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Actualités - Opinion

Sueurs gourmandes

Doucement, bouchée après bouchée, Fouad Siniora continue gentiment d’avaler son chapeau. Il le fait avec une telle application, qu’il force l’admiration même de ses pires ennemis. Il serait d’ailleurs fort injuste de dénoncer sa lenteur, voire son immobilisme, dans la formation du gouvernement. À la vitesse à laquelle il recule, il est devenu champion du rétropédalage toutes catégories. Détenteur du label « Premier ministre désigné », il est maintenant carrément montré du doigt depuis son déjeuner historique chez l’Agrume de Rabieh. Pour payer son repas, Rictus oblicus a dû se plier à tous les caprices gloutons de son hôte qui, bien avant la poire et le fromage, avait englouti la plupart des portefeuilles ministériels juteux. Miam, miam… Résultat : au dessert, le Signoret avait le ventre dans les talons et le pantalon sur les chevilles. Orangina repu, voilà que les barbus remontent à l’assaut toutes dents dehors. Que nous vaut cette débauche agressive d’émail, au centre d’un système pileux entortillé ? Pour ceux qui ne l’auraient pas encore deviné, elle a pour nom : Ali Kanso. À lui seul, le bonhomme est un morceau d’anthologie. S’il n’a rien à voir avec le jovial Assem, son lointain cousin agité du Baas, Ali, dont la carrière politique était en jachère depuis le départ des frérots, reste bien ancré dans le paradis syrien. Un coup de fil de Damas et il se couche recta. Sauf que cette fois, notre ami roule pour le Hezbollah. Mais sa candidature ne mérite sans doute pas un rappel aux grands principes laïcs du PSNS, en vertu, si l’on ose dire, des petits principes qui régissent le partage du gâteau communautaire. Avec le temps, bah, tout s’en va… Ancien ministre du Travail, un titre plus ronflant que ministre des pauvres, Magic Ali n’avait pas particulièrement fait des étincelles. L’essentiel de son bilan s’était limité à saupoudrer de syndicat bidon la CGTL de son copain Ghosn (Ghassan, pas Carlos, celui qui a mal tourné et fini chez Renault). Sa devise : ne jamais laisser le chômage dépasser la barre des 100 %. Comme depuis la razzia aouniste, il n’y a plus de couverts à pourvoir dans le prochain gouvernement, l’homme à la croix gammée bidouillée en tornade devra probablement se contenter d’un ministère d’État. Ce qui ne l’expose pas à craquer pour surmenage… Faut dire que l’accord de Doha est clair : pas de veto contre qui que ce soit. S’il le voulait, même le Tsar Assadovitch pourrait postuler ! Les palabres vont donc se poursuivre. À l’heure qu’il est, rien ne transpire de ces messes basses… excepté le Signoret. Gaby NASR
Doucement, bouchée après bouchée, Fouad Siniora continue gentiment d’avaler son chapeau. Il le fait avec une telle application, qu’il force l’admiration même de ses pires ennemis. Il serait d’ailleurs fort injuste de dénoncer sa lenteur, voire son immobilisme, dans la formation du gouvernement. À la vitesse à laquelle il recule, il est devenu champion du rétropédalage toutes catégories.
Détenteur du label « Premier ministre désigné », il est maintenant carrément montré du doigt depuis son déjeuner historique chez l’Agrume de Rabieh. Pour payer son repas, Rictus oblicus a dû se plier à tous les caprices gloutons de son hôte qui, bien avant la poire et le fromage, avait englouti la plupart des portefeuilles ministériels juteux. Miam, miam… Résultat : au dessert, le Signoret avait le ventre dans les...