En ce qui concerne l’Église catholique, l’idée d’un dialogue religieux remonte aux années 60, avec le concile Vatican II. À l’époque, les conclusions du concile ne trouvent pas un grand écho sur les terres des autres religions. Il faut attendre que Karol Wojtyla devienne Jean-Paul II, le 16 octobre 1978, pour que l’idée du dialogue des religions prenne toute son ampleur.
L’année suivant son élection, Jean-Paul II se rend en terre musulmane, en Turquie. Lors de ce voyage, il manifeste clairement sa volonté d’établir des relations entre le christianisme et l’islam. En mars 1980, il reçoit au Vatican, quatre jours avant Pâques, le roi Hassan II, commandeur des croyants. Cinq ans plus tard, le souverain pontife prononce, dans le stade de Casablanca, un discours devant 90 000 jeunes musulmans qu’il appelle, et c’est une première, ses « frères ».
Fin 1986, le 27 octobre, le souverain pontife organise une journée mondiale de prière pour la paix à Assise. 200 représentants des différentes religions – bouddhistes, juifs, musulmans, orthodoxes, sikhs, catholiques, protestants... – y participent en priant ensemble. L’expérience sera renouvelée à de nombreuses reprises.
En 2001, Jean-Paul II franchit une nouvelle étape dans le dialogue islamo-chrétien, en se rendant à la mosquée des Ommeyades à Damas.
Sur le plan judéo-chrétien, le souverain pontife s’est rendu, en 1979, dans le camp d’extermination nazi de Auchwitz-Birkenau. En 1986, Jean-Paul II se rend à la synagogue de Rome, une première. Le Vatican a également reconnu officiellement l’État d’Israël en 1993, soit 45 ans après sa création. Sept ans plus tard, Jean-Paul II va prier devant le mur des Lamentations et se recueillir au mémorial de Yad Vashem.
Du côté musulman, le roi Abdallah a multiplié, ces dernières années, les initiatives pour un dialogue des religions. En novembre 2007, il a rencontré le pape Benoît XVI. Une rencontre historique. Le mois suivant, le roi saoudien appelait ses coreligionnaires à se rappeler, à l’occasion de l’Aïd el-Adha, « ce qui réunit les religions, les croyances et les cultures ». Enfin, en juin 2008, le roi Abdallah avait défendu à La Mecque, devant des centaines de savants musulmans, sunnites et chiites, dont l’ancien président iranien Akbar Hashemi Rafsanjani, son idée d’un dialogue des religions. Idée qui s’est traduite par l’organisation de la rencontre de Madrid, la semaine dernière.
L’autre figure de ce dialogue, côté musulman, est le prince jordanien, Ghazi ben Mohammad ben Talal. En octobre 2007, il avait lancé un mouvement visant à améliorer les relations islamo-chrétiennes qui s’était traduit par l’envoi d’une lettre signée par 138 dignitaires musulmans du monde entier au pape Benoît XVI. Cette lettre, intitulée « Une parole commune entre vous et nous », faisait suite au discours de Ratisbonne, prononcé par le souverain pontife en septembre 2006. Discours qui, selon certains, semblait faire un lien entre islam et violence.
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L’année suivant son élection, Jean-Paul II se rend en terre musulmane, en Turquie. Lors de ce voyage, il manifeste clairement sa volonté d’établir des relations entre le christianisme et l’islam. En mars 1980, il reçoit au Vatican, quatre jours avant Pâques, le roi Hassan II, commandeur des croyants. Cinq ans plus tard, le souverain pontife prononce, dans le stade de Casablanca, un discours devant 90 000 jeunes musulmans qu’il appelle, et...