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Nucléaire L’AIEA veut sortir le dossier iranien de l’impasse

La réunion d’automne du conseil des gouverneurs de l’AIEA s’est ouverte hier à Vienne. L’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) a une nouvelle fois, hier, appelé l’Iran à faire toute la lumière sur les allégations portant sur une militarisation de son programme nucléaire. L’agence enquête sur ce dossier depuis six ans, mais n’a pu déterminer avec certitude si les activités iraniennes sont entièrement pacifiques, comme le clame Téhéran. Au lieu de qualifier simplement ces accusations de « fabriquées » et « sans fondements », Téhéran « devrait clarifier jusqu’à quel point la documentation repose sur des faits et où, comme il l’indique, des informations ont pu être fabriquées ou ne se rapportent pas au domaine nucléaire », a déclaré le directeur général de l’AIEA, Mohammad el-Baradei. « L’Iran doit donner des informations substantielles pour étayer ses déclarations et permettre l’accès aux documentations et interlocuteurs pertinents », a-t-il ajouté. Dans son dernier rapport, il accuse Téhéran d’empêcher une enquête de l’ONU sur son programme nucléaire controversé, refusant aux inspecteurs l’accès à des sites, documents et interlocuteurs. « À moins que l’Iran ne fasse montre d’une telle transparence, l’agence ne pourra prodiguer d’assurances crédibles sur l’absence de matériaux et programmes nucléaires non déclarés en Iran », a souligné le chef de l’AIEA. Le principal point d’achoppement actuel concerne les « prétendues études », des documents trouvés sur un ordinateur portable qui suggèrent que Téhéran a pu tenter de développer des têtes nucléaires et un missile, d’enrichir de l’uranium et de tester des explosifs puissants. La République islamique a toujours repoussé ces accusations, les considérant « sans fondement », et les documents les étayant de « fabriqués ». Pour l’instant, Washington n’a pas permis à l’AIEA de montrer à l’Iran les documents sur lesquels se basent ses accusations. M. Baradei a ainsi appelé « les États membres qui fournissent des documents à l’agence, en relation avec les prétendues études, à l’autoriser à les montrer à l’Iran. » « Comment peut-on interroger un pays sans lui donner les documents authentiques ? » s’est plaint Ali Asghar Soltanieh, ambassadeur iranien auprès de l’AIEA. « Ce sont les États-Unis qui ont créé une impasse pour l’AIEA et la communauté internationale », a-t-il insisté. Pour un diplomate occidental, s’exprimant sous condition d’anonymat, M. Soltanieh « tente de détourner l’attention du vrai problème : l’incapacité de l’Iran à coopérer avec l’AIEA ». M. Baradei a aussi souligné que l’AIEA ne cherchait pas à s’immiscer dans les programmes d’armement conventionnel et de missiles de Téhéran, contrairement à ce qui lui a été reproché récemment. En outre, Paris a indiqué que les chefs de la diplomatie des six grandes puissances engagées dans les discussions sur le dossier du nucléaire iranien (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne) se réuniront jeudi en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. La France et les États-Unis se sont déclarés favorables à de nouvelles sanctions contre l’Iran. La Russie a, à l’inverse, rejeté cette option. Par ailleurs, M. Baradei a également abordé les accusations visant la construction par la Syrie d’installations nucléaires secrètes sur un site bombardé par l’aviation israélienne en septembre 2007. Washington affirme que les installations ont été construites avec l’aide de la Corée du Nord et étaient presque opérationnelles. En juin, Damas avait autorisé trois inspecteurs de l’AIEA à effectuer des prélèvements sur le site à al-Kibar. « Les échantillons rapportés de ce site sont toujours examinés par l’agence, mais jusqu’à ce stade, nous n’avons pas trouvé d’indices de quelque matériel nucléaire que ce soit », a souligné M. Baradei, indiquant avoir demandé en juillet à la Syrie « l’accès à des informations et des sites supplémentaires ». Damas a conditionné cela aux résultats des analyses des premiers échantillons, a affirmé le chef de l’AIEA. En plus des dossiers iranien et syrien, les gouverneurs de l’agence se pencheront cette semaine sur la Libye après le récent rapport sur ses activités nucléaires clandestines, abandonnées en 2003. Pyongyang a retiré les scellés de l’AIEA à Yongbyon La Corée du Nord a retiré les scellés posés par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur les installations nucléaires qu’elle s’était engagée à démanteler, en vertu d’un accord international, avant de renoncer en représailles au refus américain de la retirer de sa liste des États soutenant le terrorisme, a rapporté hier l’agence sud-coréenne Yonhap. Déjà, vendredi, la Corée du Nord avait confirmé qu’elle se préparait à redémarrer le réacteur nucléaire de Yongbyon. À Vienne, le directeur général de l’AIEA, Mohammad el-Baradei, a confirmé que Pyongyang avait demandé de retirer les scellés posés par l’agence, ainsi que les équipements de surveillance des installations nucléaires. Il n’a cependant pas dit si les scellés avaient été effectivement retirés. Après l’annonce de Pyongyang sur le redémarrage de sa centrale nucléaire, le président américain, George W. Bush, a « exprimé son inquiétude au président (chinois) Hu », a indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche, Gordon Johndroe. MM. Bush et Hu sont convenus de « travailler dur » afin de convaincre la Corée du Nord de respecter l’accord sur sa dénucléarisation, a encore indiqué le porte-parole. Ahmadinejad à l’ONU pour dénoncer le Conseil de sécurité Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, devrait utiliser aujourd’hui la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies pour remettre en cause le rôle du Conseil de sécurité et les sanctions infligées à l’Iran en raison de son programme nucléaire controversé. La tâche lui sera facilitée par la division entre les grandes puissances sur l’opportunité d’accentuer ces sanctions, la Russie jugeant le moment inopportun alors que les Occidentaux défendent le contraire. Ce sera le quatrième déplacement aux États-Unis du président iranien pour une telle occasion, depuis son élection en 2005. Il a mis les précédents à profit pour attaquer aussi bien les États-Unis et Israël, les deux grands ennemis de la République islamique, que pour défendre le programme nucléaire iranien. La confrontation avec le Conseil de sécurité sur ce dernier sujet n’a fait que s’aggraver depuis. Téhéran fait l’objet de quatre résolutions, dont trois assorties de sanctions, à cause notamment de son refus de suspendre son enrichissement d’uranium, démarré en 2006. En outre, M. Ahmadinejad devrait concentrer ses interventions à New York sur « l’injustice » de l’ordre mondial, et y présenter de nouveau ses solutions pour « régler les problèmes du monde ».
La réunion d’automne du conseil des gouverneurs de l’AIEA s’est ouverte hier à Vienne.

L’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) a une nouvelle fois, hier, appelé l’Iran à faire toute la lumière sur les allégations portant sur une militarisation de son programme nucléaire. L’agence enquête sur ce dossier depuis six ans, mais n’a pu déterminer avec certitude si les activités iraniennes sont entièrement pacifiques, comme le clame Téhéran.
Au lieu de qualifier simplement ces accusations de « fabriquées » et « sans fondements », Téhéran « devrait clarifier jusqu’à quel point la documentation repose sur des faits et où, comme il l’indique, des informations ont pu être fabriquées ou ne se rapportent pas au domaine nucléaire », a déclaré le directeur général de l’AIEA,...