Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Impression L’heure des braves de Fifi Abou Dib

S’ils sont propices aux huîtres, les mois en « r » ne conviennent pas aux humains. Voici septembre. La fin des vacances, qu’on en ait pris ou pas, marque un tournant. Encore engourdie de soleil, l’humanité reprend à pas dolent le chemin des écoliers. On n’a pas mis le nez au vent mauvais de l’automne que déjà on cumule les zéros. Wall Street en surchauffe enfume le monde. Après tout, c’est l’Amérique qui a inventé le dommage collatéral. Mais à quelque chose malheur est bon, Septembre noir à New York ne sera que gris-saison dans notre petit pays. Car si le nerf de la guerre vient à manquer, nous nous contenterons de notre banale guerre des nerfs, cette guerre du pauvre que nous mènent nos élus – nos obligés, bien moins létale à tout prendre, et dont à force, nous arrivons à ne plus souffrir tant nos sens en sont émoussés. Et quitte à faire l’autruche en attendant les jours meilleurs qui forcément reviennent, il suffit de se dire que l’économie mondiale en a vu d’autres. La crise des technologies en 2001 a été suivie d’une reprise euphorique, d’où une baisse de vigilance qui a engendré le surendettement immobilier dont pâtit l’économie en 2008. C’est du moins ce que je me suis fait expliquer dans un cours de finances pour benêts. Merci de me corriger si nécessaire. En somme, cette année on consommera moins, ce qui laisse supposer que l’on produira moins. Petit répit pour la planète qui n’en peut mais d’être pompée, labourée, gaspillée, anémiée au nom de la croissance. Les pendules ne font que se remettre à l’heure, dirait Madame Soleil irradiant d’angélisme dans la grisaille ambiante. Elle n’aurait peut-être pas tort. Cette heure pourrait être l’heure de se retourner sans craindre d’être changé en statue de sel. L’heure pour les blasés de redécouvrir le désir. L’heure pour les haletants de reprendre leur souffle. L’heure de cultiver des valeurs autres que boursières. L’heure des braves, allez !
S’ils sont propices aux huîtres, les mois en « r » ne conviennent pas aux humains. Voici septembre. La fin des vacances, qu’on en ait pris ou pas, marque un tournant. Encore engourdie de soleil, l’humanité reprend à pas dolent le chemin des écoliers. On n’a pas mis le nez au vent mauvais de l’automne que déjà on cumule les zéros. Wall Street en surchauffe enfume le monde. Après tout, c’est l’Amérique qui a inventé le dommage collatéral. Mais à quelque chose malheur est bon, Septembre noir à New York ne sera que gris-saison dans notre petit pays. Car si le nerf de la guerre vient à manquer, nous nous contenterons de notre banale guerre des nerfs, cette guerre du pauvre que nous mènent nos élus – nos obligés, bien moins létale à tout prendre, et dont à force, nous arrivons à ne plus souffrir tant...