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Actualités - Opinion

Binôme imberbe

Dans cette république de poche à la joie de vivre sans nulle autre pareille, il est heureux de constater que l’animation est toujours au rendez-vous. Ainsi, quand en mai dernier, les Mohammad-Ali-Maarouf s’en mettaient plein la gueule à Beyrouth et en montagne, les Jésus-Marie-Maroun sifflotaient en regardant ailleurs. Maintenant que les premiers se réconcilient en se pelotant mutuellement, voilà que les seconds entrent en transe en agitant le sabre et le goupillon. Fabuleuse rançon de la pauvreté : il n’y aura jamais de quoi financer suffisamment de main-d’œuvre pour touiller le merdier partout et au même moment. Place donc au deuxième acte de la chienlit. Deux vieux canassons se partagent la soupe au purin. L’un est un ex-patron milicien qui traîne derrière lui des casseroles judiciaires brinquebalantes, l’autre est un ex-patron bidasse qui mitonne un sorbet au parfum de vengeance à léchouiller froid. La batterie de cuisine est complète ! Il reste que les deux rigolos ont bloqué, 20 ans en arrière, la machine à remonter le temps et en ont avalé le compteur. Ce qui n’est pas pour déplaire aux larbins de l’un et de l’autre, puisque ça les rajeunit. Vous avez aimé le Hezbollah et ses barbus ? Vous allez adorer le binôme Geageallah-Aounallah et leurs imberbes ! Y a plus qu’à attendre gentiment la kermesse des législatives pour savourer le concours « Ma binette partout » au cours duquel on s’étripera pour afficher ou arracher la trombine sur papier mâché des deux demi-dieux exotiques. Le fond abyssal, le trou noir, le degré zéro de la communication… Pendant que les deux compères se réservent réciproquement une meute de chiens de leurs chiennes, à Koraytem on se gnougnoute goulûment au milieu d’un confettis de barbes et de barbichettes. Ainsi va la stratégie du balancier. Un coup à hue, un coup à dia. Match complètement nul ! Y a pas à dire, notre classe politique maîtrise admirablement le tango argentin. Elle en a certes oublié la chaleur, mais garde toujours le tempo : un pas en avant, deux pas en arrière… ¦ de Gaby Nasr
Dans cette république de poche à la joie de vivre sans nulle autre pareille, il est heureux de constater que l’animation est toujours au rendez-vous. Ainsi, quand en mai dernier, les Mohammad-Ali-Maarouf s’en mettaient plein la gueule à Beyrouth et en montagne, les Jésus-Marie-Maroun sifflotaient en regardant ailleurs. Maintenant que les premiers se réconcilient en se pelotant mutuellement, voilà que les seconds entrent en transe en agitant le sabre et le goupillon. Fabuleuse rançon de la pauvreté : il n’y aura jamais de quoi financer suffisamment de main-d’œuvre pour touiller le merdier partout et au même moment.
Place donc au deuxième acte de la chienlit. Deux vieux canassons se partagent la soupe au purin. L’un est un ex-patron milicien qui traîne derrière lui des casseroles judiciaires brinquebalantes,...