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Actualités - Opinion

Le choc, déjà proche, des législatives plombe la réconciliation nationale

Taëf appelait à une réconciliation nationale. Dix-neuf ans et cinq mandats présidentiels plus tard, tout reste à faire. Et vite, très vite. Car la lucarne qui s’ouvre actuellement peut se refermer brusquement à tout moment sous la poussée de vents extérieurs de nouveau contraires. Comme sous l’effet perturbateur des législatives de l’an prochain. Une compétition entraînant potentiellement un bras de fer aggravant le clivage 8–14 Mars. Ce qui serait également le cas si l’on recourait, comme le demandent certains, à ce référendum que la Constitution ne prévoit pas. À moins d’une entente globale sur le fond sur la question Quel Liban voulons-nous ? Un accord conclu en accéléré, mais à tête reposée, dans le calme. À travers un dialogue organisé sous la houlette du régime Sleiman, président de consensus réunificateur. Cette force tranquille dispose d’une marge étroite, mais théoriquement suffisante, pour promouvoir un Liban stable sur tous les plans. En portant les protagonistes locaux à s’entendre, en base du principe ni vainqueur ni vaincu, sur un système simplifié, épuré. Offrant moins de prise aux contradictions qui ont vicié les précédentes formules, les deux caïmacamats, la moutassarifiyya, le pacte de 43 ou Taëf. Étapes qui ont toutes abouti à cette fatale conclusion : sans tutelle, pas de sécurité. Pour la bonne raison que les Libanais n’ont jamais résisté longtemps à la tentation de trahir leurs bonnes résolutions communes. De laisser l’entente primer sur des convictions ou des intérêts opposés. Ni Est ni Ouest n’a tenu que quelques petites années. Et aujourd’hui encore plus qu’hier, les Libanais se retrouvent profondément divisés entre partisans de tel tandem régional et sympathisants de tel camp extérieur. Sans comprendre que le crime est dans l’inanité des causes occurrentes : que reste-t-il des luttes d’antan autour de l’attraction française ou britannique, du pacte de Bagdad, du nassérisme, des Palestiniens et autres envahisseurs, plus ou moins tutélaires ? Plus près de nous, que reste-t-il des victoires divines d’il y a deux ans ou d’il y a deux mois ? Un pays exsangue, déchiré. Promis à l’éclatement s’il ne réalise pas tout de suite que ses divisions l’y mènent. Concrètement, le principal danger tient aujourd’hui au fait qu’une fraction communautaire déterminée tente d’établir un État dans l’État. Allant encore plus loin que ce travers de domination abusive qui a pu jadis tenter, à tour de rôle, d’autres communautés s’appuyant sur l’extérieur. Communautés qui, après avoir dûment constaté qu’elles y perdaient largement, se sont retrouvées un certain 14 mars de notre histoire pour proclamer ensemble le slogan Liban d’abord. Il faut donc attendre, et espérer, que la fraction divergente en question se rallie enfin à cette devise. C’est-à-dire qu’elle convienne à son tour que le Liban doit adopter, sur le plan régional, une position de neutralité positive. Être un pays de soutien et non de confrontation. Ne plus servir de lice pour les guerres d’autrui ni de bouc émissaire. Vivre en paix la coexistence et le pluralisme enrichissant. Recouvrer sa souveraineté, son indépendance, son autonomie de décision. À l’ombre du règne de la loi et d’un État, l’État de tous, de droit. Émile KHOURY
Taëf appelait à une réconciliation nationale. Dix-neuf ans et cinq mandats présidentiels plus tard, tout reste à faire. Et vite, très vite. Car la lucarne qui s’ouvre actuellement peut se refermer brusquement à tout moment sous la poussée de vents extérieurs de nouveau contraires. Comme sous l’effet perturbateur des législatives de l’an prochain. Une compétition entraînant potentiellement un bras de fer aggravant le clivage 8–14 Mars. Ce qui serait également le cas si l’on recourait, comme le demandent certains, à ce référendum que la Constitution ne prévoit pas. À moins d’une entente globale sur le fond sur la question Quel Liban voulons-nous ? Un accord conclu en accéléré, mais à tête reposée, dans le calme. À travers un dialogue organisé sous la houlette du régime Sleiman, président de consensus...