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Actualités - Opinion

L’approche M-A-A-N : Much Ado About Nothing

de Jean ISSA En notre douce contrée Maan, beaucoup de bruit pour rien. Naguère, d’un parterre de chrysanthèmes, ce sont des organisations sionistes qui, les premières, ont fait jaillir la rose trémière de la repentance. Repentance pour Deir Yassine ? Pensez-vous ! Le remords, les sionistes ne le connaissent et ne veulent le susciter que chez autrui. Pour se faire des sous. Ils ont ainsi mis à genoux les Teutons Tudesques, fait craquer les coffres des banques helvétiques, ainsi que les jointures de doigts de Gaulois éplorés, et traqué le Vatican même, dans ses caves. Mais bon, ils ont lancé une mode courant du Cambodge jusqu’en Océanie, en passant par les States, qui, tout compte et tout dédommagement faits, s’inscrit comme un progrès moral. Facilitant ces réconciliations qui, si l’on parle mode, sont si en vogue, et vogue la galère, ces temps-ci de par chez nous. Il n’est donc pas étonnant qu’en liant les deux sauces, certain leader se soit mis en vedette. Le puissant vibrato de réactions qu’il a provoquées, favorables ou critiques, n’est pas étonnant non plus. Dans un microcosme qui tourne généralement en rond et à vide, le moindre mot porteur de sens explose comme une bombe sonore, suivie d’un tintamarre de karaoké sauvage où chacun veut y aller de sa gueulante. Ça, c’est la kermesse Breughel, le cirque, le folklore ordinaire. Pas de quoi sursauter. Ce qui est surprenant, en revanche, c’est la logorrhée rhétoricienne profusionnelle qu’a provoquée la démarche du susdit. Les exégèses des savants, politologues, sociologues, médialogues, psychologues, on en passe et des plus chenus. Brassant les concepts les plus complexes, pour applaudir ou dénigrer. Et, en tout cas, pour nous expliquer un arrière-plan quasi métaphysique selon les uns, sordidement déviant pour les autres. Bref, ces passionnés de la lecture entre les lignes, du décodage des grimoires ésotériques, ces mordus de l’emberlificotage s’égarent dans des disputes byzantines. Exploit d’autant plus splendide que le message offert est simple, clair, net et précis. Et que le geste, finalement, ne vaut que par sa beauté. On en vient là à Gautier. Qui a, évidemment, tort de juger que tout ce qui est utile est laid. Les Belles Américaines, Cadillac 54 ou Pamela Anderson, en sont la plantureuse réfutation. Mais Gautier a, évidemment, raison de penser que la beauté (la beauté, pas le Beau, car le Chat botté n’est pas bot) reste, depuis l’antique, nourriture indispensable pour l’âme de l’humain. Et c’est sans doute son côté inhumain qui faisait dire à Staline, à propos d’une œuvre concertante de Chostakovitch, qu’il n’entendait là que des inepties, de la musique… Inutile. Le contraire de toute l’architecture, au sens global du terme, stalinienne. C’est par sa gratuité technique que la demande de pardon d’un incriminé quelconque apporte du réconfort aux pardonneurs des anciennes déviances. Et répand sur eux, comme sur le suppliant, le parfum uni, magnifiant, d’une vraie, d’une juste, repentance.
de Jean ISSA

En notre douce contrée Maan, beaucoup de bruit pour rien.
Naguère, d’un parterre de chrysanthèmes, ce sont des organisations sionistes qui, les premières, ont fait jaillir la rose trémière de la repentance. Repentance pour Deir Yassine ? Pensez-vous ! Le remords, les sionistes ne le connaissent et ne veulent le susciter que chez autrui. Pour se faire des sous. Ils ont ainsi mis à genoux les Teutons Tudesques, fait craquer les coffres des banques helvétiques, ainsi que les jointures de doigts de Gaulois éplorés, et traqué le Vatican même, dans ses caves. Mais bon, ils ont lancé une mode courant du Cambodge jusqu’en Océanie, en passant par les States, qui, tout compte et tout dédommagement faits, s’inscrit comme un progrès moral.
Facilitant ces réconciliations qui, si l’on parle mode, sont si en...