Dans la vallée du Nil, le sphinx est le gardien des sanctuaires funéraires. De son œil vigilant, il veille. Youssef Chahine, le cinéaste égyptien qui nous a quittés il y a quelques jours, lui, veillait sur les vivants.
Il me revient à l’esprit ce souvenir. Il y a deux ans, Nidal Achkar avait tenu à célébrer le quatre-vingtième anniversaire du cinéaste au théâtre al-Madina. Ayant convié nombre de ses amis et de personnalités du monde de la presse et du cinéma, j’ai eu l’honneur d’y être conviée. C’est avec un sentiment de joie mêlé de fierté que je prenais rendez-vous avec un de mes cinéastes préférés. Celui dont les films ont hanté mon adolescence.
Arrivée à l’heure à l’hôtel où il résidait, une surprise désagréable m’attendait. Youssef Chahine avait été transporté à l’hôpital. Quelles furent ma déception et ma peine ! Il n’allait pas partir quand même le jour de son anniversaire ?
Le lendemain, je m’enquis de ses nouvelles. Et le surlendemain, le metteur en scène frondeur se tenait debout au théâtre al-Madina où il était acclamé, ovationné. Il avait réussi à repousser encore une fois la Grande Faucheuse. Il prit même la peine encore une fois de s’excuser pour ce rendez-vous manqué et me promit une prochaine fois. Une « dardaché », dira-t-il. Il n’y eut plus de prochaine fois. Le moineau était trop affaibli et attendait le coup du Destin sans crainte. « Je n’ai peur de rien, confiera-t-il un jour à la presse. Même pas de la mort. Peut-être un peu de Dieu… S’il existe », avait-il ajouté.
Joe, comme on le surnommait, a quitté son Alexandrie et sa Terre. Et même si le sphinx ne s’endort jamais, la voix qui fustigeait Le Chaos s’est tue. Silence…On ne tourne plus.
* À cette occasion, Nidal Achkar et la famille du théâtre al-Madina présentent leurs sincères condoléances à la famille de Youssef Chahine ainsi qu’au peuple égyptien et à tous les artistes du monde arabe. « Que son souvenir soit toujours aussi lumineux que ce sourire qu’il avait le soir où le théâtre al-Madina l’avait honoré le jour de son quatre-vingtième anniversaire. Il a aimé la vie et s’est battu contre la maladie, poursuit Nidal Achkar. Joe, on ne t’oubliera pas, toi le cinéaste rebelle qui a été le porte-parole du monde arabe sur les écrans. »
Dans la vallée du Nil, le sphinx est le gardien des sanctuaires funéraires. De son œil vigilant, il veille. Youssef Chahine, le cinéaste égyptien qui nous a quittés il y a quelques jours, lui, veillait sur les vivants.
Il me revient à l’esprit ce souvenir. Il y a deux ans, Nidal Achkar avait tenu à célébrer le quatre-vingtième anniversaire du cinéaste au théâtre al-Madina. Ayant convié nombre de ses amis et de personnalités du monde de la presse et du cinéma, j’ai eu l’honneur d’y être conviée. C’est avec un sentiment de joie mêlé de fierté que je prenais rendez-vous avec un de mes cinéastes préférés. Celui dont les films ont hanté mon adolescence.
Arrivée à l’heure à l’hôtel où il résidait, une surprise désagréable m’attendait. Youssef Chahine avait été transporté à...
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