Les Américains se sont mobilisés en masse hier, certains n’hésitant pas à attendre longtemps devant les bureaux de vote, pour élire leur 44e président.
Café fumant ou journal à la main, et surtout armés de beaucoup de patience, les Américains se sont rendus en masse hier dans les bureaux de vote afin de participer à une élection présidentielle d’ores et déjà historique. Dans tout le pays, de longues files d’attente étaient signalées devant les bureaux de vote. Le taux de participation à la présidentielle a atteint un niveau très élevé et « sans précédent » dans les États-clés susceptibles de basculer d’un camp à un autre, selon des responsables des États concernés. « La participation est phénoménale », a déclaré Jean Jensen, responsable des opérations électorales pour l’État de Virginie, en soulignant que plus de 40 % des électeurs enregistrés avaient déposé leur bulletin dans l’urne à 10h00, heure locale. Selon Mme Jensen, les seuls problèmes signalés aux autorités ont été l’ouverture tardive de deux bureaux de vote, le mauvais fonctionnement de machines de lecture optique des bulletins de vote et quelques accusations de retrait arbitraire d’électeurs des registres. Le Missouri, qui a toujours voté, sauf une fois, pour le vainqueur de l’élection depuis 1904, a également connu une affluence inédite. L’Ohio était également bien parti pour une participation record de 80 %, selon le bureau du secrétariat d’État.
À New York et en Floride, la chaîne de cafés Starbucks offrait des boissons chaudes aux électeurs qui patientaient parfois pendant une heure. Au pied des vertigineux gratte-ciel de New York, une centaine de personnes prenaient leur mal en patience devant un bureau de vote sur Wall Street.
« Les huit dernières années ont été une horreur », expliquait Michael Smith, en faisant la queue avec des centaines d’autres personnes à New York. « En fin de compte, c’est pour cela que les gens votent aujourd’hui : une nouvelle direction », ajoutait ce représentant de 54 ans en précisant qu’il allait voter pour Barack Obama. Tyler White, qui a voté dans l’Arizona, a, lui, choisi de faire confiance à la stratégie des républicains en Irak et il redoute une hausse des impôts si Obama est élu. « Mes parents sont dans la tranche supérieure d’imposition et ont l’impression que Barack Obama n’est pas la bonne personne », dit-il. À Pottsville, en Pennsylvanie (Est), certains partisans de McCain avaient du mal à cacher leur énervement. « Pourquoi les républicains n’ont-ils pas fait une meilleure campagne ? » tempêtait Ralph Young Jr, reprochant au camp McCain de ne pas avoir été assez agressifs avec M. Obama.
Nombreux étaient ceux qui avaient le sentiment de participer à une élection historique. « C’est la quatrième fois que je vote, mais cette fois, c’est la plus importante de ma vie, la meilleure, parce ce qu’il s’agit de l’avenir de notre pays et du monde », assurait Aaron Freeman, un New-Yorkais de 32 ans. Dans le quartier de U Street à Washington, où le mouvement pour les droits civiques a été particulièrement suivi, Alnett Wooten attendait de pouvoir voter pour Obama, un drapeau américain à la main. Visiblement ému, ce Noir de 86 ans confiait : « Je n’aurais jamais pensé que je vivrais assez longtemps pour voir ça », voter pour envoyer un Noir à la Maison-Blanche.
En ce qui concerne les candidats, le démocrate Barack Obama a été le premier à se rendre aux urnes. Il a voté vers 13h40 dans sa ville de Chicago (Illinois), en compagnie de sa fille aînée Malia. « J’ai voté », a-t-il lancé, provoquant les applaudissements des autres électeurs. Rejoint ensuite par sa femme Michelle et leur cadette Sasha, M. Obama, très souriant, a échangé quelques mots avec les nombreuses personnes de son bureau de vote. Vers 14h00 GMT, son colistier Joe Biden, accompagné de sa mère Catherine, âgée de 90 ans, et de sa femme Jill, a voté à son tour à Wilmington (Delaware, Est).
Côté républicain, John McCain a voté à Phoenix, en Arizona (Sud-Ouest), accompagné de son épouse Cindy. Entouré d’une centaine de journalistes, M. McCain, à la traîne dans les sondages, a ignoré un flot de questions de la presse y compris un « Comment avez-vous dormi ? » et a quitté rapidement le bureau de vote où il n’a passé que cinq minutes. Un peu plus tôt, sa colistière Sarah Palin avait voté, dès l’ouverture des bureaux de vote, dans sa ville de Wasilla en Alaska, État qu’elle gouverne depuis 2006. Interrogée longuement par des journalistes, elle a déclaré qu’elle espérait « se réveiller mercredi en tant que vice-présidente élue » et qu’elle était « prête à travailler avec le président élu John McCain durant la phase de transition » avec le président George W. Bush qui quittera ses fonctions le 20 janvier 2009. Le président sortant, lui, s’est montré particulièrement discret hier.
Rompant avec la tradition, les candidats ont tous les deux continué de faire campagne hier. Après avoir visité pas moins de sept États lundi, le candidat républicain a décidé à la dernière minute de se rendre dans le Colorado et le Nouveau-Mexique, deux États républicains qui pourraient changer de camp. Après avoir voté, Barack Obama s’est, de son côté, envolé pour l’Indiana où il a rencontré des militants syndicaux. Son colistier, M. Biden, était attendu en Virginie. Les deux hommes devaient ensuite se retrouver en soirée à Chicago.
Outre leur président, les Américains sont appelés à renouveler un tiers du Sénat et la totalité de la Chambre des représentants. Selon les sondages, les démocrates devraient conforter leur majorité au Congrès.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les Américains se sont mobilisés en masse hier, certains n’hésitant pas à attendre longtemps devant les bureaux de vote, pour élire leur 44e président.
Café fumant ou journal à la main, et surtout armés de beaucoup de patience, les Américains se sont rendus en masse hier dans les bureaux de vote afin de participer à une élection présidentielle d’ores et déjà historique. Dans tout le pays, de longues files d’attente étaient signalées devant les bureaux de vote. Le taux de participation à la présidentielle a atteint un niveau très élevé et « sans précédent » dans les États-clés susceptibles de basculer d’un camp à un autre, selon des responsables des États concernés. « La participation est phénoménale », a déclaré Jean Jensen, responsable des opérations électorales pour l’État de...