Alors qu’il était apparu dépassé par les événements contre la Croatie (1-2), le sélectionneur allemand Joachim Low a réussi à redonner une stature de champions d’Europe en puissance à ses joueurs grâce à un pari tactique qui a déstabilisé jeudi le Portugal de Cristiano Ronaldo et Luiz Felipe Scolari.
C’est sans aucun doute le match le plus abouti de sa (jeune) carrière de sélectionneur, mais Low l’a suivi derrière une vitre, coupé de ses joueurs.
« Dix minutes après le coup de sifflet final, j’ai pu me rendre dans le vestiaire, l’ambiance était incroyable », a avoué pudiquement « Jogi ».
Suspendu après son exclusion lundi lors du match Autriche-Allemagne (0-1), Low, 48 ans, n’était pas sur le terrain, mais son travail en amont a payé : il a renvoyé à la maison le meilleur joueur de la planète, Cristiano Ronaldo, et le futur entraîneur de Chelsea, Luiz Felipe Scolari, champion du monde avec le Brésil en 2002 et finaliste de l’Euro 2004 avec la « Selecçao ».
Pour la première fois depuis sa prise de fonction en juillet 2006, soit 26 matches, Low a préféré une disposition en 4-5-1, avec le seul Miroslav Klose en pointe, à son habituel 4-4-2.
Expresso
Une décision prise dans l’avion du retour de Vienne, où la Nationalmannschaft, quatre jours après une inquiétante défaite contre la Croatie, avait « bataillé » pour venir à bout de l’Autriche.
« Contre la Croatie et l’Autriche, on n’a pas joué comme on sait le faire. Il fallait procéder à des ajustements tactiques », a expliqué hier l’ancien bras droit de Jürgen Klinsmann, en dégustant un expresso, comme il le fait à chaque conférence de presse.
En fait d’ajustements tactiques, Low a transformé le jeu allemand avec trois milieux récupérateurs Ballack-Rolfes-Hitzlsperger, chargés de bloquer Deco, Ronaldo et Simao et d’apporter du soutien dans les couloirs aux latéraux Arne Friedrich et Philipp Lahm.
Charge, dès le ballon récupéré, à Schweinsteiger, impressionnant pour sa première titularisation du tournoi, et à Podolski d’exploiter les nombreuses failles défensives lusitaniennes, notamment sur les flancs.
Pour réussir son pari, alors qu’il était privé de l’un de ses cadres, Torsten Frings, blessé aux côtes, Low n’a pas hésité à titulariser le discret Simon Rolfes pour sa onzième apparition en sélection.
Occupation différente
On comprend mieux pourquoi les Allemands, soucieux de conserver le secret, avaient renoncé au traditionnel entraînement de veille de match au stade de Bâle.
Low a été conforté dans ses convictions par les analyses livrées par Urs Siegenthaler, ce Suisse en charge de la supervision des adversaires de la Nationalmannschaft, qui compile depuis 2004 toutes les données sur les principales équipes nationales.
« On avait aussi remarqué qu’entre 11 et 5 mètres de leur but, ils avaient beaucoup de problèmes dans le jeu aérien. C’était dans ce domaine, sur les corners et coups francs, qu’on pouvait les inquiéter », a détaillé Low.
La traduction sur le terrain ? Deux coups francs délivrés par Schweinsteiger sur les têtes de Klose puis Ballack pour porter le score à 2-0, puis 3-1.
Avant la demi-finale, mercredi à Bâle, Low a refusé de s’engager dans un débat tactique de fond.
« L’occupation du terrain était différente, mais la philosophie est la même depuis deux ans : jouer vers l’avant, gagner des ballons le plus haut possible, ne pas commettre de fautes inutiles », a-t-il martelé.
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C’est sans aucun doute le match le plus abouti de sa (jeune) carrière de sélectionneur, mais Low l’a suivi derrière une vitre, coupé de ses joueurs.
« Dix minutes après le coup de sifflet final, j’ai pu me rendre dans le vestiaire, l’ambiance était incroyable », a avoué pudiquement « Jogi ».
Suspendu après son exclusion lundi lors du match Autriche-Allemagne (0-1), Low, 48 ans, n’était pas sur le terrain, mais son travail en amont a payé : il a renvoyé à la maison le meilleur joueur de la...