Moscou plaide pour un nouveau pacte de sécurité en Europe afin de remplacer les structures existantes.
Le président russe, Dmitri Medvedev, a affirmé hier que l’OTAN avait « provoqué » le conflit russo-géorgien en août dans le Caucase et réitéré que la Russie n’avait aucune intention de revenir au passé soviétique. « Qu’a décidé l’OTAN ? Qu’a-t-elle garanti ? Elle n’a fait que provoquer le conflit, c’est tout », a lancé M. Medvedev, cité par les agences russes. Il n’a pas précisé comment l’OTAN avait, selon lui, provoqué ce conflit. La Russie critique vivement le rapprochement entre la Géorgie, ex-république soviétique, et l’Alliance atlantique, à laquelle Tbilissi souhaite adhérer. M. Medvedev a par ailleurs plaidé pour un nouveau pacte de sécurité en Europe afin de remplacer les structures existantes. Le besoin de « conclure d’importants accords avec les Européens devient d’autant plus d’actualité après les événements dans le Caucase », a-t-il dit.
Réagissant aux propos du président russe, le porte-parole du secrétaire général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, a déclaré à l’AFP : « Ce que je peux dire, c’est qu’il n’y a rien de provocateur dans le fait de soutenir le développement démocratique de la Géorgie ni dans le fait de l’aider à atteindre ses aspirations à se rapprocher de l’Alliance atlantique. » Après une réunion informelle de l’Alliance atlantique, hier à Londres, en partie consacrée à la crise dans le Caucase, M. Scheffer a exprimé la « pleine solidarité » de l’OTAN à la Géorgie. Ce minisommet, qui avait débuté jeudi soir par un dîner des 26 ministres de la Défense, dont l’Américain Robert Gates, était le premier du genre depuis la guerre entre la Russie et la Géorgie en août. En marge de la réunion, M. Gates et son homologue tchèque, Vlasta Parkanova, ont signé l’accord militaire SOFA (Status of Force Agreement), qui autorise le déploiement de soldats américains sur le sol tchèque dans le cadre de l’extension du bouclier antimissile américain.
La Russie, dont les relations avec les États-Unis se sont beaucoup détériorées ces derniers mois, a accusé hier la secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, d’avoir « grossièrement déformé les faits » au sujet du conflit russo-géorgien. Mme Rice avait affirmé jeudi à Washington que les actions de la Russie en Géorgie correspondaient à « une détérioration de son comportement depuis quelques années », accusant Moscou d’être de plus en plus « autoritaire » et « agressif ». « La Russie n’avait pas de buts géostratégiques lorsqu’elle a été contrainte de réagir à l’agression géorgienne. Le fait que la réaction de Washington sur la crise du Caucase était exprimée en des termes purement géopolitiques ne peut s’expliquer que par des stéréotypes du passé », a déploré le ministère.
« On ne cesse de dire que la Russie va enfin montrer son vrai visage (...) que le régime le plus caractéristique de la Russie va l’emporter, un régime autoritaire et dictatorial », a de son côté indiqué M. Medvedev lors d’une rencontre avec des dirigeants d’ONG au Kremlin. « On nous pousse (...) derrière un rideau de fer. Je voudrais souligner que ce n’est pas notre voie. Cela n’a aucun sens pour nous de revenir au passé », a-t-il ajouté. Moscou a toutefois indiqué qu’il restait « prêt à travailler » avec les États-Unis et qu’il n’avait pas l’intention de se « laisser entraîner dans la confrontation ».
Parallèlement, hier matin, le Premier ministre britannique Gordon Brown a reçu à Downing Street son homologue géorgien Lado Gourguénidzé.
Dans un entretien avec la chaîne Sky News, M. Brown a estimé qu’intégrer la Géorgie et l’Ukraine à l’OTAN était la « bonne chose à faire ». « Si un pays souverain, libre de prendre ses propres décisions, souhaite être partie prenante d’un groupe démocratique dont les membres ont des principes très clairs, nous devrons être prêts à examiner » cette éventualité, a-t-il déclaré.
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Le président russe, Dmitri Medvedev, a affirmé hier que l’OTAN avait « provoqué » le conflit russo-géorgien en août dans le Caucase et réitéré que la Russie n’avait aucune intention de revenir au passé soviétique. « Qu’a décidé l’OTAN ? Qu’a-t-elle garanti ? Elle n’a fait que provoquer le conflit, c’est tout », a lancé M. Medvedev, cité par les agences russes. Il n’a pas précisé comment l’OTAN avait, selon lui, provoqué ce conflit. La Russie critique vivement le rapprochement entre la Géorgie, ex-république soviétique, et l’Alliance atlantique, à laquelle Tbilissi souhaite adhérer. M. Medvedev a par ailleurs plaidé pour un nouveau pacte de sécurité en Europe afin de remplacer les...