Le forum de la femme arabe a entamé hier ses travaux, insistant plus particulièrement sur les thèmes en rapport avec l’avenir, en présence de centaines de participants venus de 22 pays arabes et autres.
La séance d’inauguration du forum de la femme arabe, organisé par le groupe al-Iktisad wal Aamal et la revue al-Hasna’, a eu lieu en présence de l’épouse du chef de l’État, Wafa’ Sleiman, des ministres Bahia Hariri, Tammam Salam, Tarek Mitri, Youssef Takla et Raymond Audi, sans compter la participation de la ministre palestinienne Hanane Achrawi, et un public très nombreux de personnalités venues d’horizons divers.
C’est au cours de cette séance, modérée par le présentateur Georges Cordahi, qu’ont été décorées trois femmes très connues dans le monde arabe : Bahia Hariri, Hanane Achrawi et la princesse Nouf Bint Fayçal ben Turki al-Saoud (qui n’était pas présente). Les trophées ont été remis aux deux ministres par Mme Sleiman.
Tammam Salam, ministre de la Culture, a souligné que la cause de la femme, dans son aspect public, est une priorité pour toute la société. Parmi ses principales recommandations, la mise en place d’un plan national pour le développement de la situation économique de la femme, la diffusion des principes démocratiques, la modification des lois de façon à respecter les droits de la personne, et l’annulation des réserves concernant le statut personnel, le droit à l’octroi de la nationalité…
Hana’ Srour, responsable des questions relatives à la femme à la Ligue arabe, a constaté que malgré tous les efforts fournis, les progrès restent lents, ce qu’attestent les chiffres : 65 % de femmes illettrées dans le monde arabe (la plus grande proportion mondiale), 30% à peine de participation féminine au marché du travail, etc.
Pour sa part, Mazen Hayek, directeur général du marketing et des relations publiques à la MBC, a rendu hommage au rôle de la femme qui s’impose dans différents domaines. Enfin, Nadine Zaki, rédactrice en chef de la revue al-Hasna’, a affirmé qu’un tel forum était non seulement une occasion de faire la lumière sur les problèmes des femmes, mais il représente aussi comme un espace d’échanges entre différents représentants de la société.
Histoires vécues
La première session a porté sur le leadership, et il y avait, sur le podium, la charismatique Hanane Achrawi. Celle-ci a beaucoup évoqué son expérience de militante, insistant sur les qualités de la femme en politique (tendance à aller droit à l’essentiel, empathie pour les plus faibles…), déplorant que la femme soit si efficace dans la lutte mais ne récolte que rarement les fruits d’une victoire.
Sandra Cioffi, ancienne députée italienne, a parlé de son expérience et de la lutte des femmes italiennes pour plus de reconnaissance, relevant certaines similarités avec les femmes arabes. La Koweïtienne Sarah el-Jassem, PDG d’un holding international, a raconté son passionnant parcours, qui l’a conduite d’une entreprise familiale, où elle n’était pas reconnue à sa juste valeur, à une brillante carrière en solo.
Les femmes dans le domaine des affaires et les défis qu’elles doivent relever ont été au cœur de la deuxième session. Les panélistes ont soulevé des questions aussi pertinentes que celles relatives aux tentatives de certains employeurs à confiner les femmes dans des positions bien précises, l’iniquité en termes de compensations financières et l’évolution au sein des entreprises, etc.
La troisième session a été consacrée aux avantages qu’offrent aux femmes arabes les nouvelles technologies, principalement l’Internet, en leur permettant, à titre d’exemple, de poursuivre des études supérieures et de travailler à partir de leur maison, avec les inconvénients et les risques d’un tel outil.
La journée d’hier a été clôturée par une session sur « La femme dans la vie politique ». Les conférenciers étaient unanimes : le taux de participation de la femme dans la « chose publique » est nettement inférieur à celui observé dans les autres secteurs comme la médecine, l’économie, l’éducation, le développement, le social, etc.
La loi des parités ou le quota a occupé une grande partie des discussions. Bien que nombreuses sont celles qui s’y opposent, la tendance a été de convenir que dans certaines sociétés, le quota constitue un outil temporaire susceptible d’accélérer l’entrée des femmes en politique.
Les femmes arabes ont encore un long chemin à parcourir. « Elles doivent se réunir et construire un modèle de société avec de nouvelles clés qui leur permettent non seulement d’exister, mais d’être égales aux hommes », a-t-on ainsi insisté. Le combat de la femme « s’inscrit dans une solidarité féminine et féministe internationale », ont souligné certains intervenants. Et de conclure en affirmant que « les femmes et les mamans doivent se remettre en question », parce que « nous sommes en partie responsables de ce qui nous arrive ». En effet, n’est-ce pas la femme qui éduque et transmet les valeurs à ses enfants ? C’est à elle donc qu’incombe la tâche de transmettre de nouvelles valeurs basées sur les principes de l’égalité et du respect.
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La séance d’inauguration du forum de la femme arabe, organisé par le groupe al-Iktisad wal Aamal et la revue al-Hasna’, a eu lieu en présence de l’épouse du chef de l’État, Wafa’ Sleiman, des ministres Bahia Hariri, Tammam Salam, Tarek Mitri, Youssef Takla et Raymond Audi, sans compter la participation de la ministre palestinienne Hanane Achrawi, et un public très nombreux de personnalités venues d’horizons divers.
C’est au cours de cette séance, modérée par le présentateur Georges Cordahi, qu’ont été décorées trois femmes très connues dans le monde arabe : Bahia Hariri, Hanane Achrawi et la...