Pourquoi le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a-t-il « inopinément » remis à Israël des débris humains de soldats, simultanément avec la libération de Nassim Nisr?
C’est la question que s’est posée Ariela Ringel Hoffman du Yediot Aharonot, sans pour autant y apporter de réponse tranchée. L’éditorialiste israélienne a noté que ni la Croix-Rouge ni le rabbin du commandement de la région nord de l’armée israélienne n’étaient informés du fait que l’État hébreu devait recevoir « cette boîte brune » dans laquelle Tsahal a identifié les restes des corps de quatre de ses soldats tués dans le crash d’un hélicoptère et d’un cinquième tué lors des combats, selon le Haaretz. «Pourquoi Nasrallah a-t-il agi ainsi ? Il n’est pas à exclure que les médiateurs aient oublié de transmettre un message de la partie A à la partie B. Ou peut-être que le Hezbollah a-t-il voulu faire croire au public que l’expulsion de Nassim Nisr au Liban s’inscrit dans le cadre d’un quelconque accord pour s’accorder une petite gloire », a-t-elle encore écrit.
« Il serait difficile de croire que quelque chose a changé en Nasrallah », a également ajouté Ariela Ringel-Hoffman, citant un officier des SR israéliens. « Il semble donc que cette boîte brune est probablement un signe lancé par Nasrallah pour montrer sa sérieuse disposition à parvenir à un échange global avec Israël », a-t-elle conclu.
Néanmoins, Guy Bechor, du Yediot, évoque « un nouveau Nasrallah ». Selon lui, « les chances d’un échange de prisonniers se sont accrues du fait du processus d’affaiblissement qu’a subi le Hezbollah au cours des deux dernières années ». « Le parti de Dieu s’est réellement affaibli au cours des deux dernières années », a souligné l’éditorialiste. « En enlevant nos deux soldats, Nasrallah a dû faire face, contrairement à toutes ses attentes et analyses, à une guerre israélienne qui l’a obligé à consommer une grande partie de son arsenal et l’a laissé dans une situation désastreuse : une destruction étendue de l’infrastructure civile, la mort de centaines de ses combattants, des accusations féroces lancées contre son parti. Il se devait donc d’animer le dossier des détenus », a-t-il ajouté en substance
« Alors que le parti de Dieu subissait des pressions tous azimuts, l’assassinat de Imad Moghniyé est intervenu. Redoutant d’autres attaques du même genre de la part d’Israël, Nasrallah a donc repris les négociations avec Jérusalem par le biais des médiateurs allemands. Ensuite, le chef du Hezbollah a commis une erreur en déclarant la guerre aux sunnites de Beyrouth et aux druzes de la Montagne. Vu que ses combattants ne peuvent plus s’entraîner dans le Sud, il a besoin de camps dans le Chouf. Et qui le leader chiite peut-il offrir en cadeau à ses rivaux druzes ? Un autre druze : Samir Kantar », a conclu Guy Bechor.
Néanmoins, des informations publiées par les quotidiens israéliens ont contredit l’analyse de l’éditorialiste concernant l’arsenal du Hezbollah et l’assassinat de Imad Moghniyé. En effet, des sources militaires israéliennes, citées par le Haaretz, ont indiqué que Damas continue de fournir au parti de Dieu des armes, des missiles et des roquettes, en dépit des négociations indirectes qui sont actuellement en cours entre la Syrie et Israël.
Quant à l’attentat qui a visé l’ancien haut responsable sécuritaire du parti de Dieu, le Yediot Aharonot a repris un rapport publié par le quotidien allemand Die Welt, selon lequel Imad Moghniyé aurait été assassiné par les proches de Assef Chawkat, beau-frère du président syrien Bachar el-Assad. Il s’agirait, toujours selon ce rapport, d’un acte de vengeance contre Imad Moghniyé qui aurait révélé au chef de l’État syrien l’existence d’un plan fomenté par Assef Chawkat pour renverser le régime des Assad en février dernier.
M. H.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Pourquoi le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a-t-il « inopinément » remis à Israël des débris humains de soldats, simultanément avec la libération de Nassim Nisr?
C’est la question que s’est posée Ariela Ringel Hoffman du Yediot Aharonot, sans pour autant y apporter de réponse tranchée. L’éditorialiste israélienne a noté que ni la Croix-Rouge ni le rabbin du commandement de la région nord de l’armée israélienne n’étaient informés du fait que l’État hébreu devait recevoir « cette boîte brune » dans laquelle Tsahal a identifié les restes des corps de quatre de ses soldats tués dans le crash d’un hélicoptère et d’un cinquième tué lors des combats, selon le Haaretz. «Pourquoi Nasrallah a-t-il agi ainsi ? Il n’est pas à exclure que les médiateurs aient oublié de...