deux explosions ont secoué la proche banlieue de Bagdad, suivies par un attentat à la bombe humaine. Bilan : 28 morts, 68 blessés dont plusieurs devaient décéder à l’hôpital de Bab el-Mouazzam. Et, comble de...