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Actualités - Analyse

STRATÉGIE Qu’est-ce qui nous fait entreprendre ?

Par le Dr Jan SCHAAPER* Entreprendre, c’est créer ou reprendre une entreprise et la gérer afin de la développer. Depuis l’origine des temps, l’entrepreneuriat est la source de la production des biens et des services, de la création des revenus et par conséquent la source de la croissance économique. Dans cette optique, il est utile de réfléchir sur ce qui nous fait entreprendre ou, au contraire, ce qui nous en dissuade. Les spécialistes en la matière avouent qu’ils ne savent pas grand-chose sur les raisons qui poussent quelqu’un à se lancer dans l’aventure de la création ou de la reprise d’une entreprise. La question qui consiste à savoir si l’entrepreneuriat est inné ou si cela s’apprend n’a pas de réponse. C’est un peu comme la météo. On sait prévoir qu’il pleuvra dans un délai de trois jours en observant les nuages, mais il n’existe aucune explication de fond sur les phénomènes de la météo. Une enquête récente menée par l’ESA dans cinq universités libanaises montre que la majorité des étudiants interrogés trouvent l’idée d’entreprendre attractive. En plus, ils se sentent capables d’entreprendre et jugent la probabilité qu’ils créent une entreprise élevée. Tout va bien. Cependant, ces mêmes étudiants jugent également probable qu’à la sortie de leurs études, ils deviennent salariés d’une entreprise. Nous sommes en plein dans le paradoxe. Le psycho-sociologue Ajzen est à l’origine de la théorie du comportement planifié. Appliquée à la création d’entreprise, l’intention d’entreprendre dépendrait de trois éléments. D’abord il y l’attitude, favorable ou défavorable, envers la création de l’entreprise. Il s’agit surtout de l’envie d’être son propre chef et de la capacité à assumer le risque et l’incertitude qui vont de pair avec l’entrepreneuriat. Ensuite, il y a la norme sociale, c’est-à-dire l’incitation à entreprendre qui vient de l’environnement social, composé de la culture du pays, la famille, les amis… Enfin, il y a la perception qu’a le futur chef d’entreprise quant à la facilité ou la difficulté à créer et gérer une entreprise. Qu’en est-il de ces trois éléments pour le Liban ? Considérons d’abord la norme sociale. Héritiers de la tradition phénicienne, entreprendre fait clairement partie de la culture des Libanais. Être entrepreneur et gérer son entreprise est bien vu par l’environnement social du pays. Quant aux difficultés d’entreprendre au Liban, l’enquête citée ci-dessus montre que les jeunes hésitent à se lancer dans la création d’entreprise en raison des difficultés politiques et économiques assez chroniques. Ils rajoutent qu’ils doutent pouvoir trouver les financements nécessaires. L’environnement politique et économique local ne serait donc pas favorable à l’entrepreneuriat. Toutefois, il se crée tous les jours de nouvelles entreprises au Liban. C’est sans doute parce que la première dimension, celle de l’attitude personnelle envers la création d’entreprise, prime sur les deux autres. Entreprendre est avant tout une question d’envie qui permet de concrétiser l’intention d’entreprendre. C’est aussi une question de perception de la réalité. Si vous portez des lunettes noires, le monde est noir. Si vous les changez pour des lunettes roses, le monde devient rose. Quand un Libanais a envie d’entreprendre, automatiquement les contraintes économiques du pays lui paraissent moins fortes et dans certains cas, elles peuvent même se transformer en opportunités. Comment peut-on alors favoriser l’entrepreneuriat au Liban ? Il faut donner aux jeunes l’envie de créer leur entreprise et pour cela leur montrer des exemples d’entrepreneurs qui, en partant de peu, ont réussi et en éprouvent du plaisir et de la satisfaction. *Maître de conférences HDR, coordinateur académique à l’École supérieure des affaires, Beyrouth En coopération avec :l'ESA
Par le Dr Jan SCHAAPER*
Entreprendre, c’est créer ou reprendre une entreprise et la gérer afin de la développer. Depuis l’origine des temps, l’entrepreneuriat est la source de la production des biens et des services, de la création des revenus et par conséquent la source de la croissance économique. Dans cette optique, il est utile de réfléchir sur ce qui nous fait entreprendre ou, au contraire, ce qui nous en dissuade.
Les spécialistes en la matière avouent qu’ils ne savent pas grand-chose sur les raisons qui poussent quelqu’un à se lancer dans l’aventure de la création ou de la reprise d’une entreprise. La question qui consiste à savoir si l’entrepreneuriat est inné ou si cela s’apprend n’a pas de réponse. C’est un peu comme la météo. On sait prévoir qu’il pleuvra dans un délai de trois...