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Actualités - Chronologie

Finul Quand la langue espagnole est enseignée par les soldats

À Marjeyoun, une célébration a lieu, et pas n’importe laquelle. C’est l’ouverture de la nouvelle année d’apprentissage de la langue espagnole par des soldats du contingent de ce pays. Les bénéficiaires sont de tous les âges et fiers d’ajouter une langue à leur actif. Malgré certaines difficultés rencontrées au cours de leur mission au Liban, et une tragédie (un attentat terroriste qui a fait plusieurs morts dans leurs rangs), les soldats du contingent espagnol de la Finul continuent d’entretenir des relations amicales avec leur entourage dans la région de Marjeyoun. Une des manières de renforcer les relations culturelles avec les Libanais consiste, pour eux, à donner des cours d’espagnol, sous la supervision de l’Institut Cervantès. Mardi, l’année 2008-2009 a été officiellement lancée, dans l’amphithéâtre de l’école des Saints-Cœurs à Marjeyoun, en présence de l’ambassadeur Miguel Beroza Perea, de plusieurs responsables de l’ambassade, de nombreux officiers et soldats du contingent, ainsi qu’un public d’élèves. Et le nombre de ces élèves n’est pas négligeable : dans le mot du général du contingent espagnol, prononcé par le lieutenant colonel Andrès de Jorge, on apprend qu’en moins de deux ans, plus de 2 400 personnes ont profité de ces cours. « C’est un message que nous estimons très important, a-t-il dit. La meilleure façon de renforcer une relation entre deux peuples est de partager la même langue. » À signaler que ces cours sont gratuits. C’est l’ambassadeur Perea qui a annoncé officiellement l’ouverture de l’année 2008-2009 d’apprentissage de l’espagnol. Il a précisé que les problèmes auxquels ont pu faire face les soldats espagnols n’empêcheront pas pour autant l’établissement de relations solides avec le peuple libanais. La cérémonie a été clôturée sur le son enchanteur des guitares de Joseph Ishkhanian, professeur au Conservatoire libanais, et son élève Hiba el-Rami, qui ont joué de nombreux morceaux espagnols, traditionnels et modernes. Mieux connaître la culture L’un de ces soldats professeurs est le lieutenant Jesus Dominguez Diaz. Il donne des cours à des élèves au village de Kfarkila. « Au niveau de Kfarkila, les cours sont réservés aux enfants, dit-il. J’ai des élèves allant de sept à 15 ou 16 ans. » Le lieutenant Dominguez précise que c’est lui qui s’est porté volontaire pour donner des cours. « J’ai senti qu’il était de mon devoir de le faire, estime-t-il. Et puis ce qui me facilite la tâche, c’est que je possède aussi l’anglais et le français. » Le jeune officier avoue que traiter avec les jeunes lui a permis de mieux connaître la société où il se trouve et à prêter attention à certaines différences culturelles. « Nous avons généralement été bien accueillis, explique-t-il. Il y avait parfois quelques détails logistiques qui freinaient notre activité, comme lorsque le gardien de l’école où je donne mes cours ne se trouve pas là et que nous n’avons par conséquent pas accès aux classes. Mais de tels inconvénients mineurs sont restés exceptionnels. Le président de la municipalité de Kfarkila, qui est très coopératif, nous a d’ailleurs consacré un endroit spécial pour les cours. » Le lieutenant Dominguez, qui enseigne pour la première fois de sa vie, affirme avoir une dizaine d’élèves par cours en moyenne, soulignant qu’un autre professeur en a tout autant à Kfarkila. Certains de ses élèves possédaient déjà les bases de la langue et ont progressé très rapidement. « Ils sont généralement enthousiastes et ils aiment les cours, parce que je m’applique à les donner de manière amusante afin qu’ils ne se sentent pas à l’école après tout », ajoute-t-il. À Beyrouth et Tripoli L’enseignement de l’espagnol n’est pas populaire que dans la zone de présence du contingent de la Finul. Le directeur de l’Institut Cervantès, Eduardo Calvo Garcia, affirme que l’enseignement de cette langue marche très fort à Beyrouth, malgré les bouleversements de l’année dernière. « Nous sommes aujourd’hui présents à Beyrouth, mais aussi à Tripoli, en collaboration avec la Fondation Safadi, explique-t-il. Nous n’allons pas non plus rester absents du Sud, mais nous cherchons actuellement un endroit où nous établir, dans une zone différente de celle où les soldats enseignent la langue évidemment. Ce sont eux qui ont réveillé l’intérêt pour notre langue dans cette partie du Liban. » M. Calvo évoque un fait surprenant : Beyrouth a, selon lui, le taux le plus élevé d’étudiants en langue espagnole du monde après Tatouan (Maroc), qui détient le record mondial. À quoi cela est-il dû, selon lui ? « J’ai une double théorie, souligne-t-il. D’une part, il n’y a pas, après l’arabe, une seconde langue officielle au Liban. L’anglais et le français sont utilisés en parallèle par la population, et cela laisse une place pour une troisième langue. D’autre part, l’émigration libanaise dans des pays d’Amérique latine a sans nul doute une grande influence sur la population. À ce propos, je dois préciser que l’Institut Cervantès, qui dépend de l’État espagnol, représente la culture de tout le monde hispanique, une culture dite ibéro-américaine. » L’Institut connaît cependant un problème de professeurs, n’ayant pas toujours autant de personnel qu’il le faut pour faire face à la demande grandissante. « Il faut que soient fondés des départements d’espagnol dans des universités, afin que nous puissions préparer des hispanistes, souligne-t-il. J’espère que nous pourrons le faire à l’avenir, et ma préférence va à l’université publique, même si toute autre université peut le faire. C’est crucial pour nous développer dans tout le Liban. » S. B.
À Marjeyoun, une célébration a lieu, et pas n’importe laquelle. C’est l’ouverture de la nouvelle année d’apprentissage de la langue espagnole par des soldats du contingent de ce pays. Les bénéficiaires sont de tous les âges et fiers d’ajouter une langue à leur actif.
Malgré certaines difficultés rencontrées au cours de leur mission au Liban, et une tragédie (un attentat terroriste qui a fait plusieurs morts dans leurs rangs), les soldats du contingent espagnol de la Finul continuent d’entretenir des relations amicales avec leur entourage dans la région de Marjeyoun. Une des manières de renforcer les relations culturelles avec les Libanais consiste, pour eux, à donner des cours d’espagnol, sous la supervision de l’Institut Cervantès. Mardi, l’année 2008-2009 a été officiellement lancée, dans...