Il est toujours amusant d’observer combien la paranoïa sécuritaire et le culte du secret font partie intégrante du patrimoine culturel arabe. Élevée pendant près de 30 ans au biberon du Baas, la classe politique libanaise, antisyriens compris, s’est totalement incrustée dans le système, orchestrant ses rencontres cachées avec un courage qui force l’admiration.
Le concept est simplissime : tout doit être furtif, ténébreux, impénétrable, hermétique. Ainsi et en toutes occasions, les visites sont forcément clandestines, les palabres occultes, les potins ultraconfidentiels, les cachotteries quasi ésotériques, mettant en scène des demi-dieux exotiques aux allures de conspirateurs frauduleux. On se tâte en cachette pour évaluer l’intérêt de la chose, et si ça marche on s’embrasse et se pelote en public. Pour un résultat finalement débile, assorti de sourires béats inondés de thé et de café… en attendant la prochaine empoignade.
Le culte du néant doit provoquer des vertiges contagieux, puisque le procédé impressionne le niaiseux de base qui applaudit à tout rompre à chaque fois que deux courges politiques locales se prennent des envies de réconciliation. Rien ne changera dans son existence pourrie, son électricité prostatique, son niveau de vie minable, sa fiche de paie misérable, mais il suffit que son patron soit content pour que le nirvana diffuse dans son caleçon. L’orgasme du pauvre !
Fin du chapitre sunnito-chiite, ouverture de l’opus interchrétien. Le spectacle du Grand Timonier maronite Joseph Torbey est affligeant. Depuis des mois qu’on le balade entre le Tondu repenti en quête de purgatoire, l’Agrume agité de Rabieh et la Frangipane du Grand Nord, il a l’intime conviction que le rabibochage des trois bouviers propulsera le Liban dans le troisième millénaire. Vas-y Totor, et bon courage surtout ! Dur, dur le métier de médiateur…
Ne manquait plus que l’Égypte, venue placer son coin de pyramide dans la mélasse en dépêchant un représentant. Un ministre chevronné ? Un universitaire bardé de diplômes ? Un diplomate de carrière ? Que dalle ! Un militaire des services de renseignements, plutôt. Ben voyons ! Quand on vous dit que chez les Arabes c’est culturel… Bref, l’espion-renifleur Qennaoui a fait le tour de la ménagerie, pris des notes, prodigué ses conseils, et espéré sans rire « la poursuite du dialogue pour consolider la sécurité et la stabilité du Liban ».
Traduction sans langue de bois : James Bond s’en tape. Nous aussi… ¦
Gaby Nasr
Il est toujours amusant d’observer combien la paranoïa sécuritaire et le culte du secret font partie intégrante du patrimoine culturel arabe. Élevée pendant près de 30 ans au biberon du Baas, la classe politique libanaise, antisyriens compris, s’est totalement incrustée dans le système, orchestrant ses rencontres cachées avec un courage qui force l’admiration.
Le concept est simplissime : tout doit être furtif, ténébreux, impénétrable, hermétique. Ainsi et en toutes occasions, les visites sont forcément clandestines, les palabres occultes, les potins ultraconfidentiels, les cachotteries quasi ésotériques, mettant en scène des demi-dieux exotiques aux allures de conspirateurs frauduleux. On se tâte en cachette pour évaluer l’intérêt de la chose, et si ça marche on s’embrasse et se pelote en public. Pour...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
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