Les journalistes américains portés disparus au Liban ont été retrouvés hier en Syrie et libérés en soirée. Leur interpellation par Damas pour être entrés « d’une manière illégale » a suscité une cascade de réactions.
Taylor Luck et Holli Chmela du Jordan Times, portés disparus après avoir quitté leur hôtel le 30 septembre, ont été retrouvés hier en Syrie et libérés en soirée. Ils se trouvent « en bonne santé » à l’ambassade des États-Unis à Damas, a annoncé hier un porte-parole du département d’État, Gordon Duguid. Il a précisé que le ministère syrien des Affaires étrangères a confié Taylor Luck, 23 ans, et Holli Chmela, 27 ans, à 20h30 à la chargée d’affaires américaine à Damas, Maura Connelly.
Hier en matinée, le ministre syrien des AE, Walid Moallem, avait déclaré dans un communiqué que les deux journalistes ont été interpellés à Damas pour être entrés « d’une manière illégale » en territoire syrien et qu’ils ont été interrogés « pour savoir comment ils sont entrés sans les visas requis ».
Dans les faits, les deux Américains auraient « quitté le territoire libanais à travers une route clandestine », ont indiqué des sources sécuritaires à l’agence al-Markaziya, constatant que « leurs noms ne figuraient pas sur les registres de sortie de la Sécurité générale ».
Selon d’autres sources, également citées par al-Markaziya, les deux journalistes auraient été « en mission à la frontière libano-syrienne ». Ils auraient été arrêtés « alors qu’ils essayaient de prendre des photos près d’un passage clandestin ». Ces mêmes sources ont indiqué qu’« avant d’être porté disparu, Taylor Luck avait effectué un dernier coup de fil le 1er octobre, à 17h, de Batroun ».
Par ailleurs, des sources syriennes ont affirmé au site d’informations
nowlebanon.com que les journalistes ont été arrêtés « alors qu’ils tentaient d’entrer en territoire syrien avec des papiers non conformes, ce qui a alerté les autorités syriennes à la frontière ». Celles-ci « les ont interpellés et soumis à une enquête pour usurpation d’identité et de qualité », ont ajouté ces sources, précisant que les deux journalistes « ont donné des versions contradictoires des faits, ce qui a alimenté les soupçons des enquêteurs qui ont aussitôt pensé qu’ils faisaient partie de cellules d’espionnage contre la Syrie et qu’il s’agissait probablement de cellules israéliennes ». Les autorités syriennes ont ainsi décidé « d’élargir l’enquête », ont encore souligné ces sources. Mais lorsque l’ambassade des États-Unis au Liban a annoncé la disparition de deux ressortissants américains, « les autorités syriennes ont entamé dans la nuit de mercredi à jeudi une série de contacts avec les autorités concernées et leur a annoncé la présence des deux citoyens américains détenus en Syrie », ont poursuivi ces sources. « Les autorités syriennes ont expliqué que les deux Américains ont été arrêtés suite à une confusion concernant leurs pièces d’identité et non pas pour d’autres motifs », ont-elles ajouté.
Les réactions
L’affaire a suscité une cascade de réactions. Le Premier ministre Fouad Siniora a ainsi déploré les rumeurs selon lesquelles les journalistes se dirigeaient à Tripoli. « C’est comme si on tentait d’insinuer que des terroristes se trouvaient dans cette ville, a-t-il indiqué. Mais la vérité a montré que les insinuations selon lesquelles Tripoli est un îlot de terrorisme et d’intégrisme sont fausses. »
Le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, a déclaré pour sa part que la disparition des journalistes « nuit à la réputation du Liban et à sa stabilité ». M. Najjar a insisté sur la nécessité d’accorder une attention officielle au dossier d’autant qu’il nuit « au prestige de l’État ».
De son côté, le ministre du Tourisme, Élie Marouni, a appelé à la patience jusqu’à ce que la lumière soit faite sur « les raisons de la disparition des journalistes au Liban ».
Dans une interview accordée à La Voix du Liban, M. Marouni a appelé à son tour à en finir avec « les zones interdites à l’État, les camps sécuritaires et les régions où les armes sont répandues ». « Nous ne voulons plus que des étrangers soient de nouveau portés disparus au Liban » et retourner de ce fait à l’époque où les gouvernements étrangers interdisaient à leurs ressortissants l’entrée au Liban, a souligné M. Marouni.
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Taylor Luck et Holli Chmela du Jordan Times, portés disparus après avoir quitté leur hôtel le 30 septembre, ont été retrouvés hier en Syrie et libérés en soirée. Ils se trouvent « en bonne santé » à l’ambassade des États-Unis à Damas, a annoncé hier un porte-parole du département d’État, Gordon Duguid. Il a précisé que le ministère syrien des Affaires étrangères a confié Taylor Luck, 23 ans, et Holli Chmela, 27 ans, à 20h30 à la chargée d’affaires américaine à Damas, Maura Connelly.
Hier en matinée, le ministre syrien des AE, Walid Moallem, avait déclaré dans un...