L’OPEP avance sa réunion extraordinaire face aux craintes d’une récession mondiale
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a indiqué hier avancer de plus de trois semaines, au 24 octobre, sa réunion extraordinaire pour examiner la situation du marché pétrolier à la lumière de la crise financière mondiale et des craintes de récession.
Initialement, la réunion était prévue pour le 18 novembre à Vienne, son siège, mais la dégringolade des cours du brut, tant à Londres qu’à New York, a poussé le cartel à agir, ses douze membres exportant 40 % du pétrole mondial.
Le baril, qui avait culminé à 147 dollars en juillet, en valait moins de 69 hier soir à Londres et a clôturé à 70,03 dollars à New York, pour une livraison en novembre. Ainsi, le prix du pétrole est tombé à son plus bas niveau depuis 17 mois.
« Après consultation avec le président de l’OPEP et ses collègues ministres, le secrétaire général de l’OPEP, Abdallah Salem el-Badri, a décidé de tenir la réunion extraordinaire de l’OPEP à une nouvelle date. Elle aura lieu le vendredi 24 octobre plutôt que le 18 novembre 2008 », a indiqué l’OPEP dans un communiqué.
Face aux mauvais chiffres sur la croissance économique dans les pays industrialisés, l’organisation avait déjà fortement révisé à la baisse, mercredi, ses prévisions de hausse de la demande de brut en 2008 dans le monde : à 0,64 % contre 1,02 % en septembre. Et les perspectives pour 2009 sont tout aussi moroses.
Les craintes sont particulièrement attisées par la mauvaise santé de l’économie américaine, première puissance mondiale, qui pourrait entraîner les autres pays dans son sillage.
Signe de fébrilité, l’augmentation des stocks de pétrole brut et d’essence, plus forte qu’attendu, la semaine dernière aux États-Unis, a fait tomber le baril un moment sous les 70 dollars à New York hier.
Alors, pour enrayer la chute des cours, la Libye avait appelé tous les pays producteurs, « OPEP et non OPEP », à serrer le robinet, avant même l’annonce de cette réunion anticipée.
Le représentant iranien à l’OPEP, Mohammad Ali Khatibi, a renouvelé cet appel à l’union hier, incitant les producteurs hors OPEP, tels que la Russie, le Mexique, le Soudan ou la Norvège, à s’unir aux initiatives pouvant être prises par le cartel pétrolier vendredi prochain, selon des déclarations à l’agence Dow Jones Newswires. Le 4 octobre, le ministre iranien du Pétrole, Gholam Hossein Nozari, avait estimé qu’un baril de brut à moins de 100 dollars ne convenait « à personne, ni aux producteurs ni aux consommateurs ».
Mais ce n’est pas l’avis du Premier ministre britannique, Gordon Brown : une nouvelle baisse de la production, suite à celle de 520 000 barils par jour décidée lors de la dernière réunion de l’OPEP, serait « mauvaise » car elle rendrait les prix « potentiellement plus élevés qu’ils ne devraient l’être », a-t-il déclaré.
Une autre solution avancée par l’OPEP pour stabiliser les cours est également favorable à ses clients : le renforcement de la régulation sur les marchés pétroliers afin de limiter la spéculation, qui a contribué à une très forte volatilité des prix du brut cette année.
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L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a indiqué hier avancer de plus de trois semaines, au 24 octobre, sa réunion extraordinaire pour examiner la situation du marché pétrolier à la lumière de la crise financière mondiale et des craintes de récession.
Initialement, la réunion était prévue pour le 18 novembre à Vienne, son siège, mais la dégringolade des cours du brut, tant à Londres qu’à New York, a poussé le cartel à agir, ses douze membres exportant 40 % du pétrole mondial.
Le baril, qui avait culminé à 147 dollars en juillet, en valait moins de 69 hier soir à Londres et a clôturé à 70,03 dollars à New York, pour une livraison en novembre. Ainsi, le prix du pétrole est tombé à son plus bas...