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LES SORTIES DE LA SEMAINE

Redacted, de Brian de Palma. Avec Rob Devaney et Izzy Diaz. Comme un remake d’un film précédent, puisque l’Amérique a elle-même son propre remake d’une guerre antérieure, le Vietnam, Redacted est un film aux images puissantes et gênantes qui prouve néanmoins que leur auteur fait toujours un aller-retour entre cinéma expérimental, pamphlet politique et même blockbuster. Deux idées maîtresses prédominent. D’abord la technique du film, ensuite le sujet. On pourrait dire également, d’abord le sujet et ensuite la technique du film. Le sujet, c’est ce fait divers?: un viol doublé d’un crime de guerre qui s’est déroulé en réalité à Mahmudiyah et que Brian de Palma a repris pour l’adapter à Samara. Ce viol d’une petite vierge de quinze ans évoque la violation du sol «?vierge?» par l’Amérique. La technique?: Redacted n’est pas un documentaire, mais bel et bien un docu-fiction et c’est là que ce magicien, voire ce manipulateur d’images, trompe le spectateur. Construisant son action à partir d’Internet, blogs, You Tube, webcams, le cinéaste offre au regard des fragments de filmage en donnant l’impression de dire?: la vérité ne peut être totale. Elle parviendra toujours fragmentée. D’ailleurs, il fait dire à l’un de ses acteurs?: «?La première victime de cette guerre n’est pas toi, ni lui, mais la vérité.?» Parmi les différentes formes utilisées, on notera que c’est la photographie qui a le plus d’impact. Si dans Redacted, il y a la même obsession que dans Blow Out, des allers-retours entre fictif et réel, on aperçoit en outre que le cinéma de De Palma a muté vers le virtuel, telle cette vision infra-verte d’un viol et d’un carnage tout droit sorti d’un jeu vidéo de mauvais goût. Brian de Palma est un recycleur d’images. Dans ses films précédents, le cinéaste s’amusait à rendre hommage à ses pairs, tel Hitchcock. Dans Carrie ou Dressed to Kill, il avait retravaillé le suspense du maître tout en y ajoutant le côté gore (une image submergée par l’hémoglobine). Ce recyclage intervient à nouveau dans Redacted ?lorsque Brian de Palma reprend la musique de Haendel employée par Stanley Kubrick dans Barry Lyndon (parce que qu’elle ralentit le temps, dit de Palma). La fameuse scène de Once Upon A Time In the West de Sergio Leone est aussi reprise et ingérée, digérée par sa caméra (un autre temps au ralenti) pour reproduire le barrage des soldats américains. Le cinéma n’est-il donc pas ce perpétuel recommencement d’images reprises et remâchées. Revues et corrigées?? EMPIRE SOFIL, PLANÈTE ABRAJ/ZOUK Mirrors, d’Alexandre Aja Avec Kiefer Sutherland et Paula Patton. Un grand magasin brûlé et abandonné cache des centaines de miroirs qui, à leur tour, recèlent des milliers de secrets. C’est là que cet ancien flic, forcé de démissionner de son travail après un accident ayant coûté la vie à son associé, travaille à présent comme veilleur de nuit. Petit à petit, il réalise que ces miroirs qui ont échappé aux flammes interviennent dans sa vie privée. À l’origine de ce film, un autre thriller fantastique sud-coréen, Into the Mirror, réalisé par Kim Seong-Ho et s’articulant sur la malédiction du miroir. Désirant changer de registre, le réalisateur Alexandre Aja et son fidèle scénariste Grégory Levasseur ont eu la lourde tâche d’orchestrer ce remake US. Si le sujet a le mérite d’être clair et semble s’appuyer sur certaines constantes cinématographiques ou littéraires (on pense au film d’Orson Welles, Lady from Shangaï, ou encore à l’ouvrage de Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles), le film manque néanmoins d’originalité et de surprise. Il ne suffit pas de compiler des hommages et des références pour avoir une belle œuvre. Seule l’idée de prendre Kiefer Sutherland (le héros de la série 24 heures chrono ) dans le rôle d’un ancien flic divorcé, écrasé par la culpabilité est bonne, car il y a dans ce personnage quelque chose d’écorché et une duplicité flagrante. À certains moments, on revoit en lui le Jack Bauer endormi qui se réveille et dégaine son revolver. Pour les amateurs de fantastique et de sursauts sur fauteuil de cinéma, à conseiller car la fin réserve bien des surprises. CINÉMACITY, EMPIRE DUNES/ SODECO/GALAXY/ESPACE
Redacted,
de Brian de Palma.


Avec Rob Devaney et Izzy Diaz.
Comme un remake d’un film précédent, puisque l’Amérique a elle-même son propre remake d’une guerre antérieure, le Vietnam, Redacted est un film aux images puissantes et gênantes qui prouve néanmoins que leur auteur fait toujours un aller-retour entre cinéma expérimental, pamphlet politique et même blockbuster.
Deux idées maîtresses prédominent. D’abord la technique du film, ensuite le sujet. On pourrait dire également, d’abord le sujet et ensuite la technique du film. Le sujet, c’est ce fait divers?: un viol doublé d’un crime de guerre qui s’est déroulé en réalité à Mahmudiyah et que Brian de Palma a repris pour l’adapter à Samara. Ce viol d’une petite vierge de quinze ans évoque la violation du sol «?vierge?» par...