Malgré les annonces de mesures anticrise par les gouvernements, les perspectives économiques restent moroses pour la planète financière.
Les Bourses européennes ont enregistré des hausses modestes hier, malgré l’accumulation de mauvaises nouvelles de la santé de grandes entreprises mondiales et des perspectives peu entraînantes pour l’économie américaine.
Londres a clôturé à +1,16 %, Paris à +0,15 %, Francfort à +1,26 %, Milan à +1,48 %, Madrid à +2 %. Les deux Bourses de Moscou ont pour leur part connu des rebonds spectaculaires (17 % et 19 %, respectivement pour le RTS et le Micex) après une embellie des marchés asiatiques.
Aux États-Unis, la crise du crédit ayant eu raison de la consommation des ménages et de l’investissement, un recul de 0,3 % du produit intérieur brut a été annoncé pour le troisième trimestre.
Le chiffre est moins sévère que prévu, les experts s’attendant à -5 %, mais il pointe les problèmes auxquels fait face la première économie mondiale, qui avait progressé de 2,8 % au deuxième trimestre. Ainsi, la consommation des ménages a reculé de 3,1 % en rythme annuel entre juillet et septembre, la plus forte chute depuis 1980.
La Maison-Blanche a reconnu que ces chiffres reflétaient les difficultés de l’économie américaine, mais a assuré que l’administration s’efforçait de ramener la croissance et la création d’emplois d’ici aux premiers mois de 2009.
« Nous croyons que nous avons devant nous quelques mois difficiles », a cependant reconnu le chef des conseillers économiques de M. Bush, Edward Lazear.
Si l’administration Bush n’a donné aucune prévision pour les derniers mois de l’année, elle ne cherchait pas non plus à démentir les analystes selon lesquels la croissance pourrait encore être négative au dernier trimestre 2008.
En Europe, une bonne nouvelle est venue d’Allemagne, où le chômage est passé sous la barre des trois millions de personnes en octobre, pour la première fois depuis 16 ans. La chancelière allemande Angela Merkel y a vu une « lueur d’espoir ».
En France en revanche, le nombre de chômeurs a enregistré une nouvelle hausse de 0,4 % (8 000 personnes) en septembre par rapport à août, et de 0,8 % sur un an, après un renversement de tendance observé depuis plusieurs mois.
Plus tôt, le ministre du Budget Éric Woerth avait évoqué « un ralentissement extraordinairement fort de l’économie ».
La confiance des chefs d’entreprise et des consommateurs de la zone euro a d’ailleurs chuté en octobre à son plus bas niveau depuis 1993, enregistrant son plus fort recul depuis la création de cet indice en 1985.
Un peu partout de grandes entreprises ont annoncé suppressions d’emplois ou perspectives en baisse.
Le groupe américain de services financiers American Express a annoncé la suppression de 7 000 emplois, soit environ 10 % de ses effectifs à l’échelle mondiale, dans le cadre d’un programme de réduction de ses coûts de 1,8 milliard de dollars.
Le fabricant de téléphones Motorola est tombé dans le rouge au 3e trimestre, avec une perte nette de 397 millions de dollars, contre un bénéfice de 60 millions au 3e trimestre 2007, et a annoncé la suppression d’environ 4,5 % de ses effectifs, soit quelque 3 000 emplois.
Le numéro un mondial de la chimie BASF a annoncé 1 000 suppressions d’emplois dans le monde d’ici à 2012.
Plusieurs grands groupes allemands ont abaissé leurs prévisions de résultats pour l’année, dont le fabriquant de camions MAN et l’équipementier Continental. La première banque allemande Deutsche Bank a annoncé un repli de 75 % de son bénéfice au troisième trimestre en raison de nouvelles dépréciations d’actifs.
Le groupe sidérurgiste Duferco Belgium va pour sa part réduire sa production « de l’ordre de 30 % » au quatrième trimestre, « en raison d’une baisse générale de la demande d’acier dans le monde et en Europe ». Le groupe a déposé des demandes de chômage économique pour plusieurs sociétés en Belgique et en France.
Le numéro un mondial de l’acier ArcelorMittal a indiqué qu’il arrêtait pour au moins deux trimestres des hauts-fourneaux d’une douzaine de ses sites européens pour faire face à une nette baisse des commandes des constructeurs automobiles. Il n’est prévu « aucun licenciement pour raison économique pour les deux prochains trimestres », selon sa direction.
Le géant industriel américain General Electric (GE) va licencier 500 employés dans ses usines en Hongrie sur un effectif de 15 000 personnes dans le pays.
La Bank of China, une des quatre grandes banques chinoises, a annoncé une perte nette de l’ordre de deux milliards de dollars sur des actifs liés aux subprimes américains.
Au Japon, Nissan et Toyota ont tous deux annoncé qu’ils allaient réduire leurs effectifs pour s’adapter à la chute de la demande américaine.
D’autres groupes résistent mieux : Volkswagen et France Télécom ont confirmé leurs objectifs pour 2008 et Japan Tobacco a même relevé ses prévisions pour 2008-2009.
Face à l’approfondissement de la crise, les gouvernements tentent des plans de relance.
Celui annoncé hier au Japon porte sur 207 milliards d’euros, dont 38 milliards d’euros de dépenses publiques. Avant cette annonce, Tokyo avait clôturé sur un bond de 9,96 %, Hong Kong s’est envolé de 12,82 % et Séoul de 11,95 %.
Berlin a de son côté annoncé que le gouvernement allemand pourrait dépenser jusqu’à 30 milliards d’euros pour soutenir la conjoncture via diverses initiatives, qui devraient être annoncées la semaine prochaine, selon le ministère de l’Économie.
Les marchés semblaient également attendre de nouvelles baisses des taux directeurs, comme par exemple chez la Banque d’Angleterre, après celle de la Réserve fédérale américaine mercredi, de 1,5 % à 1 %.
Enfin, à quelques jours du sommet du G20 des grands pays industrialisés et émergents à Washington le 15 novembre, censé lancer une refonte du système financier mondial, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, en visite en Inde, a dit redouter que les pays les plus pauvres soient, à terme, les plus frappés par la crise.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Malgré les annonces de mesures anticrise par les gouvernements, les perspectives économiques restent moroses pour la planète financière.
Les Bourses européennes ont enregistré des hausses modestes hier, malgré l’accumulation de mauvaises nouvelles de la santé de grandes entreprises mondiales et des perspectives peu entraînantes pour l’économie américaine.
Londres a clôturé à +1,16 %, Paris à +0,15 %, Francfort à +1,26 %, Milan à +1,48 %, Madrid à +2 %. Les deux Bourses de Moscou ont pour leur part connu des rebonds spectaculaires (17 % et 19 %, respectivement pour le RTS et le Micex) après une embellie des marchés asiatiques.
Aux États-Unis, la crise du crédit ayant eu raison de la consommation des ménages et de l’investissement, un recul de 0,3 % du produit intérieur brut a été annoncé pour le...