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Actualités - Opinion

Le futur à reculons

Les Libanais sont bien restés 18 mois sans président de la République et ils ne s’en sont pas portés plus mal. Alors le pays peut bien lanterner 18 ans pour espérer voir éclore un gouvernement. D’ici là, le pétrole aura été remplacé par l’eau distillée, les télécoms par la transmission de pensée, Microsoft en sera à son 36e Windows… pendant que nos vieux débris locaux seront encore en train de se fritter autour des maroquins en glaglatant du dentier. Une idée qui serait bien bonne serait de monter un mégacabinet de 128 ministres qu’on aura pompé sur la Chambre des députés, avec les mêmes 128 bibelots qu’on installera à la place des chevaux sur le circuit de l’hippodrome. Le Signoret y fera la quête pour siphonner tout le pognon, Orangina voudra se goinfrer de tous les portefeuilles ministériels, et le Sayyed Barbu refilera ses dernières pièces de charcuterie israéliennes en échange de quelques prisonniers palestiniens fraîchement battus. Une fois le gouvernement pondu, les vieux lardons de la politique s’attaqueront ensuite à la déclaration ministérielle autour de laquelle ils pourront se crêper ce qu’il leur reste de touffe pendant 18 autres années. Le temps que le réchauffement de la planète ait fini de cuire la banquise et les derniers glaçons de la calotte glaciaire. Janvier 2044 : première réunion du gouvernement du mandat Sleiman, qui entre-temps aura été reconduit six fois dans ses fonctions. Les comiques troupiers qui se partagent la scène seront alors bien décrépis, leur compteur oscillant entre 85 et 106 balais, mais pour certains avec de belles dents encore. À les voir vociférer, le sourcil sombre, le doigt levé tel un onaniste contrarié, on est content de ne pas être bobonne le soir à la maison. Finalement, seul Istiz Nabeuh, 101 ans aux prunes, aura réussi à imposer sa vision de la démocratie parlementaire. Une Chambre des députés transformée en chambre à coucher personnelle… avec des députés qui votent les yeux fermés. Gaby NASR
Les Libanais sont bien restés 18 mois sans président de la République et ils ne s’en sont pas portés plus mal. Alors le pays peut bien lanterner 18 ans pour espérer voir éclore un gouvernement. D’ici là, le pétrole aura été remplacé par l’eau distillée, les télécoms par la transmission de pensée, Microsoft en sera à son 36e Windows… pendant que nos vieux débris locaux seront encore en train de se fritter autour des maroquins en glaglatant du dentier.
Une idée qui serait bien bonne serait de monter un mégacabinet de 128 ministres qu’on aura pompé sur la Chambre des députés, avec les mêmes 128 bibelots qu’on installera à la place des chevaux sur le circuit de l’hippodrome. Le Signoret y fera la quête pour siphonner tout le pognon, Orangina voudra se goinfrer de tous les portefeuilles ministériels,...