Les gouvernements continuent en ordre dispersé de tenter de colmater les brèches du système bancaire afin d’éviter l’exacerbation de la crise financière.
Fébriles, les marchés boursiers européens se sont enfoncés hier dans le rouge après un rebond initial, malmenés par les inquiétudes persistantes sur l’avenir du secteur bancaire, à la veille des réunions des grands argentiers mondiaux à Washington.
En Asie et en Europe, les Bourses avaient d’abord semblé rassérénées par les baisses concertées mercredi des taux directeurs de six grandes banques centrales occidentales, ainsi que par les appels au calme des responsables internationaux.
Mais après une ouverture en hausse, Wall Street a fait replonger les places boursières européennes en fin de séance, sous l’effet d’une crise de confiance qui n’en finit pas d’ébranler la sphère financière.
En ordre dispersé, les gouvernements continuent pourtant de tenter de colmater les brèches du système bancaire afin d’éviter les faillites, de rassurer les épargnants et de rouvrir le robinet du crédit.
Tous les regards se tournent vers les sept principaux pays industrialisés (G7), dont les ministres des Finances et les banquiers centraux se retrouvent aujourd’hui à Washington pour tenter de trouver des remèdes à la crise financière.
Le président américain George W. Bush accueillera ensuite samedi les responsables du G7, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.
Sur le terrain, les marchés restaient nerveux malgré l’appel lancé mercredi soir par le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet : « Reprenez vos esprits ! » avait-il martelé, voyant dans la baisse concertée des taux d’intérêt « un signal de confiance au marché ».
Mais le problème de fond persiste : le marché interbancaire reste paralysé, car les banques ne se prêtent plus entre elles, paniquées à l’idée de possibles faillites. Les taux demandés sur ces marchés restent à des niveaux record.
La BCE est toujours à la manœuvre pour tenter de ramener la confiance et a mis sur le marché 100 milliards de dollars, doublant la somme habituelle.
En Islande, l’État a pris le contrôle de la première banque du pays, Kaupthing. Les trois principaux établissements bancaires de l’île sont désormais nationalisés.
L’Irlande a étendu sa garantie totale sur les dépôts bancaires à cinq banques étrangères fortement implantées dans le pays.
Les États belge, français et luxembourgeois ont à nouveau volé au secours du bancassureur franco-belge Dexia, partiellement nationalisé la semaine dernière, en lui apportant leur garantie pour lui permettre d’emprunter sur les marchés.
« Certaines institutions financières vont faire faillite » aux États-Unis en dépit des récentes mesures, a averti le secrétaire au Trésor américain, Henry Paulson.
Selon le New York Times, citant des responsables gouvernementaux, Washington envisage désormais de prendre des parts dans le capital de « beaucoup de banques américaines pour essayer de ramener la confiance dans le système financier ».
La chancelière allemande Angela Merkel, interrogée sur d’éventuelles nationalisations bancaires, a déclaré qu’elle ne « pouvait rien exclure définitivement ».
La crise commence à se propager à d’autres secteurs de l’économie en Europe, comme l’immobilier et le BTP en France : le PDG du promoteur immobilier Nexity, Alain Dinin, a prévenu que 180 000 salariés du bâtiment pourraient se retrouver au chômage. L’entrée en Bourse de la compagnie allemande de chemins de fer Deutsche Bahn, prévue fin octobre, a été repoussée « jusqu’à ce que la situation sur les marchés financiers soit meilleure ».
Dans ce contexte, le communiqué final des responsables du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon) réunis vendredi à Washington est très attendu par les marchés.
Après avoir pendant des années donné des leçons de libéralisme et de bonne gouvernance, les États-Unis apparaissent en position d’accusé dans la crise mondiale.
Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a appelé les pays européens à se serrer les coudes. « J’appelle les pays européens à travailler ensemble. Il n’y a pas de solution nationale dans une crise comme celle-ci », a-t-il déclaré. Mercredi, le FMI avait jeté un froid en annonçant un coup d’arrêt brutal à la croissance, qui n’atteindrait que 0,1 % aux États-Unis et 0,2 % dans la zone euro l’an prochain.
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Fébriles, les marchés boursiers européens se sont enfoncés hier dans le rouge après un rebond initial, malmenés par les inquiétudes persistantes sur l’avenir du secteur bancaire, à la veille des réunions des grands argentiers mondiaux à Washington.
En Asie et en Europe, les Bourses avaient d’abord semblé rassérénées par les baisses concertées mercredi des taux directeurs de six grandes banques centrales occidentales, ainsi que par les appels au calme des responsables internationaux.
Mais après une ouverture en hausse, Wall Street a fait replonger les places boursières européennes en fin de séance, sous l’effet d’une crise de confiance qui n’en...