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Actualités - Opinion

Les routes au Liban, un piège mortel

Aucune règle ne régit le réseau routier au Liban. Très peu de voies sont construites selon les normes et, si elles le sont, leur utilisation ne l’est pas. On qualifie d’« autostrade » (autoroute en libanais et italien) la voie « rapide » Beyrouth-Tripoli. Elle n’a absolument rien d’une autoroute. C’est une voie rapide, si on peut la qualifier de telle, qui est semée d’embûches et de pièges mortels. Il n’existe aucun balisage pour canaliser la circulation, de telle façon qu’il est impossible de garder une trajectoire normale. Tous les automobilistes sont plus « intelligents » que les autres pour arriver à destination avant l’autre. Pour un automobiliste « normal » qui ne veut qu’arriver sain et sauf, c’est un miracle s’il y parvient. Il doit prier saint Charbel, saint Christophe et tous les saints pour qu’ils le préservent d’une mort plus que possible. Sur les routes, ce sont les vexations continuelles ; on vous colle au c..., on vous « gratte », on vous fait des queues de poisson, on vous insulte. C’est comme si nous étions devenus ennemis les uns des autres alors qu’on ne se connaît pas. Un automobiliste derrière son volant se croit dans une armure inviolable, capable de tous les excès, de toutes les imprudences et incivilités. Il n’y a pas que ça, sur cette fameuse « autostrade » ; tout est permis ; les minibus et autres bus s’arrêtent quand ils veulent pour embarquer les passagers, comme si cette voie était une petite rue de village, obligeant des files entières de voitures à s’arrêter brusquement et peut- être occasionner un carambolage, obligeant toutes les files de voitures à se décaler. Et comme toutes les files ne le peuvent pas, cela occasionne des embouteillages monstres. Et si on s’arrêtait de critiquer ?… Mais non, on ne peut pas, il y a encore à redire, sur la soi-disant « autostrade », puisqu’elle est censée être une voie rapide, il faut accélérer à fond. Mais on oublie que cette voie n’est vraiment pas une « autostrade », puisque les autres voitures peuvent y accéder ou la quitter n’importe où, n’importe quand, n’importe comment pour acheter une « rabta » de pains, des meubles de jardin en plastique, du café, etc. Comment alors la qualifier d’ « autostrade » ? Ces sorties de voitures impromptues ne font qu’aggraver la circulation et occasionner gêne et accidents. S’il n’y avait que les « autostrades »… Il y a aussi ces fameuses grandes routes de montagne comme celle d’Antélias-Kornet Chehwane-Bickfaya, ou celle de Furn el-Chebbak-Fiyadieh-Kahalé-Aley, ou encore celle de Zouk-Feytroun-Faraya, et d’autres que je ne vais pas m’amuser à citer, qui sont les routes de tous les dangers. Ni balisage, ni limitation de vitesse, ni parking réglementé, ni trottoirs pour les pauvres piétons, ni voies de service pour se garer et faire ses emplettes, ni rond-point pour pouvoir faire demi-tour. Tant et si bien qu’il ne faut pas habiter du mauvais côté de la route si on veut manœuvrer pour rentrer chez soi, ni de traverser la route, comme transformé en poule traversant en zigzag, au risque d’être écrasé. Au Liban, tout le monde est pressé, alors que les distances sont courtes. On gagnerait beaucoup de temps et on éviterait tellement d’accidents et de vexations en s’organisant plutôt qu’en entretenant l’anarchie. Cette anarchie qui fait des milliers de morts, deux à trois fois plus de morts sur la route au Liban par rapport à la France, qui compte une population seize fois plus importante. On peut décliner son agacement à l’infini, mais à quoi cela servirait-il ? Aucun responsable n’a jamais fait le moindre effort pour réglementer toute cette anarchie. En fait, au Liban la vie du citoyen, on n’en a cure, pas plus d’ailleurs que de sa sécurité et de son bien-être. Et par ailleurs je comprends un tout petit peu le/les ministres responsables, mais je ne les excuse pas, car s’ils veulent appliquer la loi, les agents de l’ordre seraient pris à partie et tant d’intérêts égoïstes seraient en jeu. Mais on ne fait pas une omelette sans casser des œufs ; aussi faudrait-il bien, un jour, faire appliquer les lois et les réglementations. En fait, c’est une question de civisme, d’éducation et de communication. Comme par exemple ne pas jeter son mégot de cigarette pour ne pas brûler les forêts, ne pas balancer les déchets n’importe où pour éviter de souiller un environnement qui n’en peut mais, comme s’arrêter à un feu rouge et ne pas se faire insulter. N’est-ce pas qu’un voyage commence par un premier pas ? Faisons-le donc… Joseph ZOGHBI
Aucune règle ne régit le réseau routier au Liban. Très peu de voies sont construites selon les normes et, si elles le sont, leur utilisation ne l’est pas.
On qualifie d’« autostrade » (autoroute en libanais et italien) la voie « rapide » Beyrouth-Tripoli. Elle n’a absolument rien d’une autoroute. C’est une voie rapide, si on peut la qualifier de telle, qui est semée d’embûches et de pièges mortels. Il n’existe aucun balisage pour canaliser la circulation, de telle façon qu’il est impossible de garder une trajectoire normale. Tous les automobilistes sont plus « intelligents » que les autres pour arriver à destination avant l’autre. Pour un automobiliste « normal » qui ne veut qu’arriver sain et sauf, c’est un miracle s’il y parvient. Il doit prier saint Charbel, saint Christophe et tous les...