Quand il y a très longtemps deux gamins morveux se disputaient autour d’un jeu de billes, le pion de service leur distribuait ses cartilages à tout berzingue afin de les calmer. La méthode était sans doute primitive, mais elle suscitait une telle rage chez l’un et l’autre qu’elle enclenchait tout naturellement une réconciliation salutaire entre les deux morpions.
Aujourd’hui dans le monde arabe, c’est un peu pareil sauf qu’il y a rarement un pion en charge. En revanche, les garnements y sont. Quant aux billes, elles ont drôlement grandi et on les appelle citoyens, larbins ou populo, suivant le lieu et le degré d’éducation.
Donc a priori la recette est simple : pour réconcilier Syriens et Saoudiens, il suffirait de dénicher un troisième larron cogneur. Et quoi de plus naturel que de penser aux Hébreux ? Dans les dix minutes qui suivraient la béchamel sulfatée déclenchée avec la finesse qu’on leur connaît sur le territoire de l’un ou de l’autre, les deux frères ennemis se jetteraient dessus comme des malades et se remettraient à se bécoter devant les caméras. Ce qui économiserait les palabres imbéciles, via les Qatariotes, qu’on cherche à nous faire gober, et nous épargnerait surtout le gag d’un Michel Sleiman venant rabibocher deux compères qui à l’origine l’avaient démarché puis béni son fauteuil.
Heureusement, cette règle ne s’applique pas à tous. Notamment et surtout aux trois gougnafiers chrétiens qui se partagent encore les derniers lécheurs parmi les Jésus-Marie-Maroun libanais. Et pour cause, chacun des trois rigolos veut devenir chef tout seul : le Tondu repenti de Meerab, à titre de compensation parce qu’il a eu le courage de baisser son pantalon en public après avoir longtemps bouffé ses rivaux jusqu’à l’indigestion ; Soliman le Franju, because « au Nord c’était les curetons, la terre c’était les biftons, le ciel c’était Mar Maron, et les hommes des meneurs de bas-fonds » ; l’Ayatollah Orangina enfin, parce qu’il pense propulser les chrétiens dans la modernité en troquant ses salauds d’Occidentaux contre ce grand humaniste d’Ahmadinejad. Du moins, il lui reste encore quelques mois pour faire avaler ça à ses électeurs.
D’où cette deuxième règle qui devrait rassurer certains chrétiens locaux sceptiques sur leur identité : l’Arabe d’esprit reste un Arabe, même s’il fait le signe de la croix ¦
Gaby Nasr
Quand il y a très longtemps deux gamins morveux se disputaient autour d’un jeu de billes, le pion de service leur distribuait ses cartilages à tout berzingue afin de les calmer. La méthode était sans doute primitive, mais elle suscitait une telle rage chez l’un et l’autre qu’elle enclenchait tout naturellement une réconciliation salutaire entre les deux morpions.
Aujourd’hui dans le monde arabe, c’est un peu pareil sauf qu’il y a rarement un pion en charge. En revanche, les garnements y sont. Quant aux billes, elles ont drôlement grandi et on les appelle citoyens, larbins ou populo, suivant le lieu et le degré d’éducation.
Donc a priori la recette est simple : pour réconcilier Syriens et Saoudiens, il suffirait de dénicher un troisième larron cogneur. Et quoi de plus naturel que de penser aux Hébreux ?...
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