Hôte des pourparlers à six depuis 2003, la Chine a joué un rôle-clé pour amener la Corée du Nord à déclarer ses programmes nucléaires même si le géant asiatique a peiné pour obliger son turbulent voisin à respecter son engagement.
« La Chine a encouragé la Corée du Nord et les États-Unis à se parler davantage », relève Brian Bridges, un expert du régime de Pyongyang à l’Université Lingnan de Hong Kong. « À plusieurs reprises, les Américains auraient aimé que la Chine agisse plus vite et plus fermement, mais dans l’ensemble, la Chine a joué un rôle positif », ajoute cet analyste.
La Corée du Nord a pourtant donné du fil à retordre à son principal allié, en faisant exploser sa première bombe en octobre 2006, en faisant monter les enchères pour obtenir plus des États-Unis et en tardant à remettre la déclaration de ses programmes.
L’essai nucléaire de Pyongyang a provoqué l’ire de Pékin et souligné que l’influence de la Chine sur ce pays mis au ban des nations, qu’elle maintient sous perfusion économique depuis des décennies pour des raisons géopolitiques plus qu’idéologiques, était moins forte que ce que la communauté internationale soupçonnait.
La visite la semaine dernière au pays de Kim Jong-il du vice-président Xi Jinping, probable successeur du numéro un chinois actuel Hu Jintao, a été interprétée par les analystes comme une nouvelle concession de Pékin.
« La Corée du Nord exigeait une visite de haut niveau avant sa déclaration, mais la Chine était soucieuse d’obtenir une contrepartie », à savoir la remise rapide du document, explique Brian Bridges.
Pour la Chine, favorable au statu quo dans la péninsule coréenne, il était nécessaire de trouver une issue pacifique à la crise provoquée par les accusations américaines de reprise de l’enrichissement d’uranium par la Corée du Nord. Quelques mois plus tard, fin 2002, Pyongyang expulsait les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Un nouveau conflit régional déstabiliserait l’économie chinoise, et par ricochet le régime politique, sans parler des millions de réfugiés nord-coréens qui franchiraient la frontière.
Mais si les efforts de la Chine semblent reconnus dans la période récente, dans le but d’obtenir que Pyongyang remette une déclaration, son rôle a peut-être été encore plus important au début des pourparlers multilatéraux, selon certains analystes.
« Après le test nucléaire, l’influence et le rôle de la Chine ont décliné », juge Ralph Cossa. « De mon point de vue, la vraie percée a été possible quand les États-Unis ont décidé d’engager des discussions directes avec la Corée du Nord », précise cet expert du Centre des études stratégiques et internationales à Hawaii.
Pour Seong Chang-cheong, spécialiste de la Corée du Nord à Séoul, ce sont l’essai nucléaire et les tests de missiles balistiques nord-coréens qui ont forcé les États-Unis à négocier avec Pyongyang. « L’entêtement de l’administration Bush à refuser de négocier et vouloir sanctionner la Corée du Nord a purement et simplement abouti à l’essai nucléaire nord-coréen », estime-t-il.
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« La Chine a encouragé la Corée du Nord et les États-Unis à se parler davantage », relève Brian Bridges, un expert du régime de Pyongyang à l’Université Lingnan de Hong Kong. « À plusieurs reprises, les Américains auraient aimé que la Chine agisse plus vite et plus fermement, mais dans l’ensemble, la Chine a joué un rôle positif », ajoute cet analyste.
La Corée du Nord a pourtant donné du fil à retordre à son principal allié, en faisant exploser sa première bombe en octobre 2006, en faisant monter les enchères pour obtenir plus des États-Unis et en tardant à...