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Actualités - Opinion

Tripologie comparée

Pour oublier les 40 milliards de dette, les coupures de jus, l’embardée pétrolière, la valse ascendante des prix et tout le tintouin, rien ne vaut une petite comparaison anthropologique entre deux nouvelles espèces en prolifération : le milicien de Jabal Mohsen et son congénère de Bab el-Tebbaneh. Le spectacle à lui tout seul vaut le détour ! Depuis quelques semaines, en effet, les Tripolitains se farcissent les numéros d’héroïsme de ces deux groupes de bipèdes bardés de ferraille, qui ont mis leurs quartiers respectifs en coupe réglée. Mieux encore, ils ont réussi le tour de force d’engager leur ping-pong obusier sans même s’embarrasser du bobard libérateur anti-israélien, un copyright exclusif de leurs cousins du Hezbollah. Et allons-y pour un nouveau tour de piste ! Départ programmé de la machine à remonter le temps. L’époque héroïque des spadassins de Yasser Arafat : les cartons dans les immeubles à coups de mortiers, les accords bidons de cessez-le-feu passés à la rotative, édition plein cuir et tirage illimité… Tout cela rappelle de bons souvenirs et surtout nous rajeunit. Que les empaffés qui, cette fois, s’en mettent plein la gueule soient libanais pur jus ne change rien à l’affaire. Pour l’anthropologue avisé, ça reste des tribus arabes armées, lâchées dans la brousse et le béton, se nourrissant de prière et de poussière… Il reste, malgré tout, entre les deux groupes quelques nuances de philosophie et de comportement qui n’échappent pas au chercheur averti. Ainsi, les cobayes de Jabal Mohsen, sous prétexte qu’ils sont alaouites, manient le cirage double couche avec une rare vigueur sur les mocassins de Bachar el-Assad. Pour eux, le tyranneau de Damas est le mec plus ultra de la pensée profonde. D’ailleurs, le rouleau compresseur syrien n’a même pas besoin de les écraser. Ils s’écrasent tout seuls sans broncher… Les gougnafiers de Bab el-Tebbaneh, eux, partagent leur lot de polish entre le Barbichu de Koraytem et les allumés de l’intégrisme sunnite. Le premier leur agite les biftons, pendant que les seconds leur font miroiter les 72 vierges du paradis. Des femmes bien sous tous rapports, paraît-il, universitaires dans une vie antérieure, toutes diplômées en mécanique ondulatoire. Voilà, le décor est planté. Ne reste plus qu’à assurer l’animation entre deux cessez-le-feu rabat-joie. Par la suite, on pourra toujours s’amuser à compter les projectiles… en attendant la paix des cimetières. Gaby NASR
Pour oublier les 40 milliards de dette, les coupures de jus, l’embardée pétrolière, la valse ascendante des prix et tout le tintouin, rien ne vaut une petite comparaison anthropologique entre deux nouvelles espèces en prolifération : le milicien de Jabal Mohsen et son congénère de Bab el-Tebbaneh.
Le spectacle à lui tout seul vaut le détour ! Depuis quelques semaines, en effet, les Tripolitains se farcissent les numéros d’héroïsme de ces deux groupes de bipèdes bardés de ferraille, qui ont mis leurs quartiers respectifs en coupe réglée. Mieux encore, ils ont réussi le tour de force d’engager leur ping-pong obusier sans même s’embarrasser du bobard libérateur anti-israélien, un copyright exclusif de leurs cousins du Hezbollah.
Et allons-y pour un nouveau tour de piste ! Départ programmé de la machine à...