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Actualités - Opinion

Citoyen grognon Un programme de rationnement, de grâce ! Anne-Marie EL-HAGE

Pas de favoritisme ! avait promis le nouveau ministre de l’Énergie et de l’Eau, Alain Tabourian, alors qu’il prenait ses fonctions. Mais c’est de favoritisme qu’est fait, ce pays, faut-il le lui rappeler ? À moins qu’il n’ait le pouvoir de faire des miracles, ce dont nous doutons fortement. Aujourd’hui, plus que jamais, les citoyens demeurent confrontés au bon vouloir des techniciens des centrales de l’EDL qui coupent le courant de manière anarchique, quand bon leur semble, au gré de leurs envies et de leur humeur. Cette affirmation est non seulement vraie, mais elle émane également d’une source ministérielle informée pour les plus sceptiques. Lorsqu’on n’a pas la chance de vivre ou de travailler dans le Beyrouth administratif, le courant électrique, c’est au compte-gouttes qu’on daigne nous l’accorder. Non seulement les coupures sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues, mais elles sont surtout de plus en plus anarchiques, voire empreintes de sadisme, laissant le citoyen pantois et totalement impuissant. Car il n’est pas exagéré de parler de sadisme lorsque le courant se coupe et revient plusieurs fois dans l’espace d’une petite heure, allez savoir pourquoi. L’état de l’électroménager dans ces conditions ? N’en parlons-pas ! La grande fébrilité des personnes âgées lorsqu’elles doivent emprunter un ascenseur, de crainte d’y être coincées des heures durant ? Faut-il vous faire un dessin ? Pas de pitié ni même le moindre respect pour le citoyen. Point de pitié non plus pour ses téléviseurs, ses réfrigérateurs, ses ordinateurs, ses équipements médicaux, et j’en passe. Depuis le temps, les gens auront bien eu le temps de s’habituer et de prendre leurs dispositions, me direz-vous. Certes, mais que dire de ceux qui, mus par je ne sais quel optimisme, ont décidé de résilier leur abonnement au générateur de quartier et ne parviennent plus à s’y reconnecter faute de disponibilité ? Que dire aussi des citoyens rattrapés par la cherté de vie et du mazout, et qui n’ont tout simplement plus les moyens financiers d’acheter un courant vendu à prix d’or par les propriétaires de générateurs privés ? À tous ceux-là, qui sont de plus en plus nombreux, la bougie sera la seule consolation. Même les chanceux qui font partie du Beyrouth administratif et qui n’ont à supporter que quelques petites heures de coupures quotidiennes n’en peuvent plus de ce rationnement sauvage, qui ne leur permet ni de planifier leurs engagements professionnels ni d’épargner leurs appareils électriques en tout genre. Alors, de grâce, si l’EDL ne parvient pas à distribuer le courant de manière équitable entre les citoyens, décision politique oblige, au moins qu’elle mette en place illico un programme bien précis de rationnement. Une façon non seulement d’aider le citoyen à s’organiser dans son quotidien, mais aussi une marque de respect que ce dernier n’en finit pas d’espérer.
Pas de favoritisme ! avait promis le nouveau ministre de l’Énergie et de l’Eau, Alain Tabourian, alors qu’il prenait ses fonctions. Mais c’est de favoritisme qu’est fait, ce pays, faut-il le lui rappeler ? À moins qu’il n’ait le pouvoir de faire des miracles, ce dont nous doutons fortement.
Aujourd’hui, plus que jamais, les citoyens demeurent confrontés au bon vouloir des techniciens des centrales de l’EDL qui coupent le courant de manière anarchique, quand bon leur semble, au gré de leurs envies et de leur humeur. Cette affirmation est non seulement vraie, mais elle émane également d’une source ministérielle informée pour les plus sceptiques.
Lorsqu’on n’a pas la chance de vivre ou de travailler dans le Beyrouth administratif, le courant électrique, c’est au compte-gouttes qu’on daigne nous...