C’est dans les moments de grande ferveur nationale qu’on arrive aisément à distinguer les patrons du moment, des seconds couteaux venus se réchauffer auprès de la foule et grappiller quelques miettes de popularité conjoncturelle. Ainsi, l’arrivée des ex-détenus a-t-elle donné lieu à quelques scènes surréalistes que les Libanais ont eu tout le loisir de déguster.
S’il était somme toute normal que le Sayyed Barbu vienne nous expliquer, des étoiles dans les yeux, que lui seul est génial et que tous ses autres compères locaux sont des lavettes, ce qui l’était moins en revanche était de voir des figures, qu’apparemment rien ne prédisposait à afficher leur trombine, venir se fondre dans la sauterie en cohortes empressées. Pourtant, de toute la brochette des anciens Premiers ministres à qui Samir Kantar a donné l’accolade, seul le Signoret a bénéficié du baiser le plus goulu. L’Oblique du faciès s’est laissé aller sans broncher. Plus on a la trouille, plus on est poli.
Le summum de l’érotisme a été atteint lorsque les deux ex, le détenu et le Déshérité, se sont livrés à une séance de pelotage effrénée. Visiblement, le fraîchement relaxé, parti en 1979 alors qu’Istiz Nabeuh était au pinacle, ne savait pas encore que celui-ci avait entre-temps viré Nasrallo-dépendant.
L’autre parachuté était l’Amer Michel. Même sans sa cravate orange, il a eu droit à une étreinte empreinte de dignité et probablement d’une grande sincérité. Cela vaut mieux, en effet, qu’une grande tape dans le dos : on ne sait jamais ce que Kantar aurait pu avoir dans la main.
À des centaines de kilomètres plus au Sud, bien au-delà de la ligne frontalière, un pestiféré a été interdit de festivités. Plus près de la porte que de l’augmentation, le mouton noir Olmert a reçu en pleine poire, du fin fond de sa voie de garage, le message barbu. L’accusé de déception a été aussitôt renvoyé par retour de cercueils.
Finalement, les seuls grands absents de la kermesse étaient les 1 200 tués, 3 000 blessés et centaines de milliers de sans-abris de la guerre de 2006. Dans l’excitation des retrouvailles, on les avait complètement oubliés. Les survivants restés sur le carreau sont priés d’applaudir.
En attendant les prochaines victoires divines.
Gaby NASR
C’est dans les moments de grande ferveur nationale qu’on arrive aisément à distinguer les patrons du moment, des seconds couteaux venus se réchauffer auprès de la foule et grappiller quelques miettes de popularité conjoncturelle. Ainsi, l’arrivée des ex-détenus a-t-elle donné lieu à quelques scènes surréalistes que les Libanais ont eu tout le loisir de déguster.
S’il était somme toute normal que le Sayyed Barbu vienne nous expliquer, des étoiles dans les yeux, que lui seul est génial et que tous ses autres compères locaux sont des lavettes, ce qui l’était moins en revanche était de voir des figures, qu’apparemment rien ne prédisposait à afficher leur trombine, venir se fondre dans la sauterie en cohortes empressées. Pourtant, de toute la brochette des anciens Premiers ministres à qui Samir Kantar a...
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