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Actualités - Opinion

Texto Sans même se retourner

de Lélia Mezher Cette habitude… Cette habitude, dépassée, archaïque de toujours douter de tout, de toujours tout remettre en question. Réclamer des années durant l’instauration de relations diplomatiques avec la Syrie et, au moment précis où cela se concrétise enfin, y déceler très vite, sans attendre, sans en analyser les retombées, une manœuvre, un complot. Ensuite, qualifier l’échange d’ambassadeurs entre la Syrie et le Liban d’historique, mais emprunter en même temps à la rhétorique du Hezbollah en y ajoutant immédiatement d’autres exigences, d’autres conditions qui, bien que nécessaires, demeurent malhabiles dans leur timing. Car ce pas est mille fois historique, et une fois que cela aura été reconnu sans détour, il faudra aussi, dans un second temps, se retourner sur soi-même – et sur tout un pays – et se remettre, d’urgence, en question. Réfléchir, évaluer cette évolution, ce développement qualitatif et décider de la manière dont il convient de franchir ce tournant certes difficile, mais tellement nécessaire. Se remettre en question sans prendre l’avion ni pour le Caire, ni pour Téhéran, ni, encore moins, à destination de Damas. Offrir une vision à tout un peuple, est-ce là trop demander, trop attendre de politiciens chevronnés ? N’est-il pas temps d’offrir une vision différente, nouvelle, rationnelle surtout, à l’heure où ce pays se fait courtiser de toutes parts ? Cela est incontournable, et pour mettre en place cette nouvelle ligne nationale, il est impératif non pas seulement de resserrer les rangs, mais de les unir. De ne plus constamment remettre en question – dès qu’un développement local ou régional déplaît à l’un ou l’autre acteur politique ou dès que des impératifs électoraux l’imposent – l’existence même de cette entité nationale pourtant définie deux fois plutôt qu’une dans les textes de la Constitution. Mettre fin à cet immobilisme intellectuel qui finit par gangréner tous les aspects de la vie quotidienne. Arrêter de pousser toute la communauté internationale à croire que le Liban est en perpétuelle construction, car cela est faux. Totalement. Même si ça reste tellement pratique. Car remettre en question les fondements d’un pays, c’est œuvrer à bloquer son évolution, son progrès, dans tous les domaines. C’est faire en sorte qu’il n’évolue pas, le noyer dans cet immobilisme pernicieux à l’heure où le monde entier – y compris les voisins géographiques les plus immédiats – avance inexorablement, sans daigner regarder en arrière.
de Lélia Mezher

Cette habitude… Cette habitude, dépassée, archaïque de toujours douter de tout, de toujours tout remettre en question. Réclamer des années durant l’instauration de relations diplomatiques avec la Syrie et, au moment précis où cela se concrétise enfin, y déceler très vite, sans attendre, sans en analyser les retombées, une manœuvre, un complot. Ensuite, qualifier l’échange d’ambassadeurs entre la Syrie et le Liban d’historique, mais emprunter en même temps à la rhétorique du Hezbollah en y ajoutant immédiatement d’autres exigences, d’autres conditions qui, bien que nécessaires, demeurent malhabiles dans leur timing. Car ce pas est mille fois historique, et une fois que cela aura été reconnu sans détour, il faudra aussi, dans un second temps, se retourner sur soi-même – et sur tout...